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Qwant : attendez-vous à entendre ce mot de plus en plus souvent à l’avenir.
Ce moteur de recherche français s’affiche comme l’anti-Google. Son credo : la défense de votre vie privée, donc pas d’exploitation de vos données par quiconque.

” Traiter les utilisateurs comme des citoyens “

Son modèle est en effet très différent de celui de la firme de Montain View en Californie, c’est-à-dire le respect de la vie privé des Internautes en ne traçant pas ses utilisateurs. Un argument qui fait mouche.
Dans un entretien au JDD (*), Eric Léandri, le président de Qwant se félicitait ainsi de « traiter les utilisateurs comme des citoyens ».

«Aux États-Unis, ils sont considérés comme des consommateurs », avait-il commenté. Et ce, avant d’ajouter :  « Il n’y a qu’en Europe qu’on peut fabriquer un produit qui respecte l’anonymat des internautes, un droit rappelé à l’article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ».

Créé par Eric Léandri, Qwant est né en 2013 en France, se proposant dès sa naissance comme « le » moteur de recherche européen sur Internet.

Il vient de franchir un cap, en s’alliant avec un autre géant, Microsoft bien content de contrer Google. Une sacré reconnaissance.
Il s’agit d’un partenariat au terme duquel Qwant « fera partie des options préremplies dans les prochaines versions du navigateur Edge ». Edge est le dernier né des navigateurs intégrés à Windows 10, le système d’exploitation de Microsoft, un navigateur téléchargeable sur PC, Mac et mobiles.

Pour le moteur de recherche français, c’est la porte ouverte sur, potentiellement, 90 % des ordinateurs, tablettes et mobiles de la planète.

Pour aider Qwant dans cette montée en puissance, Microsoft va mettre à sa disposition la puissance de calcul additionnelle de son cloud (Azur) et les algorithmiques de recherche de son moteur, Bing.

Eric Leandri, le président de Qwant, défend cet accord qui va donner au moteur de recherche « la puissance » qui lui manquait, grâce aux serveurs de Microsoft.

Pour le patron du groupe français, lors d’une interview sur France Info, « Quand vous cherchez sur Qwant, vous arrivez sur nos serveurs, et pas chez Microsoft  Que voit Microsoft de vous ? Rien ! »

Résultat : Qwant  réalise désormais 20 % de croissance par mois depuis septembre.
Il faut dire que le moteur de recherche frenchie engrange les clients à grande vitesse.

L’administration vient de basculer sur Qwant les millions de fonctionnaires.

Cédric O, Secrétaire d’Etat au Numérique, a en effet annoncé récemment qu’une circulaire sera bientôt adressée à chaque direction des systèmes informatiques de l’Etat et de l’administration pour les inviter à installer Qwant sur tous les appareils et à en faire le moteur de recherche par défaut (les utilisateurs pouvant en choisir un autre).
Ce n’est pas une surprise : lorsqu’il était ministre de l’Economie, Emmanuel Macron avait fortement appuyé le démarrage du moteur de recherche tricolore.

La BNP  est en train de faire migrer 110 000 salariés sur Qwant.

Crédit Agricole, Caisse d’Epargne, Safran, Thales : des dizaines d’entreprises sont en train de basculer vers Qwant.

5 à 6 % de part de marché

Ce qui amène Eric Léandri à assurer posséder désormais une part de marché de 5 % à 6 % du marché français, ce qui n’est pas mince.

Qwant apparaît bien comme un outsider de plus en plus sérieux. Et il y a fort à parier que son principal argumentaire, le respect de la vie privé et la neutralité des résultats va  lui permettre de continuer  à l’avenir à marquer des points.

Ce qui montre au passage que la France a la possibilité de créer ses propres GAFA, à condition de ne pas baisser les bras. Et d’y croire !

Enfin, dernière grande vertu de Qwant : il s’engage à montrer l’exemple en reversant à la presse 5 % de ses revenus publicitaires au titre des droits voisins…

(*) Le 11 mai 2019.