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Il suffisait de se rendre dimanche 13 mars au salon Primevère organisé à Lyon-Eurexpo par la mouvance écologiste pour constater que le débat sur le nucléaire est fortement relancé par l’accident majeur que connaît le Japon entraîné dans une situation incontrôlable. On y était accueilli par une grande pancarte évoquant un nouveauTchernobyl.

C’est évident et une bonne chose : vu l’ampleur du drame et l’émotion qu’il suscite sur toute la planète, on n’échappera pas à un débat de grande ampleur sur l’avenir du nucléaire et plus largement, de nos choix énergétiques en France.

Rien d’étonnant non plus si ce débat qui a commencé s’annonce en Rhône-Alpes plus vif qu’ailleurs.

Avec quatre centrales (Le Bugey, le Tricastin, Saint-Alban et Cruas, âge moyen, 25 ans) et quatorze réacteurs sur les cinquante-neuf répertoriés en France, la région est la plus nucléarisée de l’Hexagone. Près du quart de la production d’électricité nucléaire française (très précisément t 22 %) est produite en Rhône-Alpes. Or, c’est également dans le quart SudEest de la France que le risque d’un tremblement de terre est le plus élevé ! Rhône-Alpes est classée pour sa majeure partie en risque « modéré » ou « moyen », deux des quatre centrales sont situées non loin de failles.

La région est, selon les spécialistes, exposée à des séismes pouvant atteindre une magnitude 6 sur l’échelel de Richter. Sur le papier, statistiquement, un tel tremblement de terre, se produit une fois tous les 300 ans. Mais les statistiques nous disent aussi que ce peut être demain comme dans 150 ans.

Même si contrairement aux centrales de Fessenheim en Alsace ou du Blayais en Gironde, les centrales rhônalpines n’ont pas connu d’incidents grave au cours de leur histoire, le drame japonais va provoquer une indéniable onde de choc.

Que nous dit le drame de Fukushima ? Que les ingénieurs japonais avait envisagé le pire des scénarios à leur vue, avec un tsunami de 7 mètres de hauteur contre lequel elle était censée être protégée, mais ils avaient oublié l’inimaginable. Or, avec un tremblement de terre de 9,1 sur l’échelle de Richter et un tsunami suscitant une vague de plus de dix mètres de hauteur, c’est bien l’inimaginable qui a provoqué les scènes de cauchemar que nous voyons depuis plsu d’une semaine.

Cela signifie donc qu’il va falloir penser et prévoir l’inimaginable pour nos centrales. Par exemple un tsunami sur le Rhône : l’hypothèse qu’un des douze barrages de la CNR cède et qu’une vague balaie les rives et les centrales nucléaires situées le long du Rhône. Ou qu’un tremblement de terre dépasse les 6 degré de l’achelle de Richter maximum annoncés. Que sait-on vraiment de ce qui se passe dans les tréfonds de notre planète ? Ce n’est pas la première fois que l’on verrait des spécialistes se tromper.

Si son avenir n’est pas définitivement obéré, le nucléaire ne pourra perdurer désormais qu’avec la confiance de la population. Il faut qu’une véritable transparence soit de mise et que les débats soient sans tabous.

Si la France, à l’intiative du Général De Gaulle, a pu devenir le premier pays au monde pour le nombre de centrales nucléaires rapporté au nombre d’habitants, la raison tient au consensus pro-nucléaire qui à droite comme à gauche a été de mise ; mais il faut bien reconnaître que l’avis des citoyens a été quelque peu mis sous le boisseau. C’est à cette époque qu’il aurait fallu réaliser un réferendum sur les choix énergétiques de la France. Et il n’est pas dit d’ailleurs qu’à tout coup, la réponse aurait été négative.

Fukushima va nous obliger à repenser profondément notre approche du nucléaire. Cela ne signifie pas qu’il faille immédiatement fermer toutes les centrales, mais à tout le moins incorporer l’inimaginable dans la réflexion pour pouvoir y parer. Pour rendre nos centrales encore plus sûres et à l’abri de tout événement totalement inattendu. De manière maximale pour le moins, car désormais on le sait, avec le nucléaire, le risque zéro n’existe pas.

Dessin : Friandart