Toute l’actualité Lyon Entreprises

Burn-out, violences, pression économique : les kinésithérapeutes tirent la sonnette d’alarme

Le Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes publie une nouvelle enquête nationale sur les conditions d’exercice de la profession. Réalisée auprès de plus de 9 000 praticiens, elle met en évidence une dégradation de leur santé psychologique et de leurs conditions de travail, avec des répercussions potentielles sur l’accès aux soins et l’organisation du système de santé.

Une profession confrontée à une dégradation de ses conditions d’exercice

Sept ans après une première étude menée en 2018, l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes a souhaité mesurer l’évolution des risques psychosociaux au sein de la profession. Les résultats de cette nouvelle enquête, conduite en 2025 par le professeur Didier Truchot auprès de plus de 9 000 kinésithérapeutes salariés et libéraux, dressent un constat préoccupant.

Les professionnels déclarent subir une charge de travail toujours plus importante, des contraintes administratives croissantes, des difficultés à exercer leur métier dans les conditions qu’ils jugent satisfaisantes ainsi qu’une multiplication des incivilités et des violences. Pour la première fois, la dégradation de leur situation économique apparaît également comme une source majeure de souffrance.

Des conséquences qui dépassent la seule profession

Selon l’Ordre, ces tensions pèsent directement sur la santé mentale des praticiens, mais aussi sur leur capacité à maintenir une qualité de prise en charge optimale. Pour préserver leur niveau de revenus, de nombreux kinésithérapeutes déclarent être contraints d’allonger leur temps de travail, accentuant les risques d’épuisement professionnel.

Dans un contexte marqué par le vieillissement de la population et une demande croissante en soins de rééducation, cette dégradation des conditions d’exercice constitue également un enjeu pour les établissements de santé, les employeurs et les pouvoirs publics. La fidélisation des professionnels, l’attractivité du métier et l’organisation des parcours de soins deviennent des questions stratégiques pour garantir la continuité des prises en charge sur l’ensemble du territoire.