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La greentech lyonnaise Amoéba, spécialisée dans les solutions de biocontrôle, franchit une nouvelle étape dans le déploiement de sa technologie AXPERA. L’entreprise basée à Chassieu vient d’obtenir, avec son partenaire néerlandais Koppert, deux autorisations exceptionnelles d’utilisation aux Pays-Bas sur de nombreuses cultures agricoles, avec une particularité rare : les récoltes pourront être commercialisées et consommées.

Les Pays-Bas, terrain stratégique pour le biocontrôle européen

Les autorisations ont été délivrées par le CTGB, l’autorité néerlandaise chargée de la protection des cultures. Elles permettent des essais à grande échelle pendant deux ans sur des cultures sous serre et en plein champ.

Le marché néerlandais représente un enjeu majeur pour Amoéba. Les Pays-Bas figurent parmi les leaders européens de l’horticulture sous serre avec plus de 10 000 hectares de cultures protégées, notamment dans la tomate, le concombre, la fraise ou les fleurs coupées.

Dans un contexte de réduction progressive des produits phytosanitaires conventionnels en Europe, les producteurs néerlandais sont particulièrement attentifs aux solutions alternatives capables de maintenir des rendements élevés tout en limitant l’impact environnemental.

Pour Amoéba, ces expérimentations constituent aussi une vitrine commerciale importante. Les innovations validées aux Pays-Bas sont souvent rapidement observées puis adoptées dans d’autres pays européens.

Des essais étendus à de nouvelles cultures

Le premier permis accordé directement à Amoéba élargit fortement le champ des cultures concernées. En plus des tomates, concombres, fraises, rosiers et gerberas déjà autorisés en 2025, AXPERA pourra désormais être testé sur la pomme de terre, la betterave sucrière, l’oignon, la laitue, l’épinard, la pomme, la poire ou encore le poireau.

Le second permis a été obtenu par Koppert, acteur mondial des solutions biologiques agricoles, avec le soutien de Glastuinbouw Nederland, principal réseau néerlandais de l’horticulture sous serre.

Les essais viseront principalement la lutte contre l’oïdium, une maladie fongique persistante dans de nombreuses productions agricoles.

Le point le plus stratégique reste toutefois l’autorisation exceptionnelle de consommation des récoltes issues des essais. Habituellement, les cultures testées avec des produits non encore homologués doivent être détruites.

Le CTGB justifie cette dérogation par le profil jugé « faible risque » du produit développé par Amoéba.

Une étape avant l’autorisation commerciale définitive

Ces nouvelles autorisations servent de transition avant une homologation commerciale définitive attendue en Europe.

Amoéba indique déjà avoir obtenu en 2025 l’homologation de son produit aux États-Unis, tandis qu’une autorisation française est attendue en 2026 avant d’autres déploiements européens.

Pour cette société lyonnaise fondée en 2010, l’enjeu dépasse le seul marché néerlandais. Le biocontrôle est aujourd’hui considéré comme l’un des segments les plus dynamiques de l’agriculture durable, porté à la fois par les réglementations européennes et par les attentes des filières agroalimentaires.

« Grâce à ces dérogations exceptionnelles accordées par le CTGB autorisant des essais sur de grandes surfaces et la consommation des récoltes, nous poursuivons le travail de référencement commercial à grande échelle », explique Jean-Marc Petat, directeur général de Green for Agro, filiale d’Amoéba dédiée aux biosolutions.