Toute l’actualité Lyon Entreprises

lyon entreprises ville de lyon

La confiance des petites et moyennes entreprises régionales se dégrade encore. Selon le baromètre semestriel publié par la CCI Auvergne-Rhône-Alpes, 81 % des TPE-PME interrogées ne font pas confiance à la situation économique. Chiffre d’affaires, marges, trésorerie et investissement restent sous pression, même si quelques signaux d’amélioration apparaissent pour l’industrie et le BTP.

Trésoreries et marges se dégradent nettement

Le premier semestre 2026 n’a pas permis aux TPE-PME d’Auvergne-Rhône-Alpes de retrouver une véritable dynamique. 43 % des entreprises interrogées déclarent un chiffre d’affaires en baisse sur un an, contre seulement un quart faisant état d’une progression. Pour 16 % des répondants, le recul dépasse même 10 %.

Les plus petites structures sont les plus exposées. Le solde entre entreprises déclarant une hausse et celles constatant une baisse de chiffre d’affaires atteint -28 pour les TPE, contre -19 pour les entreprises de 10 à 49 salariés et seulement -2 au-delà de 50 salariés.

La pression est encore plus nette sur la rentabilité. Parmi les entreprises en mesure de se prononcer, 71 % indiquent une diminution de leur marge au premier semestre, dont 15 % une forte baisse. L’hébergement-restauration et le commerce de détail figurent parmi les secteurs les plus touchés.

Cette érosion finit par atteindre directement les liquidités. En juillet, 39 % des TPE-PME déclaraient rencontrer des difficultés de trésorerie, soit neuf points de plus qu’en janvier. Le taux atteint 51 % dans le commerce de détail et 49 % dans l’hébergement-restauration. Les TPE sont également davantage concernées que les PME de plus grande taille.

Les entreprises citent principalement l’insuffisance du chiffre d’affaires, l’augmentation des charges courantes et des marges devenues trop faibles pour expliquer ces tensions.

Les coûts remontent parmi les principaux freins à l’activité

Le manque de vigueur de l’activité reste le premier frein au développement, mentionné par 44 % des répondants. Mais l’évolution la plus marquante concerne les coûts : 41 % des entreprises les identifient désormais comme un obstacle, soit douze points supplémentaires en six mois.

La problématique est particulièrement forte dans le transport-logistique, où elle concerne environ deux entreprises sur trois, ainsi que dans l’hébergement-restauration et le BTP. Le baromètre relie notamment cette évolution à la remontée des prix des hydrocarbures au cours du premier semestre.

Les difficultés de recrutement, longtemps au premier plan des préoccupations des employeurs, reculent en revanche. Elles sont désormais citées par 26 % des TPE-PME, soit environ deux fois moins qu’au pic enregistré en 2022 et 2023. La complexité et l’instabilité réglementaires restent néanmoins un frein pour une entreprise sur cinq.

Dans ce contexte, la confiance atteint son point bas. 81 % des entreprises interrogées déclarent ne pas avoir confiance dans la situation économique générale, soit sept points de plus en six mois et un retour au niveau record déjà observé durant l’été 2025. Dans le même temps, 60 % considèrent que le risque de défaillances dans leur environnement économique reste élevé.

Les anticipations pour le second semestre demeurent prudentes : 38 % des entreprises prévoient une activité inférieure à celle du second semestre 2025, contre seulement 20 % qui envisagent une progression. L’industrie et le BTP affichent toutefois des perspectives moins défavorables qu’auparavant, tandis que les PME de 50 salariés et plus se distinguent avec un solde d’opinion légèrement positif.

Plus d’une entreprise sur trois a renoncé à investir

Le climat économique a également pesé sur les décisions d’investissement. 37 % des TPE-PME déclarent avoir renoncé en totalité ou en partie à des projets au premier semestre. Pour 29 % des répondants, l’abandon a concerné l’ensemble des investissements prévus.

La fin de l’année pourrait toutefois marquer une légère inflexion. Une entreprise sur deux prévoit désormais de maintenir son niveau d’investissement et 22 % envisagent de l’augmenter. Pour la première fois depuis trois ans dans ce baromètre, le solde entre intentions de hausse et de baisse revient ainsi à l’équilibre, porté notamment par l’industrie, les entreprises exportatrices, le transport-logistique et le BTP.

La hausse du prix des carburants commence par ailleurs à modifier certains choix d’équipement. 18 % des TPE-PME indiquent avoir lancé ou amplifié un projet d’électrification de leurs usages en réaction à la remontée des hydrocarbures, tandis que 26 % avaient déjà des projets engagés.

La mobilité arrive en tête des usages concernés, devant les équipements de production et le chauffage ou la climatisation. Le coût de l’investissement demeure toutefois le principal obstacle à l’électrification, cité par plus d’un tiers des entreprises et par plus de 80 % des répondants du transport-logistique.

Ces résultats proviennent de l’enquête semestrielle menée par les CCI d’Auvergne-Rhône-Alpes entre le 25 juin et le 25 juillet 2026. 367 réponses ont été exploitées auprès d’un panel présenté comme représentatif des TPE-PME régionales de l’industrie, du BTP, du commerce et des services. Au-delà du niveau record de défiance, le baromètre décrit surtout des entreprises prises en étau entre une activité encore faible et des coûts qui repartent à la hausse, avec des conséquences désormais visibles sur les marges, les trésoreries et les investissements.