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L’objectif assigné par le fonds souverain d’Abu Dhabi propriétaire des immeubles du quartier Grolée/Carnot est de trouver une locomotive non encore présente à Lyon. Les autres enseignes sont censées suivre dans son sillage. Le Japonais Uniqlo qui a fait le buzz en s’installant à Paris, puis à Marseille, a été approché. Ce pourrait être lui.

Même si le quartier est resté obstinément vide pendant sept ans, Vladimir Da Silva Dias fait preuve d’un solide optimisme. Celui qui est le patron de Thomas Broquet Conseil, une société lyonnaise chargée de vendre les 19 000 m2 de surface commerciale du quartier Grolée/Carnot dans le 2ème arrondissement de Lyon, pense qu’il n’aura pas trop de mal à trouver l’oiseau rare.

En l’occurrence, il s’agit de « la locomotive » indispensable selon lui, pour tirer le quartier Grolée/Carnot de la torpeur dans laquelle il s’est engoncé depuis sept ans.

On connaît l’histoire. Pour rentrer de l’argent frais pour ses investissements, Gérard Collomb, propriétaire des immeubles de ce quartier en tant que maire de Lyon, les a revendus au céréalier américain Cargill.  Après avoir procédé à l’éviction de ses occupants, ce dernier a voulu positionner le quartier sur le luxe.

Exit le triangle d’or

Exit le « triangle d’or » rêvé. Cargill avait mandaté pour ce faire, une société parisienne : échec sur toute la ligne. Le dernier avatar étant le départ du quartier de la seule boutique très haut de gamme qui y était installée : Zilly.

Non sans faire au passage une belle plus-value d’une centaine de millions d’euros, cette société US a revendu ses immeubles au fonds souverain d’Abu Dhabi. Qui a totalement changé de stratégie et s’est fixé un objectif plus facile à atteindre en visant cette fois des enseignes moyenne gamme.

Ce fonds souverain qui possède également une partie de la rue de République a mandaté deux co-commercialisateurs pour trouver des candidats aux quarante-deux espaces susceptibles d’accueillir autant d’enseignes : l’Américain Jones Lang LaSalle qui possède une envergure internationale et donc le Lyonnais Thomas Broquet Conseil.

« Nous sommes partis de la conviction qu’il fallait concevoir ce quartier comme un centre commercial à ciel ouvert, avec une vraie stratégie. Il fallait d’abord que l’espace urbain retrouve de belles couleurs : la ville de Lyon s’y est employée. Il fallait rénover les façades. Et enfin que les espaces soient mis aux normes actuelles, y compris en termes d’accessibilité : c’est en cours », décrit Vladimir Da Silva Dias.

“Lyon est relativement pauvre en enseignes”

Et maintenant ? « Notre stratégie est de faire venir des enseignes qui ne sont pas présentes dans la région lyonnaise. Et je peux vous dire qu’il y en a beaucoup puisque contrairement à une idée reçue, Lyon est relativement pauvre en grandes enseignes internationales ou nationales. Je peux vous dire qu’en France, il existe des villes plus petites que Lyon mais dotées de beaucoup plus d’enseignes ! Il y a pourtant l’embarras du choix puisque l’on recense à ce jour, près de 8 000 enseignes dont plusieurs centaines sont absentes de Lyon ».

Il poursuit : « Nous avons défini un plan de bataille, avec la volonté de trouver une locomotive susceptible d’accompagner dans son sillage six ou sept autres marques. Nous avons également défini le pourcentage pour chacun des types de magasins : de prêt-à-porter, d’optique, de chaussures, brasserie, etc. que nous voulons accueillir.  Nous les avons enfin positionné sur le quartier. Nous savons très précisément où nous allons.»

Il termine : « Avec Jones Lang LaSalle avec qui nous travaillons main dans la main, nous avons pris notre bâton de pèlerin et faisons le tour de toutes ces enseignes qui pour la plupart se déclarent intéressées par cette nouvelle démarche, une fois que nous la présentons sur place. J’ai donc bon espoir… »

Uniqlo à Grolée ou à Confluence ?

Confidentialité oblige, Valdimir Da Silva Dias ne citera aucune enseigne, mais il reconnaît qu’avec de nombreuses autres, le Japonais Uniqlo qui a connu à Paris un grand succès et est implanté depuis peu à Marseille, a été approché pour s’installer sur 1 500 m2. Les discussions sont encore en cours. Il faut savoir que ce même Uniqlo est aussi lorgné par le centre commercial Confluence qui verra prochainement plusieurs enseignes partir après trois ans de bail et au remplacement desquelles, le directeur, Jeremy Desprets va devoir pourvoir.

Le calendrier de l’ouverture du renouveau commercial du quartier Grolée/Carnot dépendra donc de cette pêche aux enseignes rares. Ainsi, le véritable lancement du nouveau quartier Grolée/Carnot devrait intervenir entre le printemps et l’automne 2015.

Le patron de Thomas Broquet Conseil veut que la nouvelle offre commerciale du quartier se fasse de manière groupée : « Nous relancerons le quartier en ouvrant le même jour, en même temps, cinq à six enseignes dont la ou les locomotives. » Le meilleur scénario pour lui serait en effet d’avoir deux locomotives, un autre grand espace, de 2 700 m2 en l’occurrence, étant également proposé à la location.

Ce qui conforte l’optimisme du co-commercialisateur de Grolée? « Les enseignes que nous avons approchées et avec qui nous sommes en discussion ont bien conscience de l’aspect exceptionnel de ce quartier : il n’y a pas une ville en France qui propose 19 000 m2 de surface commerciale en plein centre ville dans des immeubles hausmanniens. »  Toutes proportions gardées, après sept années de désert, le nouveau quartier Grolée/Carnot, futur boulevard Haussmann de Lyon ?