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Il avait été à l’origine du GPTL : le Lyonnais Gilles Moretton prend la tête de la Fédération Française de Tennis

Le Lyonnais Gilles Moretton, 63 ans, leader de la liste « Ensemble pour un autre tennis », est devenu le quatorzième président de la fédération française de tennis. Avec 61,2 % des voix, il succède à Bernard Giudicelli, son adversaire durant cette campagne. Et adversaire n’est pas un vain mot car la campagne a été tendue. Les deux hommes ne s’apprécient pas.

Quatorzième président de l’histoire de la FFT, Moretton est aussi le quatrième ancien joueur accéder à cette fonction, après René Lacoste, Marcel Bernard et Philippe Chatrier auquel il a rendu hommage dans son premier discours de président.

Son succès, il le doit à son programme et à sa volonté de mettre en place une “nouvelle gouvernance”, de “modifier les statuts pour mettre fin à la parole unique” au sein du comité de direction, de proposer des “mini-référendums auprès des clubs au moins trois fois par an” sur des sujets aussi divers que le format des interclubs ou la réforme de la licence. Bref, dans sa campagne très active, il a promis de changer en profondeur la FFT.

Il a également pointé du doigt le passif de l’ancien président, pointant du doigt le fait que le nombre de licenciés jouant au tennis a chuté de manière continue depuis 2012, passant de 1,12 million à 950 000. Une situation sans doute encore accentuée avec le Covid-19.

Gilles Moretton était soutenu par ses homologues de Provence-Alpes-Côte-D’azur, d’Occitanie, de Bourgogne-France-Comté, du Grand Est et d’Île-de-France, et bien sûr de la ligue Auvergne Rhône-Alpes de tennis dont il était président.

Ancien joueur de tennis, Gilles Moretton n’a pas tutoyé les sommets comme certains grands joueurs français,. Il a toutefois connu un pic de 65ème mondial et un 8ème de finale à Roland-Garros face au mastodonte Björn Borg.

De 1978 et 1983, Gilles Moretton est entré à dix reprises dans le tableau final de Grand-Chelems, principalement à Roland-Garros. Mais une seule fois il est parvenu à franchir les trois premiers tours. Lors de son deuxième Roland Garros en 1979, Gilles Moretton atteint son meilleur résultat en accédant aux seizièmes de finale ; et ce, face au mur Björn Borg: le tenant du titre et déjà triple vainqueur à Paris.

Si l’affaire est conclue en trois sets (7-5, 6-4, 6-2), le Français se débat férocement lors de la première manche avant de finalement rendre les armes, comme beaucoup. Borg remportera cette année-là le quatrième de ses six titres à Paris…

Gilles Moretton a aussi été de 1977 à 1984, membre de l’équipe de France en Coupe Davis.

Le tournant du sport business

Le nouveau président de la FFT a pris sa retraite sportive, très tôt, à seulement 26 ans.

Et ce, pour d’abord mener alors une carrière de chef d’entreprise axée sur le sport, l’événementiel et le marketing en créant sa société GMO, Gilles Moretton Organisation, spécialisée dans l’organisation de tournois sportifs.

Ce qui l’a donc amené à créer, développer et diriger le Grand Prix de Tennis de Lyon (GPTL), un tournoi ATP, qui se déroulait au Palais des Sports de Lyon-Gerland, attirant alors à Lyon la crème des joueurs et sponsorisé par les plus grandes entreprises. Un vrai succès.

Lors du GPTL (Grand Prix de Tennis de Lyon)

Un succès d’ailleurs dû en partie à Yannick Noah, son vieux copain de dortoir de l’époque sport études, qui a remporté la première édition en 1987, lançant la manifestation sportive. Jusqu’à ce qu’il cède les commandes de sa société à Canal events, filiale de Canal + qui finit par le licencier, Gilles Moretton l’assignant alors aux Prudh’ommes.

Gilles Moretton est ensuite devenu président du directoire de l’Adecco ASVEL Basket en 2001.

Pendant treize ans, Gilles Moretton a dirigé le club aujourd’hui phare du basket français, avec qui il a remporté deux titres de champion de France en 2002 et 2009.  En mars 2014, il a revendu ses parts dans l’ASVEL à Tony Parker qui lui a succédé à la présidence.

Il a également racheté avec plusieurs investisseurs la chaîne Télé Lyon Métropole (TLM) en 2010, dont il a cédé la présidence cinq ans plus tard.

Il a enfin, au cours de carrière extra-sportive, été nommé directeur délégué de Sportfive, la société de marketing sportif du groupe Lagardère, poste qu’il a quitté en 2007.

Désireux de créer un tournoi de tennis féminin à Nice, il a connu l’échec et a dû vendre à la Belgique le tournoi qu’il avait acheté aux Etats-Unis.

Beaucoup de réussites donc dans cette carrière dont cette accession à la présidence de la FFT, mais aussi, telle est la vie du sport, comme du sport business, quelques échecs…

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