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Chobani, le leader américain du yaourt grec avait choisi la société villeurbannaise Boccard (trois mille salariés) pour assurer les process de fabrication de la plus grande usine de produits ultrafrais au monde, basée dans l’Idaho. Bingo ! Elle a été élue « usine alimentaire de l’année 2012 ». Dotée d’une croissance de 25 % l’année dernière, Boccard, empreinte de discrétion, emploie trois mille personnes dans le monde. Une ETI (Entreprise de Taille Intermédaire) exemplaire à l’heure où la France pâtine à l’international.

Toujours à l’affût de nouveautés, les Américains se sont entichés des yaourts à la grecque. A telle enseigne que la société française Danone a annoncé récemment qu’elle avait décidé de se lancer dans l’aventure et d’ouvrir aux USA sa propre usine de fabrication de yaourts grecs.

 Il est vrai que le succès de la société américaine Chobani avait de quoi faire saliver le leader français de l’agro-alimentaire.

 Cette toute jeune société US, créée il y a seulement cinq ans, est aujourd’hui devenue la marque de yaourts grecs la plus vendue aux Etats-Unis. Elle a été aidée pour ce faire par une société villeurbannaise, Boccard.

 Devant faire face à une demande croissante, Chobani avait décidé de construire en 2012, une nouvelle usine de très grande taille, représentant un investissement de 500 millions de dollars sur un terrain de 81 hectares situé à Twin Falls dans l’Idaho.

Une usine de… 93 000 m2

Pour ce faire, la société américaine avait lancé en 2012, un appel d’offres, afin de trouver le meilleur concepteur pour construire cette usine de 93 000 m2, soit pratiquement la superficie de Lyon-Eurexpo.

Or, c’est la société villeurbannaise Boccard qui, grâce à son expertise, a remporté le marché de l’ensemble de l’installation process, le cœur de l’usine.

La rapidité de la construction faisait partie du contrat. En une seule année, la société dirigée par Patrick Boccard, président du directoire, a conçu et fourni à Chobani 230 modules et 12 silos de 200 000 gallons (soit 765 m3) et a réalisé, avec une équipe de quarante ingénieurs français détachés aux Etats Unis, l’installation sur site et l’automatisme complet de l’usine.

Elle autorise également une mise en route innovante, située, explique-t-on chez Boccard, à la pointe de la technologie, grâce notamment à l’utilisation de tablettes tactiles.

Bingo pour la société villeurbannaise ! Cette construction vient d’être désignée « Usine alimentaire de l’année» par le magazine spécialisé « Food Engineering ».

En s’appuyant sur sa filiale locale basée à Houston au Texas, la division spécialisée de Boccard (Food Pharma) a su tenir les délais et a livré ce projet clés en main en moins d’un an  : très précisément, 326 jours. L’inauguration de l’usine a eu lieu le 17 décembre dernier.

 « Le management de projet était basé sur l’approche « Design To Build ». Cette spécificité de notre société nous a permis d’optimiser la durée globale du projet, tout en assurant la performance de l’installation à notre client qui a pu tenir ses objectifs de lancement ambitieux auprès de la grande distribution», précise Juliette Kopp, directeur de la division «  Food Pharma » de Boccard.

 Ce trophée US donne un coup de projecteur sur une société de la région lyonnaise peu adepte de médiatisation, malgré ses trois mille salariés (dont un millier en France) et ses 186 millions d’euros de chiffre d’affaires (en 2011). Sa division « Food Pharma », basée elle aussi à Villeurbanne est la plus importante du Groupe : elle compte 800 salariés en France et dans le monde.

Les deux tiers des effectifs à l’étranger

 Il s’agit d’une société familiale. Patrick Boccard, le président, est issu de la quatrième génération. Il co-dirige l’entreprise avec son frère Bruno, président du conseil de surveillance.

 Pratiquant le métier « d’ensemblier industriel », Boccard participe dans le monde à la construction d’usines de toutes sortes : œuvrant à la conception et à la construction d’installations industrielles, d’unités de process pour l’alimentaire et la pharmacie, via sa division spécialisée, mais aussi pour l’énergie, le nucléaire, le pétrole, et les industries lourdes.

 Présent dans trente-deux pays et comptant les deux tiers de ses effectifs (trois mille personnes) à l’étranger, Boccard a su acquérir au fil des décennies le savoir-faire et l’expérience pour accompagner les plus grands acteurs dans leur développement à l’international.

 L’année dernière, l’entreprise villeurbannaise a réalisé depuis la France, des projets d’usines en Australie, Chine, Russie, Brésil, Egypte, Mexique, Kurdistan, Vietnam, Algérie et Maroc pour des clients français exportant leur savoir-faire dans des marchés émergents. Bref, une ETI (Entreprise de Taille Intermédaire, de 250 à 5 000 salariés), exemplaire, de celles sur lesquelles veut s’appuyer le gouvernement pour développer l’export. La seule division « Food Pharma » de Boccard réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’international (150 millions d’euros en 2012) !

 « La promesse que nous nous engageons à tenir avec nos clients est celle du partage de nos expériences, dans un objectif de réussite mutuelle et de réduction du coût total installé », assure Patrick Boccard. Le trophée reçu aux Etats-Unis valide cette affirmation.

 Photo (DR)Le site américain désigné « Usine alimentaire de l’année 2012 » ; en médaillon, Juliette Kopp, directrice de la division « Food Pharma »

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