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La ministre des transports, Elisabeth Borne qui a réuni mardi 11 septembre le conseil d’orientation des infrastructures n’a en effet une nouvelle fois pas pipé mot, contre toute attente sur l’A45, Lyon/Saint-Etienne, l’autoroute qui doit doubler l’actuelle A 47 sur-saturée.

Un mauvais signe. Cette réunion avait pour but de présenter les priorités du gouvernement pour la programmation des investissements de transports.

Cela signifie qu’au sein du gouvernement, les arbitrages ne sont pas encore rendus et que les oppositions sont vives.

Ce qui a naturellement pour effet d’accentuer la pression du côté des pro-A45, comme des anti-A45.

Parmi les premiers, la figure de proue est Emmanuel Imberton, président de la CCI Lyon-métropole Saint-Etienne Roanne dont la juridiction est directement concernée.

Pour lui, « Le sort de l’A45 est toujours en suspens, alors même qu’il s’agit d’une infrastructure totalement conforme aux ambitions du gouvernement afin d’améliorer les transports du quotidien tout en répondant aux enjeux environnementaux, de décongestion, de sécurité routière et de désenclavement. »

Un Plan B ?

Et d’ajouter : « Aucune alternative n’est crédible, elles ont toutes été étudiées. Il n’existe donc pas de plan B ! »

Sauf que le préfet de région est en train de travailler justement sur un tel Plan B !

Il avait déjà organisé une réunion cet été boycottée par Emmanuel Imberton et Laurent Wauquiez et a si l’on ose dire remis le couvert sur les alternatives possibles à l’A45, vendredi 14 septembre, ce qui fait fulminer les pros-A 45.

Sentant avoir le vent en poupe, les anti-A 45 font aussi flèche de tout bois.

La coordination des opposants à l’A45 s’est donc rendue à cette réunion, ou plus précisément devant la préfecture du Rhône, pendant qu’à l’intérieur était organisée ladite réunion portant sur les alternatives au projet d’autoroute et sur le réaménagement des infrastructures existantes.

Pour la coordination : «  Tenues en catimini et derrières portes closes, ces réunions tiennent à l’écart toutes celles et tous ceux qui, habitant, vivant et/ou travaillant sur les territoires concernés, ont des propositions à faire : aucune association se mobilisant de longues dates sur les problématiques de transport, aucune association de protection de la biodiversité, aucune structure luttant contre l’artificialisation des terres, aucun représentant.e de la mobilisation contre l’A45 n’est invité ».

 La coordination demande l’abandon définitif du projet A45, mais aussi, que les débats sur les alternatives soient publics.

La prochaine étape concerne une rencontre de la ministre Elisabeth Borne, avec les présidents de Régions, dont Laurent Wauquiez, président d’Auvergne Rhône-Alpes, pour déterminer les projets prioritaires dans chacune des régions.

On sait que le président à la parka rouge qui a fait voter à la région une participation au projet de 116 millions d’euros, mettra une nouvelle fois en avant l’A 45 et la nécessité de sa construction pour l’économie régionale.

Nouvelle manifestation des anti-A45, le 22 septembre

Cela sera-t-il suffisant ? Pas sûr, notamment après le départ du ministère de Nicolas Hulot marquant la nécessité d’une inflexion concernant les grandes infrastructures.

D’autant plus que les élus craignent l’émergence d’une ZAD si le chantier voit le jour : au plus fort la mobilisation des anti-A45, a réussi à mobiliser près de dix mille personnes.

Une nouvelle grande manifestation de la coordination anti-A45 est prévue sur le tracé, à La Talaudière dans la Loire, le 22 septembre. Une manifestation qui devrait être d’ampleur.

Il est vrai que plus le gouvernement tergiverse, plus le temps joue contre la construction de ce ruban de bitume, objet de tous les déchirements.