Otego accélère aux États-Unis avec une couverture anti-incendie pour œuvres d’art
Le groupe industriel Otego, basé près de Lyon, développe aux États-Unis Fireguard, une couverture technique conçue pour protéger rapidement tableaux, sculptures et objets patrimoniaux en cas d’incendie. Lancée en 2021, la solution équipe déjà plus de 250 institutions culturelles dans 14 pays, parmi lesquelles le Louvre et le Victoria & Albert Museum.
Une protection à déployer directement sur les œuvres
Le principe de Fireguard est simple : lorsqu’un incendie se déclare et qu’une œuvre ne peut pas être déplacée suffisamment vite, une couverture ou une housse est installée pour la protéger de la chaleur, des fumées, des suies mais aussi de l’eau utilisée par les systèmes d’extinction ou les pompiers.
La solution a été développée par Otego avec des institutions culturelles et des services d’incendie et de secours. Elle peut couvrir des peintures, sculptures, textiles, meubles, vitrines ou autres objets patrimoniaux. Avec un poids annoncé de 135 grammes par mètre carré, elle a été pensée pour être stockée facilement puis déployée rapidement lors d’une situation d’urgence.
Depuis son lancement en 2021, plusieurs milliers de protections Fireguard ont été installées dans plus de 250 institutions culturelles réparties dans 14 pays. Le Louvre, la Bibliothèque nationale de France, le Musée national Picasso-Paris, le Victoria & Albert Museum de Londres ou encore le Swiss National Museum figurent parmi les références communiquées par le groupe.
Les États-Unis deviennent le prochain marché prioritaire
Otego veut désormais accélérer aux États-Unis, où deux collaborateurs sont déjà dédiés au développement de Fireguard. Le groupe participe également aux principaux rendez-vous américains des professionnels de la conservation et de la gestion des collections.
Le marché est important pour l’entreprise. Selon les données reprises dans son communiqué, les États-Unis concentreraient près de 44 % de la valeur mondiale des collections d’art privées. Les incendies survenus en Californie en 2025 ont par ailleurs rappelé la vulnérabilité des œuvres conservées dans les musées comme chez les collectionneurs privés.
Otego cite une estimation de Lloyd’s of London selon laquelle les pertes assurées liées aux œuvres d’art et objets de collection pourraient atteindre 2,3 milliards de dollars après ces incendies. Le groupe veut profiter de cette prise de conscience pour développer un marché encore spécialisé : celui des équipements permettant de protéger immédiatement les œuvres lorsqu’elles ne peuvent pas être évacuées.
Un nouveau débouché pour l’industrie textile technique lyonnaise
Fireguard représente une diversification pour Otego, qui conçoit historiquement des textiles et matériaux techniques destinés à protéger les personnes, les machines et les équipements dans des environnements industriels à fortes contraintes.
Basé près de Lyon, le groupe emploie plus de 150 collaborateurs et réalise près de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires. Toute sa production est fabriquée en France et 85 % de son activité est déjà réalisée à l’export.
Avec Fireguard, Otego applique donc son savoir-faire dans la protection thermique à un marché différent de ses débouchés industriels traditionnels. L’enjeu sera désormais de transformer les premières références américaines en commandes régulières auprès des musées, institutions publiques et propriétaires de collections privées.
![Lyon Entreprises [LE]](https://www.lyon-entreprises.com/wp-content/uploads/2024/05/cropped-logo-le-nm-260x100-noir.png)