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Tunnel Lyon-Turin : cela coûterait plus cher à l’Italie de stopper le projet que de le continuer…

A minima, trois milliards d’euros : c’est ce que coûterait à l’Italie l’abandon de la liaison Lyon-Turin : tel est le résultat d’une étude réalisée par des juristes du ministère des Transports italiens. Un pavé dans une mare qui connaît déjà beaucoup de remous…

 On sait qu’un bras de fer est engagé entre les deux partis italiens de la coalition gouvernementale, la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles. Le projet Lyon-Turin pourrait la faire exploser tant les deux formations s’arcqueboutent sur leurs choix ; la première défendant urbi et orbi le projet favorable économiquement au nord de l’Italie, la seconde voulant tout arrêter et en faisant un casus belli.

 Or, une pièce essentielle vient d’être versé à ce débat de plus en plus chaud en Italie.

 L’édition de vendredi dernier du quotidien économique « Il Sole 24 Ore » a dévoilé les grandes lignes d’un rapport rédigé par des juristes du ministère des Transports : il recense les conséquences financières pour l’Italie d’un éventuel arrêt du chantier en cours du tunnel transfrontalier du Lyon-Turin.

 Selon différents scenarii, la facture oscillerait entre 2,8 et 4 milliards d’euros répartis ainsi : 1/ études et travaux de remise en état des sites du chantier (de 200 à 500 M€) ; 2/ rendu des fonds communautaires accordés sur la tranche 2015-2019 (600 M€) ; 3/ dédommagement des entreprises sous contrat et éventuelles pénalités demandées par la France et l’UE (de 500 M€ et 1 Md€) ; 4/ coûts de la nécessaire mise en sécurité du tunnel historique qui n’est plus aux normes internationales (de 1,5 et 1,7 Md€).

 La contribution financière de l’Italie à la réalisation du tunnel transfrontalier étant d’environ 3 Md€, arrêter le chantier à ce stade d’avancement couterait autant, voire même plus cher, au pays que de finir l’ouvrage !

Reste que le M5S reste inflexible sur sa position de blocage du chantier, contre toutes les autres formations politiques du pays et même une très large majorité de l’opinion italienne, comme l’ont prouvé de récents sondages.

 Et compte tenu des tensions diplomatiques entre la France et l’Italie, les réunions de travail prévues pour partager les résultats de cette analyse n’ont pas encore été programmées. Les choses devraient donc continuer à traîner…

 Une certitude, Bruxelles et la France s’impatientent de plus en plus de ces atermoiements.

 Un dossier en tout cas qui n’est pas fait pour arranger les piètres relations diplomatiques actuelles entre les gouvernement français et italiens !