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L’actuel directeur de TLM, Jean-Pierre Vacher, a réalisé un très joli tour de table pour tenter d’emporter la mise lors de la vente de la chaîne locale par le Groupe Progrès et de lever 2 à 3 millions d’euros. Il a réussi à fédérer autour de sa candidature douze chefs d’entreprises lyonnais dont Alain Mérieux, Jean-Claude Lavorel, Roland Tchénio, Bruno Rousset ou Bruno Lacroix, pour les plus connus. Le projet vise l’équilibre de la chaîne à la fin 2012, par un savant cocktail de réduction des coûts et d’augmentation des recettes, tout en assurant un investissement de 850 000 euros sur trois ans car la chaîne ferait aussi évoluer son projet éditorial.

Quand la messe sera-t-elle dite ? Qui de Jean-Michel Aulas (OL TV), Bernard Krief Consulting ou de Jean-Pierre Vacher et de son tour de table va devenir le propriétaire de la chaîne Télé Lyon Métropole ? Le choix opéré par le vendeur, en l’occurrence le groupe de presse Le Progrès devait être connu fin février ou début mars. Rien pour l’instant n’a filtré. On évoque désormais la fin mars comme date butoir.

L’actuel directeur de la chaîne, Jean-Pierre Vacher a mis à profit ce laps de temps supplémentaire pour accentuer son lobbying en présentant les investisseurs qui l’accompagnent.

On y retrouve quelques unes des plus belles signatures du who’s who lyonnais : Alain Mérieux, à travers son holding familial, Institut Mérieux, Bruno Rousset, le Pdg d’April à travers sa société d’investissement Evolem, Roland Tchénio (Toupargel), Bruno Lacroix (Aldes), Jean-Claude Lavorel (LVL Médical), Christian Barqui, à travers sa société d’investissement, Jacques Gaillard, etc.

Douze chefs d’entreprises au total qui seront tous minoritaires au sein de la SA à créer, à condition bien sûr que ce soit le projet de Jean-Pierre Vacher, intitulé TLM 2015 qui l’emporte.

Ces douze chefs d’entreprise pèsent au total 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 12 000 salariés.

Pour Jean-Pierre Vacher, « Ces chefs d’entreprise n’ont pas adhéré à TLM 2015 les yeux fermés, mais sont les co-auteurs d’un véritable projet économique. » L’objectif fixé est, après avoir levé de 2 à 3 millions d’euros, d’atteindre l’équilibre à la fin de l’année 2012.

Par quel miracle, alors que cette société a, depuis sa création, toujours perdu de l’argent (une perte de 1,7 million d’euros en 2008 et de 1,4 million d’euros l’année dernière) et que la grande majorité des chaînes de TV locales françaises sont dans le rouge ?

Pour Jean-Pierre Vacher, ce retour à l’équilibre va d’abord passer par « un coup de frein sur les dépenses. » Il vise ainsi 900 000 euros de baisses de charge en trois ans. En réduisant d’abord le personnel (de 5 à 7 salariés) pour ramener les effectifs à 25 personnes. En profitant aussi de la fin de la diffusion analogique en 2011 pour diminuer les frais de diffusion « et en économisant sur les charges externes de la chaîne ».

Parallèlement, le projet TLM 2015 viser à faire rentrer « 700 000 euros supplémentaires dans les caisses en trois ans ». Un accroissement de ressources qui passera par des partenariats avec les collectivités locales et une augmentation des recettes commerciales classiques, notamment publicitaires. Jean-Pierre Vacher compte à cet égard « sur le fait que les chefs d’entreprise qui nous accompagnent seront aussi des apporteurs d’affaires ».

« Ce retour à l’équilibre n’a rien d’impossible-assure le directeur de TLM-pour preuve : nous avons réussi l’année dernière, en pleine crise, à augmenter nos recettes de 10 %. »

Mais c’est en fait un nouveau modèle éditorial que l’équipe de TLM resserrée mettrait en place, « plus proche d’une chaîne d’infos en continu, façon LCI locale. »

« Il s’agit d’opérer une rupture ou une re-création de TLM et de donner un nouvel élan à cette chaîne. Toute l’équipe est très motivée autour de ce projet », assure Jean-Pierre Vacher.

Ce projet a non seulement l’onction des douze chefs d’entreprises lyonnais qui investissent, mais aussi de l’ensemble de ses salariés. De bon augure, donc. Mais encore faut-il pour être mis en œuvre que ce projet, soit choisi par le vendeur, le Groupe Progrès parmi les trois offres en lice.

Photo (DL) : Au côté de Jean-Pierre Vacher, directeur de la chaîne (à gauche), Ludovic Bellin, secrétaire général de LVL Médical et Christian Barqui, de Barqui’Invest, une société d’investissement présente dans dix entreprises.