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Peu d’économistes, sauf un, Patrick Arthus, le chef économiste de Natixis mettent l’accent sur la notion de taux d’emploi, la fraction de la population en âge de travailler qui a un emploi. Elle est pourtant cruciale pour expliquer la crise dans laquelle nous sommes englués, car précise-t-il : le taux d’emploi est corrélé au pouvoir d’achat. Et elle désigne aussi la manière d’en sortir par le haut : par le développement des compétences.

 On le sait, Lyon-entreprises l’a évoqué à de nombreuses reprises : les entreprises françaises ont du mal à trouver les compétences dont elles ont besoin.

 Nous avons un lourd chômage, mais en face, faute des compétences adéquates, pas un nombre suffisant de candidats à mettre en face de ces emplois vacants.

 Et ce, pas seulement dans l’informatique où le phénomène est le plus criant, mais dans l’industrie, le commerce, les services à la personne, les services tout court, etc. Près d’une PME sur deux a du mal à trouver les compétences dont elle a besoin.

 Actuellement la France compte 65 % d’actifs au travail. L’Allemagne et les pays d’Europe les plus dynamiques, 75 % !

 Si nous avions ce taux de 75 % dans l’Hexagone, 10 % de plus, donc, nous n’aurions plus de chômage de masse, la balance commerciale et les comptes publics seraient dans le vert, de même que les retraites, la Sécu. Nous n’accumulerions plus, année après année, une dette publique grandissante qui, rappelons-le est en train de dépasser les 100 % de la richesse nationale. Cela risque d’être très douloureux lorsque les taux vont remonter. La nasse se refermera, alors. Ouille !

 La faiblesse hexagonale de ce taux d’emploi, 65 %, donc, tient à la grande faillite de notre système éducatif, de notre système de formation, il faut bien appeler un chat, un chat.

 Le système est lourd, met un temps fou à se réformer, à évoluer et pendant ce temps là, l’économie ne cesse d’évoluer, de bouger, de créer de nouvelles compétences.

17 % des jeunes sans aucune compétence

 Songez que 17 % des jeunes Français n’ont pas d’emploi, pas de formation et donc aucune compétence. A l’heure où les robots remplacent de plus en plus les tâches basiques, ils vont devenir les laissés-pour compte de notre société. Intolérable !

 C’est la raison pour laquelle le gouvernement a, l’année dernière, a dans la douleur profondément réformé la formation professionnelle. Une réforme cruciale qui va dans le bon sens et que l’on a un peu oublié parmi toutes les réformes lancées, mais vu la lenteur des procédures, celle-ci ne commencera à être mise en œuvre que cette année. Et il faudra du temps pour que ses effets se fassent sentir…

 Déjà cependant, quelques signaux apparaissent : pour la première fois depuis longtemps, le nombre d’apprentis qui avait tendance à baisser, a augmenté-un peu-à nouveau l’année dernière. Un frémissement.

 Seuls 7 % des jeunes de 16 à 25 ans sont en apprentissage en France. C’est deux fois moins qu’en Allemagne (15 %).

32 milliards d’euros

 On consacre pourtant 32 milliards d’euros à la formation professionnelle et à l’apprentissage en France : cherchez l’erreur !

 C’est à un gigantesque effort en la matière auquel il faut se livrer, vu le retard pris.

 Il faudrait que les actions s’accentuent à tous les niveaux pour augmenter ce taux d’emploi, un paramètre crucial qui nous aidera à sortir de l’ornière.

 Nous aurons alors un gâteau plus important à distribuer. Car, même si politiquement ils étaient nécessaire les 10 milliards mis sur la table par Emmanuel Macron, suite à la crise des Gilets Jaunes, ceux-ci seront de facto, une nouvelle fois payés par l’impôt.

 Suite à l’impéritie des gouvernements successifs dans ce domaine, c’est sûr, nous sommes arrivés au bout d’un système qui ne peut plus continuer ! Et la ligne jaune, ce sont justement les Gilets Jaunes…

 Une pierre à rajouter au grand débat national…