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C’est officiel : Focal, le fabricant ligérien de haut-parleurs et enceintes Hi-Fi haut de gamme va rapatrier sur son siège social de la Talaudière, près de Saint-Etienne, la production de ses membranes destinées à ses produits entrée de gamme.

Il sous-traitait, jusqu’ici, leur fabrication à un partenaire chinois.

L’industriel va ainsi investir 500 000 euros dans un outil nouvelle génération. Tout en boostant sa R&D avec un autre investissement de 800 000 euros lui permettant d’étendre de 500 m² ses locaux dédiés à la Recherche&Développement.

« Nous avons développé un process plus qualitatif. Cette relocalisation va nous permettre d’éviter le pillage de notre savoir-faire. Nous ne souhaitons plus partager nos compétences », a expliqué au journal Le Progrès Christophe Sicaud.

 Ce dernier est le président de Vervent Audio Group, la holding chapeautant Focal et Naim : 1 00 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018, 430 salariés dont 210 à Saint-Etienne.

Commercialisées à la rentrée 2019

 Les membranes qui ne seront plus « made in China, mais « made in France » seront brevetées et devraient être commercialisées dès la rentrée 2019.

 Cette délocalisation sera accompagnée de la création de quelques emplois.

 Cette relocalisation n’est pas la seule à intervenir. Les usines reviennent en France.

 Phénomène nouveau en effet depuis début 2017 : il se crée plus d’usines dans l’Hexagone qu’il n’en disparaît.

 Cent vingt-cinq ouvertures de sites industriels ont été enregistrées en 2017, selon le cabinet Trendeo, contre 100 fermetures.

L’année 2018 devrait être de la même eau.

 Au final, l’amélioration du tissu industriel français se confirme, même si elle reste timide.

530 000 salariés perdus dans l’industrie en dix ans

La France compte toujours près de 600 usines de moins qu’au début de la crise en 2008. Entre 2006 et 2015, selon l’Insee, l’industrie manufacturière française a perdu 27 300 établissements (- 18 %) et 530 000 salariés (- 16 %) !

 Cette situation est-elle en train de s’inverser ? Sans doute. En tout cas, la création à Lyon du plus grand salon de l’industrie que l’on ait jamais vu à Lyon-Eurexpo constitue bien un signe fort accompagnant ce retour de l’industrie.

Les mesures prises par le pouvoir politique pour favoriser l’investissement industriel, expliquent pour une part cette tendance. Mais celle-ci s’appuie aussi sur la transformation numérique et ce que l’on appelle l’usine 4.0, entièrement connectée qui permet des gains de productivité important.

Un gain de productivité de 40 % à St-Vulbas

Exemple : celle qu’a inauguré en début d’année 2018, à Saint-Vulbas dans l’Ain, Guy Chifflot, Pdg d’Orapi, belle société cotée en Bourse, spécialisée dans les produits de nettoyage : un millier de références sortent chaque année de cette usine high tech.

 Le Pdg d’Orapi en attend après une -longue- période de rodage un gain de productivité de l’ordre de 40 % !

Pas d’angélisme cependant : la transition numérique, même si elle est payante, est complexe et ardue.

A entendre Guy Chifflot expliquer comment il est passé « du tracteur à la Formule 1 », n’est pas un chemin de rose, même si désormais la transformation numérique est la condition sine qua non de la relance de notre industrie.

Seul bémol : malgré le retour des usines, l’emploi industriel stagne car les nouvelles usines créent nettement moins d’emplois que les précédentes, mais au moins elles créent de la richesse, de l’export, de la valeur ajoutée et de nombreux emplois en amont.

Certains chefs d’entreprise rêvaient il y a peu encore d’un modèle « fabless » (sans usine). Ils se trompaient lourdement. Notre économie a besoin pour se développer d’un solide socle industriel.