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Une belle illustration de la variété de l’industrie rhônalpine. Un fabricant de panneaux publicitaires, un équipementier automobile et une société de e.commerce de produits électroniques, en l’occurrence une PME, une grande entreprise et une ETI figurent en tête des valeurs régionales en 2013, avec pour chacune d’entre elles… une hausse à trois chiffres ! Dans le même temps, huit sociétés régionales se sont introduites en Bourse.

 Il s’en est fallu d’un cheveu pour que le 31 décembre, à l’heure de la clôture de la Bourse , le cours de la société Prismaflex n’affiche une hausse de 300 %. Le curseur s’est très précisément arrêté à 299,11 % de hausse en un an.

 C’est cette société qui figure en tête du podium des valeurs régionales (*) cotées sur Nyse-Euronext. Une société plutôt discrète, guère connue du grand public. Et pourtant !

 Prismaflex : un « Green & Digital Center » unique en Europe

Née il y a vingt-cinq ans, Prismaflex International est l’un des seuls fournisseurs au monde à être à la fois un fabricant industriel de panneaux d’affichage et un imprimeur numérique grand format présent sur plusieurs continents.

 Le groupe, dont le siège social est basé dans la petite commune de St-Clément-les-Places-655 habitants !-, dans les Monts-du-Lyonnais, compte 310 collaborateurs répartis dans onze filiales à travers le monde, dont cinq dotées d’imprimantes numériques grand format.

 Son cours de Bourse qui s’est établi en fin d’année à 13,50 euros consacre le choix de l’innovation de cette entreprise dirigée par Pierre-Henri Bassouls : elle investit plus de 3 % de son chiffre d’affaires en R&D.

 Dernière innovation en date de Prismaflex : un « Green & Digital Center » un centre unique en Europe composé de quatre pôles : un campus R&D dédié à la recherche environnementale et digitale, une unité de production de panneaux LED, ainsi qu’un centre de contrôle et un showroom.

 Prismaflex contribue au commerce extérieur régional et national : 70 % de son chiffre d’affaires 2012/2013 de 46 ,5 millions d’euros a été réalisé à l’export !

 Burelle, tiré par la pépite Plastic Omnium

 Avec une croissance moindre (+ 205 % pour un cours de 558 euro), Burelle qui se hisse à la deuxième place du podium, constitue une énigme à l’heure où le marché français de l’automobile est au plus bas.

Créée par la famille lyonnaise éponyme et dirigée par Pierre Burelle, il s’agit d’une société holding de 21 000 salariés organisée autour de trois filiales dont la principale est la pépite Plastic Omnium, leader mondial des pièces et des modules de carrosserie et des systèmes à carburant pour l’automobile. On trouve aussi au sein de cette holding, Sofiparc qui détient principalement un immeuble de bureaux situé à Levallois dans les Hauts-de-Seine ; ainsi qu’une société dédiée au capital-investissement, « Burelle Participations ».

Si Burelle, tirée par Plastic Omnium coté aussi et qui figure au quatrième rang de ce palmarès régional avec une croissance de 169 %, a si bien performé cette année, la raison tient à un fait que l’on a tendance à oublier : le marché automobile mondial est en pleine croissance. Et Plastic Omnium qui possède dix-huit usines en Chine et vient d’inaugurer un Centre de R&D près de Shanghai, a su suivre ses clients, les grands constructeurs automobiles mondiaux, sur ces marchés.

 LDLC.com : un exercice record en hausse de 17,5 %

 Un des membres de ce que l’on a appelé un temps la nouvelle économie, la société lyonnaise LDLC.com figure sur la troisième marche de ce podium avec une croissance de son cours de Bourse en 2013, de 199 % à 21,30 euros.

 Elle est spécialisée dans la distribution en ligne de matériel informatique et multimédia destiné au grand public et aux professionnels. Les produits concernent notamment des PC, des ordinateurs portables, des périphériques (claviers, souris, enceintes, etc.), des appareils photos numériques, des lecteurs MP3, des composants (cartes mères, mémoires) et des logiciels.

 La discrète success story lyonnaise LDLC.com qui a embauché en 2013 Philippe Sauze, l’ancien patron d’Electronic arts, a réalisé un exercice 2012/2013, record, à 207 millions d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 17,5 %, avec près de 340 salariés.

 A côté de la vente en ligne, elle veut développer une chaîne de magasins dans toute la France. A terme, Laurent de la Clergerie, président du directoire, compte distribuer par ce canal, près de la moitié de son chiffre d’affaires

 Une PME, puis une grande entreprise et enfin une ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire) : la taille importe peu en Bourse. On le voit avec chacune des société installées sur ce podium, ce sont l’innovation et la créativité permanente qui font la différence.

 A noter qu’en cette année 2013 qui a vu le CAC 40 bondir de 18 %, 57 sociétés régionales affichent un cours de Bourse positif contre 21 seulement affichant un recul de leur cours.

 Bourse, le retour : huit introductions en 2013

 Un bel encouragement pour les chefs d’entreprise tentés par la cote, à l’heure où les introductions reprennent et où se profile en 2014 la création d’un PEA-PME qui devrait doper les valeurs moyennes.

 Après plusieurs années d’encéphalogramme plat, le retour des introductions en Bourse a marqué l’année 2013 avec l’arrivée sur la cote d’une petite dizaine de sociétés.

La plus grosse « intro »de l’année concerne la société MND (Montagne & Neige Développement), fabricant de remontées mécaniques et de systèmes de sécurité. Une vraie réussite, sur Nyse Euronext : elle a pu lever 21,2 millions d’euros, l’offre au public a été souscrite 4,1 fois. Dans un autre secteur, médical, cette fois, Spineway a pu aussi boucler une belle introduction.

Autre belle arrivée réussie sur la cote, en l’occurrence, le compartiment C de Nyse Euronext : celle d’Erytech Pharma, une biotech lyonnaise spécialisée dans la lutte contre le cancer, notamment les leucémies.

Il faut y ajouter une société grenobloise, Delta Drone, spécialisée dans les drones civils qui a fait irruption sur le compartiment Alternext des valeurs de croissance, ainsi que Roctool, sur le même compartiment ; ainsi que trois sociétés inscrites sur le Marché Libre, beaucoup plus facile d’accès : Neolife, Novaday et Collector’s.

Gageons que ce chiffre de huit sera dépassé en 2014. De nombreuses sociétés sont déjà dans les starting blocks, à l’instar de la société rhodanienne Diffuselec, spécialisée dans les systèmes électriques autonomes ou la plateforme de jeux Edenwind.

Pour Martine Collonge (“Collonge Conseil”), spécialisée dans l’accompagnement des entreprises vers la Bourse, “2014 se présente très bien. De nombreuses sociétés régionales prévoient de sauter le pas. Mais tout dépendra bien sûr de l’état des marchés…”

(*) Palmarès du site ZoneBourse.com