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Jean-Charles Naouri, Pdg de Casino, a réussi au cours de l’exercice 2013 du succursaliste stéphanois, à la fois à baisser les prix de manière importante dans ses hypers et supermarchés pour reconquérir des parts de marché, tout en ne rognant pas trop sur ses marges. Les ventes ont crû de 5,7 % en France.

 La Bourse est en général un bon juge. Mardi 18 février, jour de publication des comptes 2013 du groupe Casino, le cours s’est envolé de 3,20 % à 80, 85 euros, son cours le plus élevé depuis longtemps.

Il ne s’agissait pas seulement pour les cambistes de saluer la forte hausse du chiffre d’affaires du succursaliste stéphanois, à 48,64 milliards d’euros, en progression de 15,9 % due en grande partie à la consolidation à 100 % de Monoprix et de la société brésilienne Grupo Pao de Açucar. Ni même le résultat net normalisé part du groupe en croissance de 9,7 %, à 618 millions d’euros.

La Bourse a voulu surtout saluer une stratégie gagnante, pourtant pas évidente au départ. Les hypermarchés et supermarchés Casino n’étaient pas réputés les moins chers, loin s’en faut.

Dans une situation hyper-concurrentielle due notamment au retour sur la scène de Carrefour, lui aussi en plein redressement, il lui fallait diminuer assez fortement les prix dans les linéaires pour gagner des parts de marché, tout en rognant le moins possible sur les marges.

Une augmentation de la fréquentation et des volumes vendus en France

Opération réussie comme en témoignent les chiffres : à la fin de l’année dernière, Géant Casino a enfin vu ses ventes alimentaires légèrement progresser de 0,8 % à magasins comparables au quatrième trimestre, le tout lié à une amélioration de la fréquentation (+1,9 %) et surtout à une forte augmentation des volumes vendus : +8,1 %.

2013 a ainsi connu une nette progression de l’activité en France : les ventes totales ont été en hausse de +5,7 %.

La Bourse qui est d’abord un baromètre a ainsi voulu saluer des perspectives favorables puisque le groupe table en 2014 sur une croissance positive pour toutes ses enseignes en France, à magasins comparables.

De la sorte, si la tendance de ce début d’année 2014 se confirme, les hypers Géant Casino pourraient même afficher en avril un gain de 0,2 point de part de marché : il serait encore meilleur que celui enregistré par Leclerc ou Système U.

Même la filiale de hard-discount, Leader Price, un segment qui connait des difficultés en France, a connu une amélioration.

Jean-Charles Naourti veut la conforter, tout en accentuant son maillage en France. Ainsi, en octobre dernier, le groupe avait annoncé la reprise par Leader Price d’un total de 137 magasins actuellement exploités sous l’enseigne « Le Mutant » en Normandie, en Picardie et dans le Sud-Ouest.

Peu auparavant, en mai 2013, il avait finalisé l’acquisition de 38 magasins situés dans le quart Sud-Est de la France auprès du groupe allemand de hard-discount, Norma.

La France ne pèse plus que 40 % dans le chiffre d’affaires de Casino

Le France ne pèse plus désormais que 40 % du chiffre d’affaires du succursaliste stéphanois.

Surfant sur leur développement et à l’appétence de leurs populations à la consommation, le groupe s’appuie fortement dans le même temps sur les marchés des pays émergents où il est implanté.

Ainsi, par exemple, au Brésil, « Nova.com », la filiale de e.commerce Groupa De Açucar (GPA), le distributeur détenu désormais à 100 % par Casino, a connu une croissance de 30 % en 2013, à 1,5 milliard d’euros, tout simplement en reprenant la stratégie de C.Discount en France.

C-Discount est l’un des sites de e.commerce qui se développe le plus rapidement dans l’Hexagone : + 10,2 % au quatrième trimestre et un chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’année de 1,4 milliard d’euros.

Une telle croissance relance la rumeur récurrente de l’introduction en Bourse de cette filiale en pleine forme. Rien n’a encore été décidé : Jean-Charles Naouri , à cet égard, « poursuit sa réflexion. »

Après le Brésil, le concept C-Discount est en tout cas décliné avec succès en Thaïlande, en Colombie et au Vietnam.

Au total, les activités internationales du Groupe Casino ont vu leur Résultat Opérationnel Courant (ROC) croître de 32,6 % à 1,7 milliard d’euros.

Ces résultats 2013 « nous rendent confiants dans les perspectives de croissance et rentabilité » assure Jean-Charles Naouri. La hausse du cours de Bourse du succursaliste stéphanois semble bien valider cette analyse…