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Plus question pour l’Etat de baisser drastiquement les dotations destinés à abonder le budget des municipalités. Place désormais à la négociation entre celles-ci et Bercy. Résultat : au cours des trois prochaines années, la Ville de Lyon ne pourra pas augmenter ses dépenses de fonctionnement de plus de 1,15 %, même si ses recettes croissent plus vite. Ce qui ne devrait cependant pas l’empêcher d’investir 50 millions de plus que prévu.

Après la bâton et les fortes baisses de dotations qui ont destabilisé nombre de communes, place désormais à une formule plus souple, même si elle reste contraignante.

Les plus grandes communes doivent désormais négocier la croissance de leur budget de fonctionnement, avec le risque pour elles si elle ne respectent pas les contraintes fixées après négociation, de subir des amendes.

Cinq mille habitants de plus chaque année à Lyon

Entre l’Etat, en l’occurrence le préfet du Rhône et la Ville de Lyon, les négociations ont été manifestement chaudes et animées. « Au départ, il était carrément question que nous baissions notre budget, je dois dire que ces négociations avec l’Etat ont été franches et cordiales », euphémise Georges Képénékian, maire de Lyon.

A l’arrivée, en prenant en compte un certain nombre de paramètres dont l’installation chaque année à Lyon de 5 000 habitants supplémentaires grâce à la fois au dynamisme démographique et à celui de l’emploi qui attire, la décision est tombée : la croissance du budget de la Ville de Lyon ne pourra pas dépasser 1,15 % chaque année, inflation comprise. Et ce au cours des trois prochaines années marquant la deuxième et dernière partie du mandat de l’exécutif actuel.

« Et ce, même si nos recettes augmentent plus que ce pourcentage : c’est la vraie différence avec le système antérieur, d’importantes recettes ne donnent pas pour autant droit aux dépenses… », décrit Georges Képénékian.

Ce budget contraint, permettra néanmoins à la ville d’augmenter l’investissement. « Nous visions 100 millions d’euros d’investissement par an pendant trois ans, ce sera finalement 350 millions », se félicite Georges Képénékian.

Ce résultat a été rendu possible par les économies faites dans le cadre de la stratégie « marge de manœuvre », permettant une réorganisation des services, une légère diminution du nombre d’agents (38 équivalents temps plein en 2017) et diverses mesures permettant notamment d’économiser 40 millions d’euros sur l’ensemble du mandat.

7 millions supplémentaires engrangés grâce au stationnement

Les recettes sont reparties aussi à la hausse, notamment celles du stationnement, grâce au rajout de 5 000 places de stationnement payant dans de nouveaux quartiers à Lyon, soit 7 millions d’euros de plus dans les caisses (*).

Ces efforts, plus la mise sous contrainte du budget ont permis à la Ville de voir ses ratios s’améliorer. La charge de la dette par habitant- 829 euros- est ainsi inférieure à la moyenne de celle des grandes villes (1 176 euros) ; tandis que la notation de l’agence spécialisée Standard and Poor’s reste toujours solide : AA avec « une perspective stable » .

La baisse des dotations de l’Etat a obligé toutes les municipalités à tailler dans le gras-il y en avait souvent- et à faire preuve de rigueur et de créativité. La méthode est désormais plus douce, mais l’encadrement est toujours là.

La contrainte peut aussi avoir du bon…

(*) Notamment, le produit du stationnement de surface progresse de près de 1,8 million d’euros, soit +11,9%, sous l’effet des extensions du stationnement payant ; de la fusion des zones tarifaires chrono et presto ; et enfin, de l’amélioration en fin d’année 2017 du taux de respect du stationnement payant : un effet… probablement anticipé de la mise en œuvre au 1er janvier 2018 du forfait post-stationnement, avec une amende qui peut grimper à Lyon, jusqu’à 60 euros sur certains secteurs…