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Un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros : Arty Farty, l’entreprise culturelle lyonnaise qui ne cesse de tisser sa toile

Les Nuits Sonores, le restaurant « A la Piscine », le Sucre à Confluence, bientôt H7, toujours à la Confluence, etc. Tous ces lieux ont un point commun : ils sont gérés par l’association Arty Farty, une vraie PME culturelle, dotée d’une centaine de salariés et d’un budget de 10 millions, au total, tous lieux compris, mais tout ça tourne avec très peu d’argent public, précise son directeur général, Vincent Carry.

Et si l’association lyonnaise Arty Farty était en train d’inventer l’entreprise culturelle du 21ème siècle, apte à travailler avec les entreprises qui représentent un quart de son chiffre d’affaires, comme avec les collectivités ? Son modèle est en tout cas quasiment unique en France.

 Dans le monde culturel lyonnais, c’est déjà un géant.

 L’écosystème Arty Farty emploie une centaine de salariés (une trentaine pour l’association stricto sensu) dont une part va s’installer cette année dans le quartier Confluence, tout près de H7, le futur lieu-totem de Lyon French Tech dont Arty Farty détient une part du capital et dont il va aussi assurer une partie de la gestion.

 Dans son futur siège, baptisé Hôtel 71, on trouvera, à côté de l’incubateur high tech de l’H7, un autre incubateur culturel, cette fois qu’Arty Farty gérera elle-même.

 Son modèle économique est rare. Arty Farty recèle en son sein de très nombreuses compétences. Ce qui lui évite d’aller en chercher trop à l’extérieur, même si créateur et directeur Vincent Carry explique que vu sa taille, cette entreprise culturelle travaille tout-de-même avec près de 500 intervenants extérieurs.

Tout démarre avec les « Nuits Sonores »

 C’est avec les Nuits Sonores, le plus grand festival en France dédié aux musiques électroniques que date le décollage d’Arty Farty. Il y a dix-sept ans, lors de la première édition, Les Nuits Sonores drainaient 15 900 spectateurs. L’année dernière la manifestation a attiré à Lyon… 145 000 personnes. Elle s’est exporté à Bruxelles et Bogota et Tanger.

 Mais c’est pour éviter de n’avoir qu’un festival obligatoirement fragile pour assurer la pérennité de la structure, qu’Arty Farty, s’est mise à grossir, explique son directeur.

 Emportant des appels d’offres successifs, Arty Farty a ainsi pris la gestion, en 2013, du « Sucre » dans le quartier de la Confluence, un lieu d’événementiel ; et, en 2017, du restaurant « A la Piscine », située au sein de la Piscine du Rhône, ainsi que d’autre événements, co-construits avec d’autres structures.

 Au final, Arty Farty seul pèse 4 millions de chiffres d’affaires, mais près de 10 millions en intégrant tous ses satellites. «  Nous nous autofinançons à hauteur de 80 %, pour 20 % seulement d’argent public », souligne Vincent Carry.

 Un quart du chiffre d’affaires avec les entreprises

Le rythme ne faiblit pas. Cette année, ce sera donc H7 (l’ex Halle Girard de la Confluence), mais aussi le Foodcourt Heat, et le siège social/creative hub que va constituer, toujours à Confluence l’Hotel 71, dénommé ainsi car situé 71 quai Perrache : 1 000 mètres carrés installés au sein d’un ancien hôtel particulier.

 Dans le même temps, l’entreprise culturelle lyonnaise n’a eu de cesse de se tourner vers les entreprises. A telle enseigne que ce secteur représente désormais près du quart du chiffre d’affaires d’Arty Farty.

 « Nous travaillons avec une soixantaine d’entreprises privées dont nous sommes prestataires de services pour outiller des lieux culturels, pour accueillir des événements d’entreprise, ce qui nous amène à organiser de 80 à 100 événements par an », détaille Vincent Carry.

 Et de lancer : « Nous espérons encore largement développer notre catalogue dans cette direction ». Arty Farty va fêter ses vingt ans du 15 au 17 mars à l’Auditorium de Lyon, via bien sûr, nombre d’événements culturels ; mais recèle, assurément, toujours autant d’ambition…