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Conjoncture : montée de l’incertitude. En AuRA, 1 chef d’entreprise sur 2 n’a plus confiance dans la situation économique : + 22 points en six mois !
Envolée du gaz et de l’électricité, inflation générale, guerre en Ukraine, difficultés de recrutement : les chefs d’entreprise naviguent actuellement dans le brouillard et ils n’aiment pas çà. Résultat : selon une enquête de la CCI Régionale Auvergne-Rhône-Alpes, l’inquiétude monte fortement + 22 points en six mois : 56 % des TPE et des PME de la région ne font pas confiance dans la situation économique générale. Pourtant, pour l’heure l’économie régionale reste solidement résiliente !

C’est le paradoxe du moment. Les chefs d’entreprises d’Auvergne-Rhône-Alpes embauchent à tout crin et tentent vaille que vaille de trouver sur le marché des compétences de plus en plus rares au sein de certaines professions. Et ce, alors qu’ils affichent un moral de plus en plus vacillant.

C’est ce qu’illustre la dernière lettre de conjoncture de la CCI Auvergne-Rhône-Alpes qui se veut modérément alarmiste au vu des chiffres récoltés parmi les chefs d’entreprises interrogés

“ L’écart grandit entre les résultats mesurés de l’activité qui restent bons dans de nombreux secteurs et les angoisses des chefs d’entreprises confrontés à un environnement qui se complique encore en cette fin d’été’, synthétise Philippe Guérand, le président de la CCI de région Auvergne-Rhône-Alpes.

Où la balance va-t-elle in fine pencher ?

Malgré les nuages qui s’amoncellent, le bilan de l’activité du 1er semestre 2022, s’il est un peu moins favorable que celui de l’année 2021, n’a en rien démérité.

Ainsi, 46 % des TPE et PME de la Région ont connu une hausse de leur chiffre d’affaires, sans tenir compte de l’inflation galopante, mais grâce à une augmentation de leur volume de vente ; tandis que 28 % étaient stables.

Autre donnée significative : en juillet, “seulement” 19 % des TPE et des PME disaient être freinées dans leur développement “par un manque de vigueur de l’activité”.

“Légère progression des difficultés de trésorerie”

Rien de dramatique donc pour l’heure, sinon, selon l’enquête de la CRCI, “une légère progression des difficultés de trésorerie”. On a pu également noter un allongement des délais de réglement des clients, mais les faillites restent contenues : selon le conseil national des administrateurs et mandataires judiciaires : “on devrait finir l’année avec environ 30 % de moins de procédures que lors d’une année normale.”

Face à cette situation qui reste résiliente, les perspectives personnelles d’activité des TPE et des PME apparaissent différentes selon les secteurs de l’économie régionale.

Cette fois, à l’exception de l’industrie qui voit ses carnets de commande encore bien remplis, et s’affichant comme le secteur le plus confiant, c’est désormais les perspectives de stabilité de chiffre d’affaires qui l’emportent.

Outre l’industrie, ce sont les dirigeants du BTP et de l’hébergement-restauration chez qui le moral s’affiche au beau fixe avec une certaine confiance dans leurs perspective à venir. Même sentiment du côté des entreprises exportatrices.

En revanche, les entreprises appartenant au tertiaire supérieur et au commerce de gros apparaissent moins confiantes. Un tiers des entreprises du tertiaire supérieur (hors numérique) s’attendent à une baisse de leur chiffre d’affaires.

Le frein principal : la hausse des prix de l’énergie

Ce qui en premier lieu nourrit ce sentiment est la hausse des prix de l’énergie et de nombreux intrants qui constituent un frein pour une large majorité des TPE et des PME (59 %).

Les hausses de salaires arrivent loin derrière (17 %, surtout dans le transport et la logistique).

“Ras la casquette !”

Et dans cette conjoncture, les difficultés de recrutement progressent encore : + 4 points en six mois !

On a pu ainsi entendre le dirigeant d’une PME déclarer au cours de cette enquête : “du travail, pas de composants et pas de personnel, ras la casquette de chercher des solutions en permanence pour pouvoir travailler !”

Il est vrai que selon la Banque de France, la croissance devrait être proche de 0 au dernier trimestre de l’année 2022 qui pourrait tout-de-même se terminer avec 2,7 % de croissance.

Quant à l’année 2023, les prévisions restent encore très difficiles à établir. Le gouvernement table sur une croissance de 1 %. Moins optimiste, la Banque de France estime que ladite croissance pourrait évoluer entre +0,5 % et – 0,5 %.

Rien de dramatique donc, pas de catastrophisme. On pourrait bien passer entre les gouttes. Mais cette incertitude persistante joue sur le moral…

Aucun retournement de tendance n’est constaté pour l’heure. Cette inquiétude grandissante pourrait bien traduire pour l’heure une vigilance certaine des chefs d’entreprise.