Experts-comptables : l’IA progresse, mais reste peu encadrée
L’intelligence artificielle s’installe dans les pratiques des experts-comptables. Selon le baromètre 2026 du Groupe SVP, 60 % des professionnels concernés l’utilisent désormais pour réaliser des analyses, contre 28 % en 2024. Mais dans 54 % des cabinets ayant recours à l’IA, les usages restent encore individuels et non encadrés.
L’analyse devient l’un des principaux usages de l’IA
Le Groupe SVP constate un déplacement des usages vers des tâches directement liées au métier. Parmi les experts-comptables familiers de l’intelligence artificielle, 90 % anticipent désormais un impact réel sur leur profession et 82 % considèrent cette technologie comme une opportunité.
La recherche d’informations arrive en tête des usages, citée par 80 % des répondants, devant la rédaction à 69 %. Surtout, 60 % utilisent désormais l’IA pour réaliser des analyses, contre 28 % en 2024. La génération de documents progresse elle aussi, de 22 % à 43 % sur la même période.
Les professionnels interrogés mentionnent des analyses financières ou techniques, la synthèse de textes réglementaires, l’étude de documents juridiques, la génération de contrats et de clauses ou encore certaines opérations comptables.
Les outils spécialisés gagnent également du terrain. Parmi les experts-comptables ayant déjà utilisé une IA dans leur activité, 45 % déclarent avoir eu recours à une IA juridique, contre 33 % en 2025. L’accès plus rapide à la réglementation, à la jurisprudence ou au droit social apparaît comme l’un des usages les plus directement applicables dans les cabinets.
54 % des cabinets utilisent encore l’IA sans cadre défini
Cette adoption rapide ne s’accompagne pas encore systématiquement d’une organisation collective. Selon l’étude, 54 % des cabinets utilisant l’IA déclarent que les initiatives restent individuelles et non encadrées, tandis que 21 % ont mis en place un cadre spécifique pour ces usages.
Parallèlement, 37 % indiquent utiliser l’IA pour améliorer l’efficacité de certaines équipes, 27 % pour enrichir leurs offres à destination des clients et 21 % pour améliorer l’expérience utilisateur.
Pour les cabinets, le sujet se déplace donc progressivement de l’expérimentation vers la gouvernance : choix des outils, protection des données, contrôle des réponses produites, règles d’utilisation et formation des collaborateurs deviennent des sujets d’organisation à part entière.
Le baromètre repose sur une enquête menée auprès de 514 décideurs, dont 80 experts-comptables, complétée par 14 entretiens qualitatifs avec des professionnels du secteur. Le sous-échantillon consacré à la profession invite donc à lire les résultats comme des tendances d’usage plutôt que comme une mesure exhaustive de l’ensemble des cabinets français.
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