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Hausse du prix des carburants, difficultés d’accès aux transports collectifs, éloignement des bassins d’emploi : la mobilité reste un défi quotidien pour de nombreux habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes. Face à ces contraintes, les collectivités expérimentent de nouvelles solutions pour limiter la dépendance à la voiture individuelle. En trois ans, plus de 50 000 habitants ont ainsi bénéficié de dispositifs de mobilité durable soutenus par le programme Tims, coordonné dans la région par l’Agence Auvergne-Rhône-Alpes Énergie Environnement (AURA-EE).

Au-delà de l’enjeu environnemental, ces initiatives répondent à une problématique économique et sociale de plus en plus sensible : l’accès à l’emploi, aux services publics, aux soins ou à la formation dépend souvent de la capacité à se déplacer.

Quand la mobilité devient un frein à l’emploi et à l’attractivité des territoires

Dans les zones rurales et périurbaines, l’absence d’alternative crédible à la voiture peut rapidement devenir un facteur d’exclusion. Les personnes âgées, les jeunes sans permis, les ménages modestes ou encore les personnes en insertion professionnelle sont particulièrement concernés. Pour les entreprises, cette réalité se traduit également par des difficultés de recrutement et de fidélisation lorsque les salariés peinent à rejoindre leur lieu de travail.

Pour répondre à ces enjeux, le programme Tims accompagne depuis 2023 des collectivités, syndicats de transport et associations dans le développement de solutions adaptées aux besoins locaux. Seize projets ont été déployés en Auvergne-Rhône-Alpes, représentant près de 5 millions d’euros d’investissements. Covoiturage solidaire, autopartage, transport à la demande, vélo-écoles ou accompagnement personnalisé des usagers figurent parmi les dispositifs mis en œuvre.

Selon AURA-EE, plus de 50 000 habitants ont déjà bénéficié de ces actions. Près de 14 000 personnes ont directement utilisé les solutions proposées, générant plus de 273 000 kilomètres de déplacements alternatifs et contribuant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Des expérimentations locales qui pourraient inspirer d’autres territoires

Dans les Monts du Lyonnais, un réseau de covoiturage solidaire mobilise des conducteurs bénévoles pour accompagner les personnes rencontrant des difficultés de déplacement. En Savoie, plusieurs intercommunalités ont développé des vélo-écoles afin de favoriser les déplacements du quotidien tout en renforçant l’autonomie des habitants. Dans la Drôme, l’autopartage entre particuliers et des permanences itinérantes permettent d’informer les habitants sur les alternatives disponibles.

Ces initiatives illustrent une évolution progressive des politiques de mobilité. Là où les investissements se concentraient historiquement sur les infrastructures lourdes, les collectivités misent désormais davantage sur des services de proximité, plus souples et souvent moins coûteux à déployer.

À l’approche des objectifs de décarbonation fixés à l’échelle nationale et européenne, ces expérimentations pourraient jouer un rôle croissant dans la transformation des mobilités du quotidien. Elles démontrent surtout qu’au-delà des grandes métropoles, l’innovation en matière de transport passe souvent par des solutions très concrètes, conçues au plus près des réalités locales.