La folle envolée de l’apprentissage en Auvergne-Rhône-Alpes pourrait bien nous mener vers le plein emploi
C’est une révolution silencieuse dont on parle peu et pourtant…
Comme souvent, les chiffres économiques d’Auvergne-Rhône-Alpes, accentuent les chiffres nationaux. C’est le cas, par exemple pour la croissance de l’industrie. C’est surtout le cas pour les chiffres de l’apprentissage dont la croissance n’a jamais été aussi élevée depuis qu’ils existent.
Cela faisait de nombreuses années, voire des décennies que chaque année les discours volontaristes des hommes politiques se heurtaient à une dure réalité : affublé d’une mauvaise image, l’apprentissage stagnait dans la région.
On se fixait l’objectif de 50 000 apprentis par an ; un objectif que, comme la Sœur Anne du conte de Perrault, on ne voyait jamais venir…
Puis arrivèrent les mesures gouvernementales en faveur de l’apprentissage votées et mises en œuvre en 2018 par Muriel Pénicaud, ministre du travail : avec un résultat si rapide qu’il étonna même ses thuriféraires !
59 000 apprentis en 2020, 81 000 en 2021
Rêvée depuis des lustres, la barre des 48 000 apprentis en 2019 dans la région a été largement enfoncée en 2020 pour passer à 59 000 apprentis (*). Pour franchir ensuite un nouveau cap en 2021 avec un peu plus de 81 000 apprentis au compteur !
Une donnée explique cette forte hausse. D’une année sur l’autre, le nombre de sites de formation d’apprentis (CFA) a bondi de 153 (en 2020) à 242 (en 2021). Tandis que tous statuts confondus, le nombre de sites de formation accueillant également des apprentis s’envolait de 468 à… 753. Et ce n’est pas fini…
On sait en effet que le gouvernement a déverrouillé la possibilité pour les entreprises ou les groupements d’entreprises de créer leur propre site de formation, ce qu’elles n’ont pas manqué de faire, à l’instar du projet de CFA de la Gastronomie au château de Lacroix-Laval dans le Rhône, porté par toute une profession : il devrait ouvrir en septembre 2022.
A cette aune, la barre des 100 000 apprentis formés en 2022 ou 2023, n’est plus une utopie !
Pourquoi ce développement TGV de l’apprentissage multiplié par 2,5 en un quinquennat, est-il important ?
D’abord parce qu’il illustre un changement profond d’image. L’apprentissage était tant par les élèves que les familles perçu comme une voie de garage. Il est désormais vu comme une voie royale pour accéder à l’emploi que l’on soit artisan ou ingénieur.
Ensuite, il existe une autre certitude : la réindustrialisation de notre pays et partant d’Auvergne-Rhône-Alpes, première région industrielle de France, passe obligatoirement par le développement de l’apprentissage, seul à même de répondre aux importantes pénuries de compétences du secteur et former des jeunes véritablement en lien avec les besoins des entreprises.
60 % de taux d’emploi
Il constitue enfin l’un des principaux vecteurs qui puisse mener notre pays vers le plein emploi, objectif figurant dans le programme du candidat-président Macron.
Et c’est possible : avec son taux d’emploi de 60 % au bout de six mois, l’apprentissage représente la meilleure arme pour lutter contre le chômage des jeunes, jamais aussi bas depuis vingt ans, actuellement ; et permettre de se diriger enfin vers le plein emploi qui pourrait lui aussi ne plus constituer une utopie…
Photo-Apprentissage : pour lutter contre la pénurie de formations existantes et donc de techniciens, Fnac Darty a ouvert une classe dédiée à Lyon.
(*) Source : CCI régionale Auvergne-Rhône-Alpes