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Thermalisme : la fréquentation chute de 26 % en Auvergne-Rhône-Alpes

Avec 95 000 curistes conventionnés accueillis en 2025, Auvergne-Rhône-Alpes reste la troisième région thermale de France. Mais derrière un secteur qui génère encore 131 millions d’euros de chiffre d’affaires direct, la Chambre régionale des comptes pointe une fragilité économique persistante : la fréquentation a reculé de 26 % depuis 2016 et seules huit des 23 stations régionales dépassent aujourd’hui le seuil jugé nécessaire à la viabilité d’un établissement.

Seules huit stations dépassent 4 000 curistes par an

Dans son rapport publié le 15 octobre, fondé sur l’examen de la politique thermale régionale et de neuf stations, la Chambre régionale des comptes dresse un bilan contrasté d’une activité qui reste déterminante pour plusieurs territoires ruraux.

En 2016, les établissements de la région accueillaient encore 128 000 curistes conventionnés. Neuf ans plus tard, ils ne sont plus que 95 000, soit une baisse de 26 %. Or, la Chambre estime qu’un établissement doit accueillir au moins 4 000 curistes par an pour atteindre une taille susceptible d’assurer sa viabilité. En 2025, seulement huit stations sur 23 franchissaient ce seuil.

Le poids économique du thermalisme reste pourtant loin d’être marginal : 131 millions d’euros de chiffre d’affaires direct en 2024 et 1 522 emplois en équivalent temps plein. Dans certaines communes, les retombées sur l’hébergement, la restauration, le commerce et les finances locales rendent le maintien de l’activité particulièrement sensible.

Cette économie repose aussi largement sur des financements publics. L’Assurance maladie a consacré près de 53 millions d’euros à la prise en charge des cures dans la région en 2023. Depuis 2017, la Région a de son côté engagé plus de 100 millions d’euros dans les stations et villes thermales, dont 13,4 millions de fonds européens.

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La diversification vers le bien-être ne garantit pas encore la rentabilité

Le rapport s’attarde également sur le modèle de gestion des établissements. Fin 2025, 75 % étaient exploités par des opérateurs privés, soit en pleine propriété, soit dans le cadre de délégations de service public.

Sur les contrats examinés, la Chambre juge que l’équilibre économique est généralement favorable au délégataire. Plusieurs délégations doivent par ailleurs arriver à échéance dans les prochaines années, avec des négociations sensibles autour du financement des travaux, de la durée des contrats et de la rémunération des exploitants. Les petites communes ne disposent pas toujours des compétences techniques nécessaires pour négocier et contrôler ces montages complexes, d’où la suggestion de créer une assistance à l’échelle régionale.

Autre réponse régulièrement avancée face au recul des cures conventionnées : développer les séjours courts, le bien-être et les activités complémentaires. La Chambre se montre toutefois prudente. Les données recueillies ne permettent pas de démontrer que cette diversification améliore réellement la rentabilité et la pérennité des établissements.

À cela s’ajoutent les investissements nécessaires dans des équipements parfois anciens et la question croissante de la ressource en eau. Le rapport appelle notamment les stations à réduire leurs rejets et à mieux valoriser les boues thermales.

Pour les collectivités thermales, la question dépasse donc la seule reconquête des curistes perdus depuis la crise sanitaire : il s’agit désormais de démontrer que les investissements publics, les nouveaux usages et les contrats avec les exploitants permettent de construire un modèle économique durable.