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Les négociations sur le prolongement du Protocole de Kyoto semblent bien mal parties à Durban en Afrique du Sud. Il en va pourtant de l’avenir de la planète ! Faut-il pour autant désespérer : non, car de leur côté hors de toute grand messe, de nombreuses villes qui sont les principales pourvoyeuses de gaz à effet de serre, se mobilisent. Tel est, à l’instar de beaucoup d’autres, le cas du Grand Lyon, qui s’est engagé dès 2007 à réduire de manière importante sa consommation énergétique. Un diagnostic a été porté. On sait quels sont les secteurs qui émettent le plus de CO2. Une feuille de route a été établie. Une charte impliquant tous les acteurs a été signée le 28 novembre. Les entreprises sont au premier rang : un coût de 500 à 800 millions d’euros par an, pendant dix ans.

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ! » Souvenez-vous de cette phrase de Jacques Chirac prononcée en 2006 en Afrique du Sud. Elle résonne d’autant plus fort que se joue ces jours-ci à Durban, toujours en Afrique du Sud, le sort -bien mal parti-du prolongement du Protocole de Kyoto.

Les grands messes internationales ont leur rôle, leur importance, mais elles ont une fâcheuse tendance, suite au face à face sino-américain, à s’enliser.

Faut-il désespérer de l’avenir de la planète ? Pas sûr, car, heureusement les villes, en Europe, mais aussi dans le monde entier ont pris conscience qu’elles étaient au premier rang du combat climatique.

Ce sont elles qui actuellement se révèlent les plus actives dans la lutte contre les gaz à effet de serre.

Ainsi, le Grand Lyon, dès 2007, a lancé, sous le pilotage d’un élu Vert à l’efficacité reconnue, Bruno Charles, un plan Climat, reprenant les trois objectifs du Conseil européen. En partant de la base de l’année 2000, l’objectif fixé est de baisser, d’ici 2020, de 20 % les émissions de gaz à effet de serre, de réduire de 20 % la consommation d’énergie et enfin, d’augmenter de 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation dl’énergie globale de l’agglomération.

Il fallait déjà porter un diagnostic car en l’occurrence, les élus étaient dans le flou le plus total. Il a été réalisé et est fort instructif.

L’on sait désormais que la part de responsabilité de l’Institution Grand Lyon (à travers ses bâtiments, la gestion des déchets, le service de l’eau) dans le réchauffement climatique, n’est que de 5 %. De manière plus large, ce diagnostic a établi que les émissions de gaz à effet de serre sous influence des politiques publiques pèsent pour 20 % (elles concernent le logement, les transports publics, le chauffage urbain).

Reste donc un noyau dur de 75 % dont la majeure partie des émissions de CO2 trouve son origine dans les entreprises, des plus grandes aux plus petites.

Il était donc indispensable d’associer le monde économique de l’agglomération à ce Plan Energie Climat. Tel était l’objet de la signature d’une charte signée lundi 28 novembre par l’ensemble des acteurs regroupés sous la forme d’une Conférence Energie Climat mise en place pour gérer cette transition climatique : 57 partenaires économiques au total, du Medef, à la CGPME, en passant par EDF, Gdf-Suez, le pôle de compétitivité Axelera, TNT, la Fédération du Bâtiment, la CCI de Lyon, etc.

Mais où doivent donc porter les efforts ? Les plus importants se situent dans l’industrie ; l’habitat suit, puis le secteur tertiaire (les bureaux). Etonnamment les efforts les moins lourds devront porter sur le transport, celui des marchandises et des personnes : les politiques européennes faites de normes de plus en plus drastiques tendent, et c’est heureux, à porter leurs fruits.

Que proposent donc les industriels ? Les transporteurs comme TNT ont déjà commencé à verdir les camions qui portent les colis sur les derniers kilomètres ; le pôle de compétitivité Axelera, à travers Indeed, l’usine du futur est, lui, en train de développer les techniques qui permettront aux usines d’être moins consommatrices de CO2 et d’utiliser des matières premières renouvelables ; Gdf-Suez va développer à Lyon, une très importante plate-forme de recherche sur le biogaz (Gaïa) qui sera réinjecté dans le réseau ; d’ici à 2020, les forêts rhônalpines produiront 400 000 tonnes de bois qui sera brûlé dans des chaufferies, alors que pour l’heure, on ne commercialise que 30 % de la récolte potentielle ; etc.

Concrets, les industriels précisent la manière dont ils entendent se saisir de la part de responsabilité climatique qui leur incombe

La sortie de crise ne passera-t-elle pas aussi par le développement de l’économie verte, non délocalisable ?

Gérard Collomb en est persuadé. « L’écologie et l’économie doivent marcher d’un même pas : les cleantechs que le Grand Lyon veut mettre en avant, vont être créatrices d’emplois : ce qui peut apparaître comme une contrainte constitue une opportunité », assure le président du Grand Lyon

Et de lancer : « la maîtrise de la contrainte écologique peut devenir un atout pour le développement économique de l’agglomération ».

Cet effort va nécessiter des centaines de millions d’euros : Gérard Collomb estime le coût du Plan Energie Climat, entre 500 et 800 millions d’euros par an pendant dix ans pour les différents partenaires. On y verra plus clair au fur et à mesure de l’avancement de ce Plan : des rapports d’étape seront régulièrement effectués. Une manière qui se veut pragmatique d’appliquer le slogan des écologistes américains: « think global, act local »…

Photo (DL)A l’heure de la signature au Grand Lyon de la charte du plan Energie Climat, associant les partenaires industriels et économiques.