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Les principaux acteurs de l’hôtellerie française estiment que ce secteur est en danger à cause des plateformes de locations de meublés et de la multiplication des annonces. L’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) et le GNC (Groupement National des Chaînes hôtelières) s’associent pour essayer de combattre une concurrence qu’ils jugent parfaitement déloyale.  

L’UMIH et la GNC ont évoqué la problématique d’évasion fiscale que les annonces des plateformes comme Airbnb peuvent engendrer. L’un des cas de fraude les plus récurrents est celui où les locataires d’appartements les louent à leur tour à des touristes sans l’accord du propriétaire.

De nombreux cas ont été relevés tant à Paris qu’à Lyon qui est la 6e destination française de la plateforme Airbnb. C’est pour cette raison que les deux organismes professionnels militent pour que la loi équilibre l’offre de la location de meublés.

Les plateformes de location plus populaires que la réservation d’hôtels

L’un des facteurs qui inquiète le marché de l’hôtellerie est celui de la perception des millenials qui préfèrent en général louer un meublé. En omettant la question du prix, cette génération évite de plus en plus les hôtels pour se sentir davantage chez soi. Que ce soit pour bénéficier d’une cuisine, pour rester dans un quartier plus touristique ou dans certains cas pour le contact humain, les plateformes comme Airbnb ou Couchsurfing se révèlent de plus en plus populaires.

L’impact d’Airbnb est de taille depuis son arrivée en France, la plateforme est devenue le premier choix des touristes.

Ce phénomène de popularisation de ces plateformes ne ralentit pas pour autant l’industrie de l’hôtellerie qui construit encore de nombreux  hôtels notamment dans les grandes métropoles françaises. Ce conflit entre les principaux organismes de l’hôtellerie et les plateformes de locations contraste avec l’accueil plutôt bienveillant de plusieurs maires français vis à vis de la location de meublés.

« Nous avons attaqué Airbnb pour illégalité et concurrence déloyale » explique Laurent Duc, président de la branche de l’hôtellerie de l’UMIH. Airbnb a dû s’exprimer devant la justice et a été sanctionné. En 2017, Airbnb a payé 167 000 euros au fisc français alors que son chiffre d’affaires est estimé à plus de 200 millions d’euros.

Une application pour lutter contre la démultiplication d’annonces

Aujourd’hui en France, sur la totalité des annonces postées sur les plateformes de location de meublés, environ 90 % sont illégales car elles ne sont ni enregistrées ni déclarées. Afin de lutter contre cette problématique, l’UMIH et la GNC se sont accordés avec la start-up Trackeet et leur logiciel traqueur d’annonces dupliquées.

L’application permettra notamment d’améliorer la collecte de la taxe de séjour.

Concrètement, l’application repérera en temps réel la source des annonces de la même manière qu’un GPS, il lui suffira de sélectionner un périmètre à analyser.

Une fois que la source fraudeuse est identifiée, l’application peut envoyer un signal qui marquera le meublé comme étant frauduleux. Et si un logement non identifié au préalable venait à faire la même démarche, l’application en serait notifiée.

L’application est à l’heure actuelle au niveau des tests, elle n’est pour l’instant présente dans aucune ville de France.

Dans les semaines à venir, cette technologie sera mise en place à Bordeaux et à Strasbourg, avant d’être utilisée à Paris et à Lyon.