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Philippe SANS, nouveau président de Lyon biopôle : “ Nous allons retrouver notre leadership européen dans la Santé, j’en suis persuadé ! “

Issu de la galaxie Mérieux, Philippe Sans vient de prendre les rênes du plus important pôle de compétitivité d’Auvergne-Rhône-Alpes, Lyon biopôle. Il reconnaît le retard pris par la France et donc de la Métropole lyonnaise en matière d’industries de la Santé, mais entend, en phase avec les projets gouvernementaux, remettre la région, via Lyon biopôle Auvergne-Rhône-Alpes, dans le peloton de tête européen.

Vous venez d’être élu à la présidence du pôle de compétitivité Lyon biopôle pour deux ans, pouvez-vous nous décrire succintement votre parcours professionnel ?

Philippe Sans-Je suis diplômé d’EM Lyon et après un crochet dans l’Audit, je suis entré à bioMérieux alors qu’elle n’était qu’une PME de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. A trente ans, je suis entré au comité de direction, j’ai présidé bioMérieux aux Etats-Unis et été nommé directeur général adjoint de bioMérieux.

Ensuite, pendant quatorze ans, j’ai été directeur général de Nutriscience, la petite sœur de bioMérieux, le numéro 2 mondial de la sécurité alimentaire qui compte cent labos, 8 500 personnes et est présent dans vingt-sept pays. Ce qui m’a amené à sillonner le monde et à faire exploser mon bilan carbone…

Quelle est votre fonction désormais au sein de la galaxie Mérieux ?

Je suis directeur général délégué de l’Institut Mérieux qui regroupe toutes les participations de la famille.

Que nous a appris cette crise du Covid-19 ?

Elle nous a appris à être confrontés avec le principe de réalité.

En Santé publique, le domaine essentiel, primordial, c’est l’innovation. Or on a pu constater que la France n’était plus en pointe pour un certain nombre de raisons. La France n’était plus leader en Europe comme elle a pu l’être dans le passé.

Pourquoi ce décrochage de la France et donc de Lyon, pourtant pôle majeur en termes de santé, que l’on a pu constater pendant le crise ?

Ma nomination comme président de Lyon biopôle a coïncidé avec le remise au président Macron du rapport intitulé “Innovation Santé 2030” élaboré par le Conseil Supérieur des Instituts de Santé (CSIS) qui détaille les raisons de ce décrochage pour indiquer les pistes à suivre pour reprendre le leadership européen d’ici 2030 ; et ce en mettant 7 milliards d’euros sur la table. Tout y est !

Qu’est-ce à dire ?

Le retard que connaît la France tient au fait que les efforts de Recherche ont décliné au fil des années ; il tient aussi au cadre réglementaire, particulièrement rigide qui existe en France pour les essais cliniques qui est beaucoup trop lourd. Or, ils se chiffrent en dizaines de millions d’euros. Or, on a oublié qu’il faut accepter de gérer un certain risque !

Enfin, il y a le problème du financement du capital. Si on sait bien accompagner la naissance des start-up, on ne sait plus faire lorsqu’elles se jettent dans le grand bain des essais cliniques et elles doivent se résoudre souvent à partir à l’étranger pour trouver des financements.

A partir de cette base quelle est donc votre feuille de route en tant que président de Lyon biopôle ?

Une première remarque d’abord : ce plan gouvernemental “Innovation Santé 2030” à 7 milliards d’euros va créer des opportunités pour Lyon biopôle et faciliter les financement de nos entreprises.

Il faut avoir conscience, d’autre part, que nous avons un écosystème très favorable, mais qu’on avait peut-être un peu perdu de vue l’essentiel : le patient ! Nous voulons le remettre au cœur du projet.

C’est à partir de ses besoins que l’on pourra définir une politique d’innovation. Pour ce faire, nous allons renforcer nos collaborations avec les établissements de Santé et notamment les CHU et les centres académiques de Recherche.

C’est à cette intersection que nous pouvons jouer à plein notre rôle, celui de catalyseur.

D’autres pistes pour relancer la machine ?

Oui. Lorsque Lyon biopôle a été lancé il y a quinze ans, c’était sur une seule thématique : les maladies infectieuses.

Nous voulons évoluer vers un nouveau concept qui veut qu’il y ait une seule Santé, rassemblant les médecines humaines, vétérinaires et environnementales.

Nous avons dans tous ces domaines des acteurs majeurs qu’il faut mettre en résonance.

Enfin, nous voulons accentuer nos liens avec les six autres pôles de compétitivité concernés par la Santé en France ; et faire de même à l’échelon européen.

Cela doit nous permettre de mieux accompagner les entreprises en jouant le rôle d’accélérateur d’innovation ; en leur donnant les moyens d’aller plus vite dans leur développement. Nous allons encore mieux les aider à accéder à ces fonds.

Vous n’avez pas évoqué le digital. Comme toutes les strates de l’économie, la Santé est sans doute aussi touchée par la transition numérique ?

Le digital fait bien partie de notre feuille de route : c’est même un élément essentiel. Il faut faire entrer les acteurs du numérique dans notre écosystème pour que les entreprises de Santé se digitalisent encore plus.

Pensez-vous que cette feuille de route est à même de rattraper le temps perdu ?

On ne rattrape jamais le temps perdu, mais je pense que nous nous sommes dotés des moyens de rattraper une bonne partie de ce temps perdu.

Il faut que les politiques s’engagent sur une durée longue.

En tout cas, cela me semble parti, car il y a désormais un consensus très fort sur les obstacles, les handicaps dont nous souffrons en France. Bien connaître le mal, cela permet de mettre en place les processus de guérison.

Nous avons à Lyon les principaux acteurs mondiaux, un tissu incroyable de 250 PME innovantes.

Nous allons retrouver notre leadership européen, j’en suis persuadé !

Trente nouveaux adhérents à Lyonbiopôle depuis le 1er janvier 2021

Depuis janvier 2021, 30 nouvelles entités ont adhéré au pôle de compétitivité santé Lyonbiopôle Auvergne-Rhône-Alpes :

  • DATACAPT (Lyon – Rhône) – développe une solution SaaS globale permettant de digitaliser les études cliniques.
  • IGL – INSTITUT GEORGES LOPEZ (Lissieu – Rhône) – société de technologie médicale spécialisée dans le soin des organes et des tissus explantés.
  • IMIS – Institut de Management des Industries de la Santé (Lyon – Rhône) – école de management spécialisée dans les industries de santé, accompagne et forme les profils scientifiques à l’acquisition de compétences métiers en marketing ou en affaires réglementaires.
  • INSTINCT’IV (Lyon – Rhône) – première plateforme en France d’impression 3D médicale dédiée aux vétérinaires.
  • JAGUAR NETWORK (Lyon – Rhône) –  filiale BtoB du Groupe iliad, est un hébergeur souverain d’infrastructures IT & un opérateur de télécom.
  • PROMEGA (Charbonnière les Bains – Rhône) – Société de biotechnologie indépendante qui propose des solutions en biologie cellulaire et moléculaire.
  • SEQENS (Ecully – Rhône) – acteur intégré dans le développement et la production de principes actifs, d’intermédiaires pharmaceutiques et d’ingrédients de spécialités.
  • THERMO FISCHER SCIENTIFIC (Lissieu-Rhône) – leader fournissant du matériel de recherche et d’analyse aux laboratoires.
  • WEEZION (Lyon – Rhône) – développe une solution de diagnostic in vitro rapide des infections microbiennes dans le sang permettant en moins de 90 min d’accéder à l’identification du pathogène et à son profil de résistance aux antibiotiques.
  • INRIA (siège à Rocquencourt – Yvelines, mais un centre à Lyon et à Grenoble) – l’institut national de recherche en sciences et technologies du numérique. En biosciences, leur centre grenoblois se focalise sur les neurosciences, la microbiologie et la robotique. Les priorités du centre de Lyon sont la biologie cellulaire, la santé numérique et ses données.
  • BIOTEM (Aprieu – Isère) – société experte en immunotechnologies qui propose des solutions à haute valeur ajoutée pour le développement à façon d’anticorps et d’immunoessais.
  • MAG4HEALTH (Grenoble – Isère) – start-up issue du CEA qui développe une nouvelle génération de magnétoencéphalographes, des imageurs du fonctionnement du cerveau qui suivent son activité en temps réel.
  • MOREHISTO (Meylan – Isère) – sa solution est basée sur un logiciel d’analyse d’images qui permet une analyse quantitative et qualitative rapide et exhaustive des échantillons biologiques afin d’apporter un nouveau paradigme dans les procédures histologiques et d’histopathologies (aide au diagnostic du cancer entre autres).
  • NEMERA (La Verpillère – Isère) – conçoit, fabrique et commercialise des systèmes d’administration de médicaments pour les secteurs pharmaceutique et biotechnologique et pour la fabrication des médicaments génériques.
  • NEOVISION (Grenoble – Isère) –  société spécialisée en intelligence artificielle qui propose des
    technologies matures de recherche visuelle, d’OCR et de caractérisation d’activité.
  • PANORAMIC DIGITAL HEALTH (Grenoble – Isère) – jeune start-up spécialisée dans le développement de dispositifs médicaux intégrant des capteurs portables.
  • PELICAN HEALTH (Fontaine – Isère) – entreprise de la santé et de la médecine de précision qui propose des solutions d’étude du microbiote intestinal et de son utilisation à visée diagnostique.
  • SKYEPHARMA (St Quentin Fallavier – Isère) – sous-traitant pharmaceutique employant 150 personnes dont environ 25% en R&D et formulation pour apporter des solutions galéniques sur-mesure.
  • NEXBIOME (Clermont-Ferrand – Puy-de-Dôme) – premier incubateur privé de biotechs dans le microbiote thérapeutique.
  • SMA-RTY (Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme) – start-up franco-italienne spécialisée dans l’intelligence artificielle et les systèmes de vision embarquée.
  • STRAINCHEM (Saint-Beauzire – Puy-de-Dôme) – spécialisée en chimie organique de synthèse, en chimie thérapeutique, adaptées aux normes environnementales.
  • DEINOVE (Montpellier – Hérault) – société de biotechnologie pionnière dans l’exploitation de la « matière noire microbienne ».
  • EPIMOD (Lent – Ain) – équipe de recherche qui fournit des services spécialisés en épidémiologie et modélisation des maladies infectieuses pour la santé publique.
  • INFODREAM (Aix les Bains – Savoie) – éditeur-intégrateur de logiciel MES (Manufacturing Execution System). Experte en maîtrise des procédés industriels, Infodream développe la Suite Qualaxy, suite logi