La foodtech lyonnaise Verley lève 32 M€ et décroche le feu vert de la FDA américaine
La startup lyonnaise Verley vient de boucler une Série A de 32 millions d’euros pour conquérir le marché américain avec ses protéines de lait produites sans vaches. Une opération qui positionne Lyon comme capitale européenne de la fermentation de précision.
32 millions d’euros et un carnet d’ordres déjà surchargé
Quatre ans après sa création, la foodtech lyonnaise Verley frappe fort. La startup spécialisée dans la production de protéines laitières par fermentation de précision a finalisé fin février une Série A sursouscrite de 32 millions d’euros, l’une des plus importantes levées jamais réalisées en Europe dans ce secteur. Le tour a été mené par le fonds parisien Alven, aux côtés des nouveaux entrants Blast et Bpifrance (via le fonds French Tech Seed, dans le cadre de France 2030), et des investisseurs historiques Sofinnova, Sparkfood, Captech Santé et Founders Future.
Signal fort : la demande pour les ingrédients de Verley dépasse déjà ses capacités de production actuelles. « Ce financement nous permet de changer d’échelle, non seulement en matière de production, mais aussi sur la promesse de performance de nos ingrédients », déclare Hélène Briand, cofondatrice et directrice commerciale & de l’innovation.
Du lait… sans la vache
Le procédé de Verley repose sur la fermentation de précision : des micro-organismes sont programmés pour produire des protéines de lactosérum (la bêta-lactoglobuline, ou BLG) identiques à celles du lait, sans recourir à l’élevage laitier. La technologie, déjà connue dans la production d’insuline pharmaceutique ou de bière artisanale, est ici transposée à l’échelle industrielle agroalimentaire.
Résultat : des protéines en poudre aux performances nutritionnelles et fonctionnelles comparables au lactosérum traditionnel, mais avec un bilan environnemental radicalement différent. Selon l’analyse de cycle de vie indépendante conduite par l’entreprise, le procédé permet une réduction de 72 % des émissions de gaz à effet de serre, de 86 % de la consommation d’eau et de 99 % de l’utilisation de terres arables par rapport à la production laitière conventionnelle.
Commercialisés sous la marque FermWhey, ces ingrédients s’adressent exclusivement aux industriels de l’agroalimentaire, fabricants de yaourts hyperprotéinés, boissons sportives, compléments nutritionnels, dans une logique 100 % B2B.
Un feu vert de la FDA : le sésame pour les États-Unis
Ce qui distingue Verley de ses concurrentes européennes, c’est une avancée réglementaire décisive obtenue à l’automne 2025 : la startup est devenue la première société au monde à recevoir une « No Questions Letter » de la FDA américaine pour des protéines laitières fonctionnalisées produites par fermentation de précision. Ce feu vert de l’autorité sanitaire américaine confirme la sécurité et la conformité des ingrédients, et ouvre concrètement les portes du marché américain dès 2026.
C’est précisément l’objectif principal de cette levée : financer l’entrée sur le marché américain, développer les premiers partenariats clients outre-Atlantique, et augmenter les capacités de production. L’Europe et le Moyen-Orient suivront dans un second temps.
Un champion lyonnais sur un marché en pleine ébullition
Fondée en 2022 sous le nom Bon Vivant par Hélène Briand, ingénieure agronome, et Stéphane Mac Millan, diplômé de l’ESCP et ancien dirigeant dans la livraison de repas, la startup a été rebaptisée Verley en 2025 pour mieux s’adresser au marché anglophone. Elle emploie aujourd’hui une trentaine de salariés et dispose d’un laboratoire de R&D de 1 000 m² à Lyon.
La dynamique de marché joue en sa faveur. Le marché mondial des protéines a franchi en 2025 la barre des 30 milliards de dollars, porté par la montée en puissance de la nutrition hyperprotéinée, devenue un standard de consommation, et par l’explosion des traitements GLP-1 aux États-Unis, qui génèrent une demande accrue de protéines digestibles de haute qualité.
« La mission de Verley est de répondre à la demande mondiale croissante en produits nutritionnels de haute qualité tout en préservant les ressources naturelles de la planète », affirme Stéphane Mac Millan, CEO et cofondateur. « Nous sommes très fiers de construire un champion européen en tirant parti de décennies de savoir-faire de l’industrie laitière. »
Lyon, capitale de la foodtech durable ?
Cette levée confirme, si besoin en était, la montée en puissance de l’écosystème foodtech lyonnais. Après des années dominées par les acteurs du numérique, l’agglomération voit émerger une nouvelle génération de deeptech agroalimentaires, portées par la recherche académique régionale et soutenues par des fonds d’envergure nationale.
Avec 32 millions d’euros supplémentaires et un marché américain en ligne de mire, Verley aborde 2026 en position de force. La prochaine étape à surveiller : l’annonce des premiers contrats industriels aux États-Unis, attendue dans les prochains mois.
![Lyon Entreprises [LE]](https://www.lyon-entreprises.com/wp-content/uploads/2024/05/cropped-logo-le-nm-260x100-noir.png)