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Dans un contexte économique marqué par les défaillances d’entreprises et les tensions sur les transmissions de PME, les sociétés coopératives affichent une dynamique à contre-courant en Auvergne-Rhône-Alpes. Selon l’Union régionale des Scop et Scic, le nombre d’entreprises coopératives a progressé de 20 % en cinq ans dans la région, avec un chiffre d’affaires global dépassant désormais 1,1 milliard d’euros.

Un modèle qui gagne du terrain malgré le ralentissement économique

Fin 2025, la région comptait 781 entreprises coopératives pour plus de 11 500 salariés. L’an dernier, 37 nouvelles Scop et Scic ont été accompagnées par l’Union régionale, dans des secteurs très variés allant du BTP au numérique, en passant par la restauration, le médico-social ou le conseil.

Le secteur de la construction ressort particulièrement dynamique : plus d’un quart des nouvelles coopératives créées en 2025 évoluent dans le bâtiment ou les métiers associés. Un signal intéressant alors même que le secteur traverse une période de ralentissement.

« Face à une conjoncture économique difficile, le modèle coopératif apparaît comme un moyen de rompre l’isolement, par la force du collectif », analyse Hervé Lafarge, secrétaire général de la Fédération des Scop du BTP.

Le modèle coopératif conserve également un avantage rarement atteint par les structures classiques : un taux de pérennité de 89 % à trois ans et de 79 % à cinq ans, soit plus de dix points au-dessus de la moyenne nationale.

La transmission d’entreprise devient un enjeu central

L’un des moteurs de cette progression réside dans la reprise d’entreprises par les salariés. En 2025, 35 % des créations accompagnées par l’Union régionale proviennent de transmissions ou de transformations en Scop et Scic.

Cette dynamique intervient alors que la question de la transmission des PME devient un sujet économique majeur. En Auvergne-Rhône-Alpes, plus de 60 000 entreprises devront être cédées dans les dix prochaines années, selon l’Union régionale des Scop et Scic.

« Trop d’entreprises disparaissent faute de repreneur, alors même que les enjeux en matière d’emplois et de territoires sont majeurs », souligne Meryem Yilmaz, co-déléguée générale de l’URSCOP Auvergne-Rhône-Alpes.

Le sujet dépasse désormais le seul univers coopératif. Le projet de loi Castellani sur la transmission-reprise aux salariés et le plan « Objectif reprises » porté par le ministère de l’Économie contribuent à remettre ces modèles au centre des réflexions sur la pérennité des PME.

Des entreprises ancrées dans les territoires

Le panorama présenté par l’Union régionale illustre aussi la diversité des projets concernés. À Lyon, la Coopérative funéraire de Lyon cherche à proposer une alternative plus humaine et moins marchande dans le secteur funéraire. En Isère, LaCabane, à Champagnier, mêle commerce de proximité et lieu de vie collectif.

D’autres projets répondent à des enjeux industriels ou environnementaux, comme Locaverre dans la Drôme, spécialisée dans le lavage de bouteilles réemployables, ou Gravyr à Lyon, une agence numérique fondée sous forme coopérative par d’anciens salariés d’agence web.

Cette progression des Scop traduit une évolution plus profonde du rapport à l’entreprise. Gouvernance partagée, ancrage territorial et implication des salariés deviennent des arguments de plus en plus recherchés, notamment dans les secteurs confrontés à des difficultés de recrutement ou de transmission.