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Union sacrée autour de l'aéroport de Lyon-Saint Exupéry

Dominique LargeronUnion sacrée autour de l'aéroport de Lyon-Saint Exupéry

Le projet de privatisation de l'aéroport de Saint Exupéry continue de faire bouger les lignes.

En lançant son projet de privatisation des aéroports de province, le gouvernement ne s'attendait sans doute pas à susciter un tel intérêt et une telle bagarre avant même que la procédure ne soit ouverte. Il n'est pas un jour sans qu'un candidat ne fasse savoir qu'il est intéressé. A commencer par l'aéroport de Lyon Saint Exupéry qui devrait figurer parmi les premiers privatisables.

L'équation est simple : l'Etat qui possède 60 % du capital de l'aéroport au côté des collectivités locales et de la CCI de Lyon (25 %) veut céder sa part à travers un appel d'offres. Aéroport de paris (ADP) a été l'un des premiers à montrer un vif appétit pour l'aéroport régional, suivi d'opérateurs privés qui sont en train de développer des filiales dans ce domaine : Vinci, Véolia ou encore le canadien SNC Lavallin.

Réunie il y a quelques semaines pour évoquer le sujet, l'association qui rassemble les utilisateurs de l'aéroport ne s'est pas opposée à ADP, à condition qu'il s'engage sur son développement. Ses membres se sont fait taper sur les doigts par Philippe Grillot, le nouveau président de la CCI de Lyon, très en pointe sur ce sujet. Pour lui, pas question qu'un opérateur extérieur reprenne les rênes de l'aéroport car il ferait dans le sens de son intérêt, pas du tout de celui de Lyon et de la région Rhône-Alpes.

Il faut bien comprendre que l'aéroport constitue pour la CCI, mais aussi la plupart des décideurs, un atout stratégique de poids. Ils estiment qu'il est bien en-dessous de son potentiel et qu'il peut et doit se développer à marche forcée et notamment à l'international si Lyon et la région veulent maintenir leur rang. Saint-Exupéry est en effet bien loin en terme de trafic et de destinations de ses homologues de Barcelone ou de Genève, par exemple. Il est en outre-un vrai atout- un des rares aéroports en France à disposer d'importantes réserves foncières pour son développement.

Dans sa croisade pour conserver le contrôle de l'aéroport, le président de la CCI de Lyon vient de trouver des alliés de poids : tous les membres du groupe de gouvernance d'Esprit d'entreprise » la structure créée par Gérard Collomb, pour donner le « la » du développement économique du Grand Lyon.

D'une même voix, les présidents du groupe de gouvernance de « Grand Lyon l'Esprit d'Entreprise », (Gérard Collomb pour le Grand Lyon, Bernard Fontanel pour le Medef, François Turcas pour la CGPME, Alain Audouard pour la Chambre des métiers et de l'artisanat du Rhône, Michel Lussault pour l'Université de Lyon), ont appuyé Philippe Grillot, partie prenant de cette structure.

A l'issue de cette rencontre, l'union sacrée était lancée selon les termes du communiqué rendu public : « Au sujet des aéroports de Lyon, si l'Etat lance effectivement un appel d'offres, le Grand Lyon et la CCIL, actionnaires des Aéroports de Lyon, souhaitent qu'il permette « de sélectionner un projet industriel dans une logique d'investissement à long terme à même de garantir un développement ambitieux pour Lyon Saint-Exupéry. » Et d'enfoncer le clou : « Nous sommes favorables au fait que la CCI et le Grand Lyon constituent un bloc local et entrent en contact avec les investisseurs potentiels pour assurer la préservation des intérêts du territoire, dans le cadre de l'évolution capitalistique de la société Aéroports de Lyon ».

Il va falloir à la fois que la CCI de Lyon trouve 30 à 35 millions d'euros pour monter au capital (pour passer de 25 à 36 %) et qu'elle rassemble autour d'elle des investisseurs de la région- déjà un certain nombre sont sur les rangs- pour compléter le tour de table. Mais Philippe Grillot est en passe de réussir son pari : mobiliser toute la région autour de son aéroport. Ou presque : car le Conseil régional reste en retrait, à cause de ses alliés Verts peu favorables au transport aérien considéré comme peu écolo.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement qui se retrouve face à une proposition crédible, solide et cohérente. Une proposition qui a réalisé un décollage parfait. Reste à voir de quelle manière se déroulera l'atterrissage...


Dessin : Friandart



Dessin Friandart
Publié le  11 mai 2011 par Dominique Largeron. Dernière mise à jour le  17 mai 2011 
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