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Une grande banderole « Lyon French Tech » déployée mercredi 12 novembre sur les façades de l’Hôtel de ville de Lyon : telle est la spectaculaire image médiatique qui restera de la labellisation obtenue de haute lutte à Lyon

Au Grand Lyon, au sein de la « Cuisine du Web », les deux principaux protagonistes de la labellisation ont sablé le champagne.

Mais si l’on veut relativiser les choses : ce fut également le cas dans huit autres villes de l’Hexagone : outre Lyon, Aix-Marseille, Bordeaux, Lille, Nantes, Montpellier, Rennes et Toulouse…

Saint-Etienne recalé ; Annecy a calé

La région Rhône-Alpes a été celle qui a connu le plus grand nombre de candidats. Outre celle de Lyon, la candidature de « Digital Grenoble » a aussi bénéficié d’une décision favorable. Pas celle de Saint-Etienne.

Annecy qui avait monté un dossier, a décidé de ne pas le déposer pour le 1er tour, avec l’accord de la mission French Tech. Une fois peaufiné, il devrait être envoyé au ministère à la fin du mois de novembre pour un deuxième tour.

Faut-il se plaindre, comme le souhaitait le Conseil régional qu’il n’y ait pas eu une seule candidature régionale ? Sans doute pas. Chacune de ces mobilisations étant locales et non régionales, il n’aurait pas été bon de diluer le mouvement.

Reste qu’un constat apparaît à l’heure du bilan : les quatre métropoles de Rhône-Alpes sont archi-complémentaires en matière numérique et non concurrentes. Et ceci est une excellente nouvelle pour l’avenir et un atout supplémentaire. A condition que des ponts se tissent entre les unes et les autres.

Une dynamique qui n’est pas prête de s’arrêter, s’est enclenchée

Quel bilan tirer après l’attribution de ce label qui a suscité tant d’émulation ?

D’abord que son rôle premier a été d’enclencher une vraie dynamique dans toutes les métropoles ayant concouru.

Si l’on prend le cas spécifique de Lyon, il a permis à l’ensemble de l’écosystème numérique lyonnais, deuxième pôle numérique français avec 7 000 entreprises et 42 000 emplois de se mettre en ordre de marche.

Le succès il y a quelques jours du Blend Web Mix (+ 70 % de fréquentation par rapport à la première édition), plus grand salon francophone du Web, n’aurait sans doute pas été aussi important sans ce catalyseur.

Le projet de « lieu totem numérique », une des contraintes imposée dans le dossier French Tech, n’aurait sans doute pas abouti aussi vite à Lyon, sans French Tech.

Ce « lieu totem » sera situé, on le sait, à la Halle Girard dans le quartier Confluence qui, sur 3 000 m2, servira de vitrine à l’ensemble de l’écosystème numérique. Il est programmé pour fin 2016. Avec peut-être d’ici là « un lieu totem » provisoire.

Pour une fois, ce n’est pas l’argent qui a servi de catalyseur : la labellisation French Tech n’est accompagnée que de 200 millions d’euros. A partager entre neuf métropoles : une goutte d’eau.

 Un troisième pilier économique aux côtés de la chimie-environnement et la santé

A Lyon, l’un des premiers bénéficiaires sera tout de même l’accélérateur privé de start-up Axeleo et quelques autres structures de la même eau : quelques millions supplémentaires qui feront du bien, mais ne changeront pas la face des choses.

 En fait, le plus grand bénéfice de cette labellisation est cette dynamique qui à la surprise de beaucoup s’est mise en place et qui semble bien partie pour perdurer.

 Discret, dans l’ombre jusqu’à présent, au côté des deux grands secteurs économiques que sont la santé et la chimie-environnement, un troisième pilier du développement économique est apparu au grand jour à Lyon en quelques mois : le numérique.

Il suffit de lister les projets en cours qui ne doivent rien aux concours publics pour s’en convaincre : la création annoncée d’une grande pépinière numérique en sus de celles existant actuellement, « la Marmite du Web » ; la candidature de Lyon pour la deuxième fois pour l’organisation prochaine du congrès mondial du Web, WWW ; cent nouvelles start-up présentes chaque année dans un dispositif d’accélération d’ici trois ans ; quinze nouveaux “tech champions”présents à l’international d’ici dix ans ; l’arrivée annoncée à Lyon du Mass Challenge dont Lyon sera la tête de pont pour l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord, etc.

« Le numérique doit constituer un pôle d’excellence pointu, pour gagner au rang mondial, à l’image des pôles de compétitivité qui ont réussi, pas ceux qui sont restés cantonnés dans l’aménagement du territoire », a lancé Gérard Collomb lors de la cérémonie de clôture du Blend Web Mix.

Exact, mais il faut bien avoir conscience que désormais tout reste à faire…