Conjoncture : le retour au niveau d’avant-crise à la fin de cette année
Avec 1 % de hausse du PIB, le très beau score au premier trimestre 2011-un record depuis trente ans !- ne doit pas faire illusion. Il est dû à la conjonction de plusieurs facteurs …qui ne se rééditeront pas. Seule certitude : la croissance -relativement molle- que nous connaissons actuellement devrait perdurer, mais reste fragile et a très peu de chance de s’amplifier. Cela permettra néanmoins à l’emploi et au PIB régional de retrouver à la fin de cette l’année leur niveau d’avant-crise. Il aura tout de même fallu attendre quatre ans pour parvenir à ce résultat.
Selon les derniers chiffre sde Pôle Emploi, le nombre de chômeurs n’a augmenté que de 0,1 % (soit 149 chômeurs) au mois de mai dernier en Rhône-Alpes. Un score meilleur que celui enregistré au plan national : + 0,7 %. Il restait néanmoins encore très précisément 243 376 demandeurs d’emplois dans la région au 31 mai dernier. Beaucoup trop, évidemment.
Ces données chiffrées éclairent la conjoncture. La région Rhône-Alpes tire les bénéfices de la sortie de crise. Mais avec une croissance encore trop molle, le malade met du temps à se remettre de sa grave crise de 2008. Ainsi, on ne devrait retrouver le même nombre de salariés qui prévalait dans la région avant la crise, qu’à la fin de cette année, entre le 3ème et 4ème trimestre 2011. Mais attention : cela ne signifie pas que l’on va renouer avec le même niveau de chômage, car entretemps, la population active a bien sûr augmenté.
Il en est de même pour le Produit Intérieur Brut régional : selon l’Insee, on ne retrouvera pas là aussi, comme pour l’emploi, le niveau d’avant crise avant la fin de cette année.
On le voit donc, l’activité poursuit son rétablissement en Rhône-Alpes profitant même un peu mieux que le reste de l’Hexagone, du climat général de reprise.
Cette reprise reste cependant fragile, prévient l’Insee. Il fallait prendre la hausse exceptionnelle du PIB national de 1 % au cours du premier trimestre 2011 (du jamais vu depuis trente ans !) pour une divine surprise qui ne se rééditera pas. Celle-ci a tenu à une conjonction de raisons : un effet de base suite à la grève dans les raffineries qui, il y a an, avait affecté la production. S’est ajouté à ce facteur un effet restockage des industriels.
Pour preuve : dès le printemps dernier, un fléchissement de l’activité est apparu, suite aux conséquences cumulées du tsunami japonais et de la hausse des matières premières. Retour sur terre : la croissance ne devrait pas dépasser 0,2 % au deuxième trimestre 2011, pour remonter ensuite aux alentours de 0,5 %, toujours selon le pronostic de l’Institut des statsitiques.
Et après ? Ces incertitudes devraient se maintenir. La consommation des ménages devrait reculer au deuxième trimestre 2011 : – 0,4 %. Même si une amélioration est prévue par l’Insee par la suite, celle-ci ne devrait pas être transcendante. Or, on le sait, la consommation des ménages participe à la croissance à hauteur de 60%
S’ajoute un premier étage plutôt faiblard de la fusée de la croissance, l’investissement des entreprises. Là, en revanche, bonne nouvelle : Le taux d’investissement déjà acquis à mi-année est de 6 %. A comparer avec les 2 % de l’année dernière et les…- 12 % de 2009.
Autre facteur positif susceptible de tirer cette croissance très recherchée : le redressement des mises en chantier de logement, mais aussi des locaux industriels. Selon l’Insee, 15 137 logements sont sortis de terre en Rhône-Alpes au cours du premier trimestre 2011, contre un peu plus de 10 000 en 2009. Un effet rattrapage qui se diffuse en amont à tous les fournisseurs de l’immobilier.
Un autre moteur semble, en apparence, être allumé en Rhône-Alpes : celui des exportations qui « repartent de manière soutenue » précise l’Insee régional. Même si la région affiche structurellement un solde positif, avec 1, 5 milliard d’euros, nous sommes loin des 5 à 6 milliards enregistrés dans le passé. Et là encore, l’effet sur la croissance économique devrait être faible : « la contribution du commerce extérieur à la croissance devrait être globalement neutre sur le reste de l’année 2011 », tempère l’Insee. Or, n’oublions pas que dans la région, un travailleur sur trois dépend de l’international.
Au total, grâce à la croissance exceptionnelle du premier trimestre, la France devrait afficher cette année un taux de croissance en phase avec les prévision du gouvernement : 2 %. Selon Preveco (*). Rhône-Alpes devrait faire mieux (2,2 %). Un taux que l’on aimerait supérieur en cette sortie de crise, mais dont on doit se contenter. Il n’existe en outre aucune certitude pour qu’il soit réédité en 2012.
La Région bénéficiera au moins d’un acquis : le retour au niveau d’avant-crise, en termes d’emploi et de PIB. Dans les incertitudes actuelles, difficile d’être trop exigeant.
(*) Preveco est un groupe de réflexion sur la prévision économique en Rhône-Alpes dirigé par Gilles Maurer au sein duquel se rassemblent les principaux producteurs d’informations régionales (Insee, Banque de France, Lyon place financière et tertiaire, la Capeb, etc.)
![Lyon Entreprises [LE]](https://www.lyon-entreprises.com/wp-content/uploads/2024/05/cropped-logo-le-nm-260x100-noir.png)