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La réduction annoncée des financements destinés aux centres de formation d’apprentis (CFA) provoque une vive réaction des représentants des entreprises de proximité. L’U2P Auvergne-Rhône-Alpes alerte sur les conséquences d’une décision qui pourrait fragiliser durablement l’écosystème de l’apprentissage, alors même que de nombreux secteurs peinent à recruter.

Au cœur de la contestation : la division par quatre des enveloppes attribuées aux régions par France Compétences pour financer le fonctionnement et les investissements des CFA. Les crédits passeraient de 134 millions d’euros à 33 millions d’euros en 2026.

Une filière déjà confrontée à plusieurs restrictions

Cette annonce intervient après plusieurs mesures ayant déjà réduit le soutien public à l’apprentissage : baisse des aides à l’embauche, remise en cause de certains allègements de charges, plafonnement des niveaux de prise en charge des contrats ou encore diminution envisagée des aides à l’équipement des apprentis.

Pour l’U2P, l’accumulation de ces décisions risque d’affecter directement les CFA mais aussi les entreprises qui s’appuient sur l’apprentissage pour former leurs futurs collaborateurs.

Les secteurs de l’artisanat, du bâtiment, de l’alimentation, des services ou encore des professions libérales figurent parmi les principaux utilisateurs de ce mode de formation qui s’est fortement développé ces dernières années.

Les territoires et les métiers en tension particulièrement exposés

Selon l’organisation patronale, les conséquences pourraient être particulièrement marquées dans les territoires ruraux, les quartiers prioritaires ainsi que pour certaines formations liées à des métiers rares ou déjà confrontés à des difficultés de recrutement.

L’apprentissage est devenu un levier majeur d’insertion professionnelle et de transmission des savoir-faire dans de nombreuses filières économiques. En Auvergne-Rhône-Alpes, région industrielle et artisanale de premier plan, il constitue également un outil essentiel pour répondre aux besoins de compétences des entreprises.

Face à cette situation, l’U2P demande au gouvernement de revenir sur cette décision et rappelle que l’apprentissage représente, selon elle, un investissement de long terme dans l’emploi, la compétitivité et la cohésion des territoires plutôt qu’une simple dépense budgétaire.

Ce débat intervient alors que les questions de financement de la formation professionnelle et de soutenabilité du modèle de l’apprentissage occupent une place croissante dans les arbitrages budgétaires nationaux.