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La santé mentale des salariés français continue de se dégrader. Selon la 16e édition du baromètre « État de santé psychologique des salariés français », publié par Empreinte Humaine avec Ipsos bva, un salarié sur deux présente désormais un signe de détresse psychologique. Un niveau inédit depuis la création de cette étude en 2020.

L’étude, menée auprès de 2 000 salariés français en mai 2026, met en lumière un climat professionnel fragilisé par la succession des crises économiques, géopolitiques et sociales, mais aussi par une perte croissante de sens et de reconnaissance au sein des entreprises.

Le travail directement mis en cause dans la dégradation psychologique

Parmi les salariés en détresse psychologique modérée ou élevée, 83 % estiment que leur état est lié à leur travail. Plus inquiétant encore, près d’un tiers des salariés seraient aujourd’hui en risque de burn-out, dont 11 % en burn-out sévère.

Les jeunes actifs, les femmes et les employés restent les catégories les plus exposées. Dans le même temps, 45 % des salariés déclarent craindre de ne pas pouvoir tenir psychologiquement jusqu’à la retraite, un chiffre qui grimpe à 65 % chez les jeunes en détresse psychologique.

Le baromètre révèle également un décrochage grandissant vis-à-vis du travail. Un salarié sur cinq affirme désormais faire « le strict minimum », signe d’un quiet quitting qui s’installe durablement dans les organisations. Un tiers des répondants envisagent par ailleurs de quitter leur entreprise.

Au-delà de la charge de travail, c’est le sentiment de perte de contrôle qui ressort fortement de l’enquête. 60 % des salariés ont l’impression d’être devenus de simples exécutants et 51 % disent avoir de moins en moins de temps pour produire un travail de qualité.

Des entreprises jugées peu attentives aux fragilités personnelles

Pour la première fois, le baromètre s’intéresse également à l’impact des difficultés personnelles sur la santé mentale au travail. Plus d’un salarié sur deux affirme avoir traversé une période de stress intense liée à des problèmes personnels au cours des douze derniers mois. Difficultés financières, contraintes administratives ou problèmes juridiques viennent désormais peser directement sur la vie professionnelle.

Dans ce contexte, beaucoup de salariés estiment manquer de soutien. 62 % considèrent que leur entreprise sous-estime leurs difficultés personnelles, tandis que 59 % craignent que le fait d’en parler puisse nuire à leur carrière.

Le sujet de la reconnaissance reste lui aussi central. Les salariés réclament davantage d’écoute et de participation aux décisions qui concernent leur travail. Sept salariés sur dix souhaiteraient être consultés avant une prise de décision importante, preuve que la question du management devient un enjeu majeur de fidélisation et d’engagement.

La prévention devient un sujet économique pour les entreprises

L’étude pointe enfin un déficit important de sécurité psychologique dans les organisations. Seuls 11 % des salariés disent évoluer dans un environnement où ils peuvent s’exprimer librement sans crainte de conséquences négatives.

Pour Empreinte Humaine, les entreprises ne peuvent plus traiter la santé mentale comme un simple sujet RH périphérique. Les enjeux de prévention deviennent désormais directement liés à la performance collective, à l’absentéisme, au recrutement et à la fidélisation des équipes.

Le constat est d’ailleurs partagé par les salariés eux-mêmes : sept sur dix estiment qu’ils travailleraient mieux si leur environnement favorisait une meilleure santé mentale, tandis que six sur dix affirment qu’ils seraient plus fidèles à leur employeur si celui-ci investissait davantage dans la prévention des risques psychosociaux.

Dans un marché de l’emploi où les tensions de recrutement persistent dans de nombreux secteurs, le sujet pourrait rapidement devenir un indicateur clé d’attractivité pour les entreprises françaises.