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Le monde économique lyonnais uni derrière le projet de Stade des Lumières

Un seul élu sur 90 qui s’abstient à la CCI de Lyon, une unanimité rare au Medef, à la CGPME et à la Chambre de Métiers : le monde économique lyonnais joue groupé derrière Jean-Michel Aulas et Gérard Collomb pour défendre le projet de Stade des Lumières à Décines.

Les raisons mises en avant sont simples : le rayonnement de l’agglomération, les retombées économiques et les 800 emplois permanents créés à terme. Et l’espoir de nombreuses retombées pour les PME locales. Les élus patronaux poussent leurs ressortissants et membres à s’impliquer dans la volée d’enquêtes publiques qui démarreront dès le 14 juin. Le projet qui va se heurter à des recours et à une forte hostilité, aura bien besoin de ce soutien !

« Nous sortons tout juste de crise. Il faut nous montrer optimistes et ambitieux et pour cela un signe fort est non seulement le bienvenu, mais inespéré. Il nous est fourni par le projet de Stade des Lumières : nous devons nous engager derrière lui ! » Philippe Grillot, président de la CCI de Lyon résume en deux phrases la pensée du monde économique lyonnais à propos du projet de l’OL.

Au moment où le Gouvernement vient enfin de promulguer la DIG (Déclaration d’intérêt général) tant attendue et que les nombreuses enquêtes publiques qui vont mobiliser plus de cinquante commissaires enquêteurs, vont être lancées, il tient à apporter tout son appui au projet. En demandant aux chefs d’entreprises de l’agglomération lyonnaise de s’impliquer personnellement : « Nous avons la possibilité de nous exprimer lors de ces enquêtes : il faut que nos adhérents se déplacent en nombre pour signer les registres et appuyer le projet. »

Réunis à la CCI de Lyon, les représentants du Medef et de la CGPME aujourd’hui réconciliés après une campagne électorale vive, mais aussi la Chambre de Métiers, ont reçu mandat de leurs élus de défendre et de s’engager pour le projet de Grande Stade. Les conseils d’administration de ces trois organismes patronaux ont voté favorablement en faveur du Grand Stade à l’unanimité. Avec un seul bémol à la CCI de Lyon où un des 90 élus du conseil d’administration a préféré s’abstenir en mettant en avant la faiblesse des infrastructures d’accès au Grand Stade.

Au total, une union sacrée autour du Grand Stade apte à réjouir ses deux principaux promoteurs : Jean-Michel Aulas et Gérard Collomb.

Les raisons avancées de cet engagement sont purement économiques « et non politiques », précise Philippe Grillot. « Le Grand Stade va apporter une grande attractivité à Lyon en matière sportive et touristique. Il faut avoir conscience que l’OL figure à la 12ème place des clubs européens, alors que le stade de Gerland est, lui, classé…66ème stade en Europe ! », s’insurge le président de la CCI de Lyon.

« Les artisans étaient opposés à la construction d’un hypermarché au sein du grand Stade. Il ne se fera pas : dans ce cas, rien ne s’opposait plus à ce que soutenions ce projet qui a une vraie dimension sociale et permettra de créer de nombreux emplois, en tirant l’Est lyonnais vers le haut », renchérit Didier Latapie pour la Chambre de Métiers.

Pour Gilles Courteix, vice-président du Medef Lyon-Rhône, « du fait de ses retombées en matière d’attractivité pour la ville, le patronat ne peut qu’être favorable à ce projet. »

« En ayant voté pour ce projet à une quasi-unanimité, la CGPME et l’ensemble du patronat veulent envoyer un message fort à nos concitoyens : le Grand Stade est un projet essentiel pour le développement de l’agglomération lyonnaise », s’enflamme enfin Emmanuel Imberton, vice-président de la CGPME. Qui insiste néanmoins pour que tout soit fait pour que les retombées de ce projet bénéficient d’abord aux PME de l’agglomération.

Les représentants patronaux s’appuient sur des chiffres pour étayer leur démonstration : 2 000 emplois équivalent temps plein devraient être créés pendant la phase des travaux, pendant deux ans ; puis ensuite, 800 emplois permanents au sein du futur équipement (OL, bureaux, centres de loisirs, hôtels et restaurants), auxquels il faudra rajouter 1 500 à 2000 stadiers et salariés temporaires les soirs d’événements. Soit, selon le calcul effectué par la CCI de Lyon, chaque année une retombée de 314 millions d’euros.

Côté tourisme le stade des Lumières devrait être tout aussi attractif : pour le président de la CCI de Lyon, il devrait attirer, chaque année, entre 370 000 et 470 000 visiteurs sur le territoire du Grand Lyon, soit des retombées supplémentaires qu’il situe entre 37 et 47,5 millions d’euros (si l’on considère une dépense de 100 euros par touriste et par jour). Ce qui amène le même Philippe Grillot à lancer : « Il nous faut être vigilants et actifs durant toute la durée de la seconde phase. » Reste à savoir si les petits soldats patronaux vont suivre les incitations à s’engager de leurs représentants.

Le poids patronal pourrait jouer un rôle non négligeable : cette seconde phase du projet s’avère assurément difficile, vu la vitalité des opposants et les recours qui ne manqueront pas d’être déposés. Dans le match encore incertain qui s’annonce, chaque allié, chaque action comptera pour faire pencher la balance.

Photo : De gauche à droite, Gilles Courteix (Medef Lyon-Rhône), Didier Latapie (Chambre de Métiers), Philippe Grillot (CCI de Lyon) et Emmanuel Imberton (CGPME du Rhône).