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Un million d’euros à la clef : Villeurbanne désignée “capitale française de la Culture” en 2022

On connaissait le label de “Capitale européenne de la Culture” qui joue un rôle non négligeable en matière de Tourisme. La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot vient de créer un nouveau label, celui de “Capitale française de la Culture”. Quel sera son impact pour la première Ville choisie, en l’occurrence Villeurbanne ? Difficile encore à dire, en l’absence d’antériorité, en tout cas, l’aide gouvernementale se traduira par une subvention d’un million d’euros.

Sept candidatures avaient été présélectionnées dont le Grand Angoulême, Metz, Brest ou encore Villeurbanne, sur leurs projets. C’est en définitive cette dernière, 150 000 habitants qui a été choisie comme toute première “Capitale française de la Culture” dont le top départ aura lieu en 2022.

Tel fut le choix du jury présidé par Bernard Faivre d’Arcier

Qu’est-ce qui a convaincu le jury ? Le choix de mettre en avant la jeunesse pour le programme de cette année culturelle villeurbannaise 2022. Il est vrai que la population villeurbannaise est jeune : la moitié a moins de trente ans.

« Première des « deuxièmes villes de France » comme elle aime à se nommer, Villeurbanne, riche de son histoire industrielle, cité jeune et en croissance, a choisi la jeunesse pour force et cible de son projet culturel urbain. La Ville entend renouer avec sa tradition d’éducation populaire et innover dans ses actions d’éducation artistique et culturelle. Elle compte s’appuyer pour cela aussi bien sur son patrimoine méconnu, ses forces associatives ainsi que sur les grandes institutions culturelles et les ressources universitaires présentes sur son territoire », détaille le ministère de la Culture.

Il est vrai qu’à l’instigation de son maire, Cédric Van Styvendael également vice-président chargé de la culture au sein de la Métropole, une bonne part de l’écosystème villeurbannais a su se mobiliser pour briguer ce label.

Une forte mobilisation

La Ville a pu compter sur une mobilisation très forte des acteurs culturels, institutionnels, associatifs, économiques ; mais aussi de ses habitants pour soutenir cette candidature.

Ainsi, près de 3 000 personnes ont rejoint le comité de soutien mis en place par la Ville. On pouvait ainsi apercevoir une immense affiche “Villeurbanne, capitale de la culture” déployée sur la place Lazare-Goujon où s’élève à la fois le TNP et l’hôtel-de-ville.

L’enveloppe d’un million d’euros, apporté à parité par le ministère de la Culture et la Caisse des Dépôts sera en tout cas bienvenue après les dures conséquences culturelles dues à la pandémie.

Cette somme devrait donc donner un coup de pouce au tissu culturel et patrimonial local, après la crise sanitaire.

La Caisse des Dépôts, le bras armé financier de l’Etat est en tout cas persuadée que “le secteur de la Culture, créateur d’emplois, sera l’un des moteurs de la relance, l’économie culturelle irrigue en effet de nombreux autres secteurs comme le tourisme, l’hôtellerie et la restauration…” C’est en fait toute la Métropole lyonnaise qui devrait bénéficier de ce label et des nombreux événements qu’il va susciter.

Et justement, quel en sera le programme ?

Il n’est pas encore définitivement calé.

“Il sera élaboré avec les jeunes et les acteurs culturels de la ville”, explique la municipalité.

Fils rouges

On en connaît néanmoins les principaux fils rouges.

Parmi ceux-ci, un festival en plein air conçu par les jeunes dans le parc naturel urbain de la Feyssine. Ce sont les jeunes qui en assureront la production, la programmation artistique, la direction technique… Au programme : des concerts, des spectacles de théâtre et d’arts de la rue, des déambulations…

Vingt-cinq mini-centres culturels seront en outre décentralisés dans les quartiers et au sein des groupes scolaires : lieux de contact avec le livre et la lecture, d’exposition avec les œuvres de l’Artothèque municipale et du Fonds régional d’art contemporain, mais aussi centres d’éveil, de découverte musicale et instrumentale avec l’Ecole nationale de musique. Ils pourront être pérennisés.

Le TNP ne pouvait pas bien sûr être absent de ce programme : il constituera sa seconde troupe éphémère avec une trentaine de jeunes de l’ensemble du territoire.

On peut également citer les Ateliers Frappaz, en l’occurrence le Centre national des arts de la rue qui accueillera des groupes de jeunes qui prendront part aux différentes créations prévues dans l’espace public. Et bien d’autres projets portés par chacun des nombreux partenaires qui se sont engagés dans ce programme.

La philosophie est en tout cas claire, comme le spécifie la municipalité : “ En plaçant les jeunes au cœur de notre- projet de candidature, nous souhaitons consolider une dynamique d’engagement dans la création et les pratiques culturelles. De l’école en passant par le collège et le lycée, les jeunes seront sollicités pour construire une programmation culturelle à l’échelle de la ville avec des temps forts en lien avec les acteurs du territoire…”

Photo : Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne