La 2ème phase lancée : des grues encore pour de nombreuses années à Lyon Confluence
Alors que les industriels du BTP craignent le ralentissement annoncé, le projet Confluence continue à leur donner du grain à moudre. Alors que la phase 1, réalisée aux deux/tiers, se poursuit, la soudure avec la phase 2, toute aussi importante en quantité de travaux, se fera sans pause : les travaux devraient débuter fin 2012. Ils démarreront par les trois premiers îlots de près de 30 000 m2 chacun : l’enquête publique sera lancée le mois prochain. Des investissements publics de 230 millions d’euros, dont 70 millions pour la Ville de Lyon. D’ici 2025 La Confluence devrait augmenter la population lyonnaise de 16 000 habitants et pourrait créer à terme un total de 25 000 emplois.
Lancé il y a douze ans par Raymond Barre, le projet Confluence qui est par ses dimensions l’un des plus importants d’Europe, n’est pas prêt de se tarir. La phase 1 située le long de la Saône est réalisé aux trois quarts, mais il reste encore de nombreux travaux à effectuer comme en témoignent les grues présentes sur le site.
Pour autant, la municipalité lyonnaise a décidé de lancer sans tarder la seconde et dernière phase : celle qui concerne le côté Rhône. En volume, elle représente le même niveau d’investissements que la phase 1, auxquels il faut ajouter deux tours de quarante étages baptisées bien évidemment « Saône » et « Rhône » ; mais encore deux ouvrages d’art au-dessus du Rhône : un pont pour les voitures et transports collectifs (le pont des Girondins) et une passerelle pour les modes doux et le tramway (le pont Raymond Barre). Hors ces ouvrages et le coût des différents bâtiments, l’investissement représentera 230 millions d’euros dont 70 millions pour les collectivités, pour dépolluer notamment les sols.
C’est donc parti pour la phase 2 qui se déploiera de l’extrémité du site de La Confluence à l’Ouest, marquée par un grand parc « Le Champ », tentant de renouer avec les anciennes lônes, mais accueillant néanmoins des immeubles, jusqu’aux habitations actuelles de la cité Perrache qui, eux aussi ,vont bénéficier de travaux importants. Ils seront réhabilités pour répondre à la réglementation thermique 2012 du Grenelle de l’Environnement. Du pain béni pour les entreprises de second œuvre.
L’enquête publique de la phase 2 va être lancée du 16 novembre au 16 décembre 2011, avec désignation des maîtres d’ouvrage fin 2011 pour un démarrage effectif des travaux fin 2012.
C’est entre le futur parc et la cité Perrache, à l’emplacement des anciennes halles que débuteront les premiers travaux, ceux concernant les îlots 1, 2 et 3 (de respectivement 30 000, 30 000 et 25 000 m2). A terme, 35 hectares sont concernés. Il est prévu d’y construire 420 000 m2 de bâtiments divers, dont 160 000 m2 de logements (45 %), soit 2 000 appartements, le reliquat étant constitué par des bureaux (45 %), des commerces (5 %) et des équipements publics (5 %).
Une architecture très différente verra le jour. Côté Saône, dans la phase 1, libre court avait été laissé aux architectes qui ont pu développer des bâtiments à l’architecture parfois décoiffante. « Il fallait par l’architecture répondre aux Balmes de la Saône », explique Gérard Collomb.
Côté Rhône, le cahier des charges de la phase 2 est beaucoup plus rigoureux. La fantaisie ne sera pas de mise. Les bâtiments seront obligatoirement rectangulaires, leurs façades seront de couleurs neutres et les hauteurs sont d’ores et définies puisqu’on y trouvera des bâtiments de deux étages, d’autres de cinq et neuf étages (le plus grand nombre), mais encore onze, de seize étages.
L’histoire du quartier ne sera pas effacée, puisque finalement, près de 30 % des anciennes Halles de Lyon seront conservées. Ce sont les plus intéressantes architecturalement : les Halles aux Fleurs, Caoutchouc et Girard.
Elles seront reconverties pour y loger une école. Elles jouxteront la future Maison de la Danse troisième génération. Elles accueilleront aussi, à l’emplacement du porche d’entrée des anciennes Halles, un auditorium dédié aux musiques actuelles et la vie associative.
Autre différence par rapport à la phase 1 de la Confluence, en contrepartie de la relative hauteur des immeubles, une place importante sera laissée aux arbres et aux jardins : à la fois collectifs et privatifs.
La priorité comme partout sur la Confluence sera donnée aux transports doux et collectifs (0,7 place de parking par logement, seulement), mais tout de même, vu la présence d’équipements collectifs attirant beaucoup de monde, à l’instar de la Maison de la Danse, trois parkings seront construits face au Rhône. Accessibles par le quai Perrache, ils offriront un total de 3 100 places sur six à sept étages. A noter que les voitures n’ont pas été totalement bannies des rues : elles n’auront le droit de stationner que d’un seul côté, soit tout-de-même 350 places supplémentaires.
Au total, ce projet veut respirer l’harmonie entre les contraintes urbaines et environnementales. Ces dernières seront visibles : les toits des immeubles seront, soit recouverts de panneaux photovoltaïques, soit végétalisés. Une ONG veille pour qu’il en soit ainsi : WWF présidée en France par Isabelle Autissier, qui a acceptée d’être partenaire de la société d’aménagement, ce qui constitue une première en France.
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