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Selon le 6ᵉ baromètre Pourdebon, les habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes affichent un attachement marqué aux produits locaux et à l’origine France. Dans un contexte de tension pour les producteurs, cette tendance structurelle redessine les circuits de distribution alimentaire et ouvre des opportunités économiques sur le territoire.

Une consommation locale bien ancrée dans les habitudes

La région Auvergne-Rhône-Alpes se distingue par une forte adoption des circuits courts. 70 % des consommateurs déclarent acheter au moins une fois par mois via ce mode de distribution, soit 6 points de plus que la moyenne nationale.

Dans les faits, les achats restent majoritairement réalisés en direct, avec 86 % des consommateurs privilégiant les points de vente physiques. Mais les usages évoluent. 17 % des habitants utilisent désormais des plateformes ou applications pour commander avec retrait, et 10 % optent pour la livraison à domicile.

Cette hybridation des canaux traduit une transformation progressive du marché, où le digital vient compléter, sans le remplacer, le lien direct entre producteurs et consommateurs.

Origine France et rémunération des producteurs au cœur des attentes

Le baromètre met en lumière un signal fort pour les entreprises de l’agroalimentaire et de la distribution. 78 % des habitants estiment que ne pas consommer français revient à soutenir une économie étrangère.

Dans le détail, les motivations d’achat sont claires. Le goût et la qualité arrivent en tête, cités par 78 % des répondants. La préférence pour des produits français suit, tout comme la relation directe avec le producteur.

Autre indicateur clé, 85 % des consommateurs déclarent être sensibles à l’affichage de l’origine France. Pourtant, près de 7 sur 10 jugent encore cette information difficile à identifier sur les emballages.

Un enjeu direct pour les industriels et distributeurs, confrontés à une exigence croissante de transparence.

Un marché dynamique mais freiné par le prix et l’accès

Si la demande est bien présente, certains freins persistent. 45 % des consommateurs estiment que les produits en circuit court restent trop chers. 34 % déclarent ne pas savoir où s’en procurer, et 21 % évoquent un manque de points de vente à proximité.

Ces obstacles dessinent des opportunités de développement pour les acteurs locaux. Plateformes logistiques, marketplaces, réseaux de distribution ou solutions de livraison peuvent encore structurer l’offre et capter cette demande.

Le succès de plateformes comme Pourdebon illustre cette dynamique. En Auvergne-Rhône-Alpes, près de 32 300 commandes ont été enregistrées en 2025, avec 98 producteurs régionaux référencés.

Un levier économique pour les acteurs du territoire

Pour les producteurs, artisans et PME agroalimentaires, la tendance est structurante. Elle confirme un basculement vers des modèles plus courts, plus transparents et plus ancrés localement.

Pour les distributeurs et acteurs du digital, elle ouvre un champ d’innovation autour de l’accès au produit, de la logistique et de l’expérience client.

Enfin, pour les collectivités et territoires comme la métropole lyonnaise, elle renforce l’intérêt stratégique de soutenir les filières locales, tant pour l’emploi que pour la souveraineté alimentaire.

Dans un contexte économique tendu pour l’agriculture, ce mouvement de fond apparaît comme un levier de résilience, mais aussi comme un marché en structuration où les positions restent encore à prendre.