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La Banque de France Auvergne-Rhône-Alpes dans sa dernière note de conjoncture fait preuve d’optimisme. Celui-ci est confirmé par l’Insee qui pronostique de son côté une croissance de 0,4 % au premier et au deuxième trimestre 2019.

C’est bien simple, la France fait mieux que ses voisins, Allemagne comprise. L’Union Européenne devrait, elle, progresser de 0,3 %. Un Hexagone qui caracole devant la zone euro, c’est rare, cela ne s’était pas produit depuis 2012.

 Un résultat surprenant, alors que samedi après samedi, les Gilets Jaunes préemptent l’actualité jetant sur le pays une image de crise et de lassitude.

 Mais c’est justement à cause de ces mêmes Gilets Jaunes que la France réalise ces relatifs bons score.

 D’après l’Insee, l’impact économique négatif des Gilets Jaunes ne s’établit qu’à 0,1 %. Mais les 10 milliards d’euros qu’Emmanuel Macron a injecté dans le pouvoir d’achat des Français en réponse aux Gilets Jaunes semble bien porter ses fruits. Destiné aux plus démunis, ils seront intégralement consommés, boostant la consommation.

 Si l’on ajoute la prime dite Macron distribuée par les entreprises, dénuée d’impôts et de taxes, on peut rajouter un milliard d’euros supplémentaires.

 A l’arrivée, à la fin de cette année, la croissance française dans une économie mondiale en décélération pourrait atteindre 1,3 %, contre 1 % pour l’ensemble de la zone euro.

 Certes, pas de quoi sauter au plafond, mais des perspectives qui devraient tout-de-même permettre la lente poursuite d’un reflux du chômage.

Chômage structurel ?

Sans préjuger des mesures qu’Emmanuel Macron prendra en réponse au grand Débat National, cette toute relative embellie va-t-elle perdurer, une fois les 10 milliards d’euros consommés dans la chaudière de la locomotive économique ?

 Telle est la question qu’on peut désormais se poser.

 D’autant que les difficultés d’embauches que rencontrent les entreprises dans tous les secteurs pourraient bien illustrer le fait que, modèle français oblige, nous sommes peut-être, avec 8,8 % de taux de chômage dans l’Hexagone et 7,9 % en Auvergne-Rhône-Alpes, entrés dans le chômage structurel qu’il va être bien difficile de faire baisser beaucoup plus.

 D’autre part, cette relance de la consommation par l’effet Gilets Jaunes pourrait bien aussi plus booster les importations que les exportations, accentuant encore le déficit de notre commerce extérieur. Et ce, pour cause de désindustrialisation de notre pays qui est de moins en moins capable de répondre à la demande intérieure. La courbe est sans doute en train d’être inversée, mais nous partons de fort bas.

 Bref, le jeu reste ouvert. Le président et le gouvernement vont devoir jouer serré pour que cette relative embellie économique ne soit pas qu’un feu de paille.

 A moins que les réformes instillées depuis le début du quinquennat finissent par produire leurs effets, ce qui serait là encore une surprise, mais il est encore beaucoup trop tôt pour s’en assurer…