Saint-Exupéry : où l'on reparle de la liaison Lyon-New York...

Dominique Largeron

 Créée trois fois...supprimée trois fois, la ligne Lyon-New York est devenue une véritable Arlésienne. Pourtant Philippe Bernand, le patron de l'aéroport Lyon-Saint Exupéry est persuadé qu'une telle ligne qui manque cruellement à l'aéroport rhônalpin, verra le jour d'ici deux ans au plus tard. Il s'y emploie avec ses équipes. Il pense avoir tiré les leçons des échecs passés et compte sur les entreprises pour asseoir cette future ligne qu'il appelle de ses vœux...

Saint-Exupéry : où l'on reparle de la liaison Lyon-New York...

 Même si, plombé par Air France, le trafic de l'aéroport a reculé au premier trimestre 2014 de 1,7 %, l'arrivée fin 2012 de la ligne long-courrier Lyon-Dubaï a dopé les équipes de l'aéroport et en premier lieu le président du directoire, Philippe Bernand.

 Cette liaison dont le potentiel était estimé au départ à 80 000 passagers est une vraie réussite, à telle enseigne que la compagnie du Golfe met en ligne des avions de plus en plus gros, en attendant un hypothétique feu vert pour rendre cette liaison quotidienne : pour l'heure, elle n'est opérée que cinq jours par semaine.

New York : un potentiel de 160 000 passagers

 Enfin, une liaison long-courrier qui marche bien à Saint Exupéry ! Ce succès relance très fort l'hypothèse d'une nouvelle liaison intercontinentale : un Lyon-New York.

 Pour Philippe Bernand, son objectif n°1 en tant que patron de l'aéroport est de relancer cette ligne. « Lorsque nous avons travaillé avec Emirates sur le potentiel de trafic entre Lyon et Dubaï, il était évalué à 90 000 passagers. Lyon-New York, c'est 160 000 », s'exclame le chef de bord de l'aéroport régional.

 Lui et ses équipes ont d'abord longuement analysé les raisons de l'échec de la dernière liaison en date en direction de la Grosse Pomme, après deux autres tentatives avortées. Assurée par la compagnie américaine Delta Airlines, elle avait été lancée...en 2008. Donc, peu avant la crise des subprimes et la grande dépression qui a suivi. De nombreuses liaisons transatlantiques et non des moindres ont disparu dans la tourmente, le tout récent Lyon-New York ne pouvait qu'être sacrifié sur le champ d'honneur de la crise.

 Trois erreurs à ne pas renouveler

 Pour Philippe Bernand, il y a trois erreurs à ne pas renouveler pour qu'une telle liaison réussisse définitivement.

 Delta avait mis en ligne un avion datant un peu, au confort qui n'était pas optimal. « La clientèle internationale est très exigeante sur les standards de qualité. Dans les discussions que nous avons avec les compagnies potentielles, nous insistons sur ce critère », explique-t-il.

 Deuxième erreur : l'aéroport d'arrivée. La liaison se faisait avec l'aéroport JFK de New York. « Or c'est celui qui offre le moins de potentialités en termes de correspondances sur les Etats-Unis. La prochaine liaison avec New York se fera entre Saint Exupéry et l'aéroport de Newark », précise Philippe Bernand.

 Troisième erreur à ne pas renouveler : les horaires. « Le vol était mal positionné, il partait tôt de New York et arrivait à 6 heures du matin à Saint-Exupéry : cela était critiqué. »

 Il faut ajouter à cette liste, le peu d'empressement qu'avaient mis aussi les cadres et chefs d'entreprise de la région Rhône-Alpes à utiliser cette ligne, préférant notamment partir de Paris ou d'ailleurs.

 « Qu'une vraie solidarité se fasse jour avec le monde économique ! »

 Cette fois, il faudra qu'il en soit autrement. « Si on réussit à ouvrir cette ligne, il faudra qu'une vraie solidarité se fasse jour avec le monde économique ! », s'exclame Phlippe Bernand.

D'autant que dans le cadre concurrentiel actuel, « Je ne me fais pas d'illusion, beaucoup de compagnies essaieront de torpiller cette liaison en multipliant les tarifs discountés pour casser cette ligne », estime le patron de Saint-Ex.

 Et de lancer : « Il faudra que tout le monde joue le jeu ! »

 L'expérience depuis plus d'un an de la ligne Lyon-Dubaï d'Emirates montre qu'une telle solidarité est possible.

 Il ne reste plus qu'à créer le déclic avec la future compagnie qui pourrait être à nouveau Delta Airlines. Elle figure en tout cas dans la short list des possibles opérateurs de cette ligne.

 Il ne faut pas désespérer. Cela faisait huit ans que la direction de l'aéroport lyonnais essayait de convaincre sans succès Emirates de venir à Lyon quand la décision a été prise, suite à l'arrivée des A 380 d'Airbus au sein de la compagnie. Cela a libéré des avions de la taille voulue qui ont pu être mis sur cette ligne. Depuis, la direction d'Emirates déclare à qui veut l'entendre qu'elle est ravie d'avoir pris cette décision. Alors...

Publiée le 15 mai 2014 par LARGERON Dominique.
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