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Maviflex : Anne-Sophie Panseri

Depuis ce lundi 11 mai, de nombreux salariés ont regagné leur poste de travail. Cela a nécessité au préalable une réorganisation et un changement managérial pour de nombreux dirigeants. Chez Maviflex, ce changement avait commencé bien avant dans la crise. Le confinement a permis de repenser les besoins et d’inventer de nouveaux dispositifs pour protéger les salariés et assurer à tous de meilleures conditions de travail comme nous l’explique Anne-Sophie PANSERI, sa dirigeante.

La crise sanitaire et la menace de contamination ont provoqué une brutale transformation des conditions de travail dans les entreprises françaises. La question de ” l’après ” s’impose à tout dirigeant d’entreprise à l’heure où le déconfinement s’opère dès ce 11 mai dans le pays. Pour les uns et les autres, elle n’a pas toujours la même signification. Si certains chefs d’entreprise essaye de trouver la manière de revenir au monde “d’avant”, d’autres par contre ont du opérer un changement dans leur manière de gérer les équipes. C’est le cas d’Anne-Sophie PANSERI, dirigeante de Maviflex.

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre entreprise ?

Je suis Anne-Sophie PANSERI, dirigeante de MAVIFLEX.  Je suis en parallèle présidente des Femmes Chefs d’Entreprises (FCE).

Maviflex est une entreprise qui invente, fabrique et installe des portes souples rapides pour l’isolation thermique et des entreprises mais aussi pour des flux de marchandises entre deux espaces de travail. Nous sommes 145 collaborateurs pour 28 millions de chiffre d’affaires. L’entreprise est basée à Décines. On dépose environ un à deux brevets par an et aujourd’hui on a près de 35 brevets d’innovation. On est présent au travers d’un réseau de distribution en France et des grands comptes mais aussi, à l’international “.

Comment s’est passé le confinement chez Maviflex ?

L’entreprise a arrêté sa production le 19 mars pour redémarrer en mode dégradé à partir du 6 avril. Nous avons une baisse d’activité de – 60 %. Les gens travaillent un ou deux jours par semaine et le reste du temps, ils sont en chômage partiel.

On redémarre petit à petit, semaine après semaine, pour accompagner nos clients qui ont repris de l’activité notamment dans la grande distribution, les entreprises du médical et des plateformes logistiques qui étaient en pleine activité sur cette période et qui nous ont sollicité.

Comment prévoyez-vous le déconfinement chez Maviflex ?

Il a déjà un peu eu lieu, puisqu’on a réouvert depuis le 6 avril. On redémarre petit à petit, semaine après semaine, pour accompagner nos clients qui ont repris de l’activité notamment dans la grande distribution, les entreprises du médical et des plateformes logistiques qui étaient en pleine activité sur cette période et qui nous ont sollicité.

On avait déjà mis en place toutes les actions prônées par nos syndicats professionnelles ou par le gouvernement. Aussi, on va accélérer avec les nouvelles informations qu’on a pu avoir en début de semaine notamment sur les espaces dans les bureaux. On est entrain de vérifier, de déployer et on travaille avec le CSE, toutes les semaines sur des points et des mesures à prendre dans l’entreprise.

Je suis plus craintive sur le retour de l’activité et sur la crise sociale qu’on va vivre derrière que sur la capacité qu’on les chefs d’entreprises d’adapter leur organisation de travail pour faire revenir leurs collaborateurs dans les meilleures conditions. Pour moi, c’est une action qu’on mène et dans tous les cas, il y aura forcément une obligation de toutes les équipes de suivre les règles de santé sanitaire pour tous les collaborateurs.

Le temps de vie au sein de l’entreprise est-il toujours respecté ?

Aucun changement.  Au contraire, nous avons encore plus adapté les horaires pour faire face à la crise sanitaire. Par exemple, les équipes de production ont décalé leurs horaires plutôt le matin pour pouvoir rentrer chez eux à 13h30. Voilà des actions qu’on a vraiment adapté à la situation covid-19 pour éviter qu’ils soient trop nombreux au réfectoire et qu’ils puissent déjeuner dans de bonne condition à leur domicile.

Quel est l’état d’esprit au sein de Maviflex ?

Il y a une grande solidarité. Les équipes de production, le premier jour où ils ont repris, se sont mis à fabriquer des visières pour protéger les collaborateurs en interne considérant qu’on n’arrivait pas encore à ce moment-là à trouver des masques. On a fait évoluer l’offre pour s’adapter au besoin de cloisonnement par exemple. Voilà comment ensemble on peut trouver des ressources et innover finalement en collectif. Ça c’est plutôt le côté positif de ces moments de crise intense.

 La situation actuelle a-t-elle changé votre approche managériale ?

Je ne pense pas, je pense que ça accélère les choses parce qu’elle nous a mis sur une obligation d’aller plus vite sur les changements et de faire tester aux managers des solutions qu’ils appréhendaient peut-être en un temps normal. Pour autant, je pense que c’était des dispositifs qui étaient amenés à prendre le pas dans l’organisation des entreprises globalement. La situation actuelle ne change pas notre approche managériale, elle vient accélérer le mouvement.

Et ça permet au manager de faire un état des lieux parce que c’est un peu tôt pour revenir avec de l’information. On est entrain de sonder nos équipes pour savoir comment ils ont vécu cette période. C’est important d’avoir ce retour d’expérience individuel parce que le télétravail, c’est pas une fin à soi et c’est vécu très individuellement dans sa propre organisation de vie. Le télétravail peut tout à fait s’adapter à une personne d’un service mais pas forcément à une autre, ça demande une vraie analyse managériale individuelle tout en prenant en compte un certain nombre de paramètres. Donc les choses vont bouger, les choses seront entrain de se mettre en place mais c’est une continuité.

Vous parlez d’entreprise libérée, qu’entendez-vous par là ?

Non, je n’aime pas ce terme, ça ne correspond pas à ce que je fais. Je travaille en concertation avec beaucoup de dialogue, avec des équipes. Mais, il y a beaucoup de règles dans notre organisation sauf que les règles, elles sont définies ensemble pour que chacun puisse s’y retrouver et s’organiser. Donc on essaye de mettre beaucoup de choses en place dans une option d’équilibre de vie privée-vie professionnelle. Et dans ce cadre-là, oui on met de la souplesse sur l’organisation de travail des gens mais pas plus entreprise libérée que toutes les entreprises.

De nombreux dispositifs mis en place chez MAVIFLEX permettent aux salariés de partir sans jugement à une heure raisonnable. On est allé jusqu’à fermer l’usine et l’entreprise à 18H30 pour qu’on soit sûre que ce soit la règle du jeu commune. Je suis pour l’autogestion de son temps de travail et non pour le présentéisme. L’autonomie est donnée aux équipes pour pouvoir vaquer à une organisation personnelle sans qu’il y ait un impact sur leur vie professionnelle et toutes ces mesures favorisent notre rentabilité.