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Le président du directoire du papetier rhônalpin a été démis de ses fonctions par le fonds new-yorkais désormais majoritaire à son capital, First Eagle.

Il peut être dangereux pour le patron d’une grande entreprise familiale régionale de perdre la majorité du capital de son entreprise au profit d’un centre de décision situé à l’autre bout du monde.

C’est ce qui vient d’arriver à Philippe Leydier, président du directoire de la papeterie rhônalpine éponyme (330 millions d’euros, un millier de salariés) dont le siège social est basé à Oyonnax dans l’Ain.

Il a été démis de ses fonctions le 2 décembre dernier par First Eagle, le fonds de pension américain qui était entré au capital de la société familiale, avant de détenir, depuis deux ans, la majorité des actions avec près de 53 % des voix contre 47 % pour la famille fondatrice.

Philippe Leydier, 63 ans, avait prévu de se retirer à la fin de 2013.

« Honnêtement, je ne connais pas les motivations réelles qui ont poussé les Américains à me débarquer » a t-til confié à notre consœur des Echos en Rhône-Alpes, Marie-Annick Dépagneux. Avant d’ajouter sans acrimonie : « Je leur suis reconnaisant d’avoir réinjecté de l’argent en 2009 », en pleine crise car sans cela « l’entreprise ne serait plus là ».

Philippe Leydier est remplacé par Yves Herbaut, un ingénieur informaticien de 55 ans, entré dans le groupe en 1990 et actuel directeur général délégué.

C’est la première fois depuis sa création de Leydier en 1859 et d’Emin, en 1920, que l’entreprise n’est pas présidée par un représentant d’une des deux familles.

Photo (DR) : Philippe Leydier, ancien président du directoire du papetier rhônalpin Emin Leydier.