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Les professionnels s’y attendaient. Nous y sommes. La construction neuve a connu au cours du premier trimestre un ralentissement. Voire même un sérieux coup de frein dans le Grand Lyon.

Selon les données statistiques collectées par le Groupe lyonnais Adequation (*) avec 992 ventes au cours du premier trimestre 2011, le recul s’établit à 47 % par rapport au dernier trimestre de 2010 et à 35 % par rapport au même trimestre de 2010.

On pourrait y voir une baisse technique après une année 2010 extrêmement active en matière de construction neuve : il s’agirait donc d’une pause. On peut également mettre ce fort recul sur le compte des évolutions qu’a connu le dispositif Scellier à destination des investisseurs et qui auraient freiné leurs ardeurs.

Si cette analyse était exacte, on retrouverait cette même chute de la construction neuve dans toute les villes de France. Or, il apparaît, toujours selon les données nationales d’Adéquation, que le recul est plus net à Lyon qu’ailleurs.

L’explication, alors est simplissime : avec des prix moyens ayant désormais dépassé les 4 000 euros au M2 à Lyon, Villeurbanne et Caluire, le prix du neuf est désormais pour une bonne part hors des capacités financières des acquéreurs. Et non seulement de celles des ventes à occupants, mais également celles opérées par les investisseurs qui chutent dans la même proportion. Deux éléments aggravants se sont ajoutés : la hausse progressive des taux de crédit immobilier depuis quelques mois et…les retombées du Grenelle de l’Environnement.

Certes, on ne peut que se féliciter que toutes -absolument toutes- les nouvelles constructions neuves sorties de terre au cours du premier trimestre 2010 soient BBC (Bâtiment Basse Consommation), avant même l’obligation légale qui doit intervenir le 1er janvier 2012. Mais, de l’autre, cette bonne disposition des promoteurs en direction du développement durable arrive au mauvais moment, en ajoutant un coût supplémentaire à la construction neuve évalué à près de 300 euros le m2…

Comment alors relancer la construction neuve ? L’une des raisons du déséquilibre de ce marché, selon les responsables d’Adéquation, tient à l’insuffisance d’action des collectivités, à commencer par le Grand Lyon. 14 % seulement des opérations bénéficient de cette aide au foncier, dans l’agglomération lyonnaise, contre 25 % pour des villes les plus actives à la matière.

« A ce niveau là, on peut avoir une vraie régulation qui dépend de la volonté politique », explique Laurent Escobar, directeur d’Adequation. En clair : le Grand Lyon qui durant de longues années était plutôt en avance en matière d’actions en faveur d’accessibilité immobilière, s’est endormi sur ses lauriers.

Toujours, selon Adequation, pour répondre aux besoins, il faudrait que l’offre se développe de manière importante dans l’Est lyonnais où les prix à 3 250 euros le m2, restent encore abordables. Mais pour ce faire et rendre l’Est attractif, il faudrait mettre en place, comme on l’a fait à Vaulx-en-Velin (cf. le quartier de la Soie, avec ses centres commerciaux, son cinéma, ses transports en commun), toutes les infrastructures nécessaires aptes à attirer les acquéreurs.

On l’aura compris, ces chiffres sonnent comme un avertissement : si Lyon veut continuer à développer un habitat neuf abordable, il va falloir que les collectivités mettent en œuvre de nouvelles politiques, autrement plus hardies que celles en vigueur actuellement.

(*) Comptant dix-sept enquêteurs, la société lyonnaise Adequation est spécialisée dans la maîtrise d’œuvre d’Observatoirse immobiliers, la publication de conjonctures immobilières et de conseil aux promoteurs.

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