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Auvergne-Rhône-Alpes sur la 2ème marche du podium : à l’orée du 2ème quinquennat d’Emmanuel Macron, l’écart entre les régions se creuse
Selon les différentes régions de France, la richesse est fort mal répartie avec des régions pauvres et une Ile-de-France hyper-riche qui capte un tiers du PIB national, selon l’Insee. Auvergne-Rhône-Alpes fait partie des régions les plus richement dotées, mais son PIB par habitant n’atteint même pas la moyenne française. Décryptage.

Cela pourrait bien figurer parmi les thèmes de la campagne des élections législatives qui démarrent réellement maintenant.

Dans une intéressante étude qu’elle vient de publier, l’Insee montre du doigt une inégalité supplémentaire qui touche notre pays, à côté des écarts entre le mondre rural et les métropoles, les quartiers sensibles et les autres, etc.

Il s’agit cette fois des inégalités entre régions. Elles ont même une maligne tendance à se creuser.

Illustration de la verticalité de notre pays : c’est bien sûr l’Ile-de-France qui domine, et de loin, le reste du pays, avec un tiers du Produit Intérieur Brut (PIB), à elle seule.

Auvergne-Rhône-Alpes sous la moyenne du PIB par habitant !

C’est bien simple, le PIB par habitant des Franciliens s’établit à 57 600 euros.

Derrière, mais loin derrière, figure Auvergne-Rhône-Alpes dont le PIB par habitant pointe à… 33 205 euros, soit presque deux fois moins. Ce qui permet à la région de monter sur la deuxième marche du podium de la richesse régionale avec un petit peu moins de la moyenne du PIB par habitant en France : 34 100 euros…

Ce sont la Corse (25 571 euros) et les Hauts-de-France (26 948 euros) qui figurent en bas de tableau.

Plusieurs constatations peuvent être faites à partir de ces chiffres.

Très clairement, d’abord, il existe deux France : la région parisienne d’une part et à côté, les douze autres régions.

La région capitale galope tandis que les autres régions restent au petit trot

On pourrait éviter de s’arrêter longuement sur ces chiffres si une deuxième constatation s’avérait nécessaire : les inégalités régionales ne se résorbent pas, mais contribuent à croître, lentement, mais sûrement.

Ainsi, au cours des vingt dernières années, c’est la région la plus riche, en l’occurrence l’Ile-de-France qui voit sa croissance économique (1,04 % l’an) être la plus rapide contre 0,76 % pour l’ensemble de la France métropolitaine. Une croissance qui est aussi à quelque chose près celle d’Auvergne-Rhône-Alpes dont l’écart avec la région capitale ne cesse donc de s’accroître.

Bref, pendant que l’Ile de-France galope, les autres régions restent au petit trot.

Les frontaliers, pas si contributifs que ça…

L’Insee souligne aussi et Auvergne-Rhône-Alpes est directement concernée avec, notamment sa frontière avec la riche Suisse : contrairement à ce que l’on pourrait croire, les travailleurs frontaliers n’apportent pas tant que cela au PIB régional. L’Insee constate en effet qu’ils contribuent davantage au PIB de leur pays d’accueil (en l’occurrence la Suisse) qu’à celui de leur région de résidence.

Où est le haut-commissaire au Plan ?

Parmi d’autres phénomènes, ces inégalités qui se creusent contribuent par ailleurs à la déconnexion croissante du pouvoir d’en haut (Paris) avec les pouvoirs d’en-bas (les régions).

Pour Jérôme Fourquet, directeur du département « opinion et stratégies d’entreprise » de l’Institut français d’opinion publique (IFOP) et coauteur de « La France sous nos yeux » , interviewé pour les différents titres du Groupe de presse Ebra “ Une grande politique d’aménagement du territoire avait été lancée du temps de De Gaulle et l’on voit bien maintenant que, sans action volontariste, la main invisible du marché, conforte la tendance. On en parle, on en débat, et puis on referme le dossier.”

Et si justement, il était rouvert à l’occasion de ces Législatives..?

On avait cru comprendre que le retour du Plan avait sonné, avec François Bayrou à sa tête, nommé en 2020, haut-commissaire au Plan. Mais depuis, silence radio, la discrétion la plus totale…