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Pour Gilles Cheval, le directeur territorial SNCF réseau, la gare de la Part-Dieu perd en moyenne chaque année… 700 000 minutes, chiffre cumulé des retards de trains. La moitié de tous les retards de la région. A chaque quai, dans un ballet que rien ne doit dérégler, il y a un train toutes les dix minutes ! Pensez que 400 TER et 150 TGV transitent par la gare de la Part-Dieu, chaque jour !

Or, pour régler cela, un seul quai, un douzième va être rajouté, ce qui de l’avis même de Gilles Cheval va permettre une amélioration de 30 % des retards. De même une somme très importante va être mise sur une amélioration de la signalisation qui devrait aussi améliorer la fluidité du trafic.

Mais cela sera-t-il suffisant sans régler le problème de fonds, la résolution du NFL, le fameux Nœud Ferroviaire Lyonnais (*), qui si l’on ose dire est le nœud du problème. Le résoudre signifierait des travaux se chiffrant en milliards d’euros…

Toutes ces indications proviennent de la première réunion lançant l’enquête d’utilité publique qui s’est opéré jeudi à la Bourse du Travail de Lyon en présence de toutes les parties prenantes.

Deux mots d’ordre : transparence et ouverture

L’occasion de mieux comprendre la très importante opération dont la gare de la Part-Dieu va constituer le cadre pendant six/sept ans. Début des travaux dès l’année prochaine. Leur fin est annoncée pour 2023. En ce qui concerne du moins la première tranche.

De 120 000 passagers/jour, actuellement, le trafic devrait passer à 200 000 d’ici 2030. Pour accueillir ce flux, on va creuser de nouvelles galeries qui vont permettre d’accueillir et là encore de fluidifier tous ces passagers.

Deux mots d’ordre : la transparence : on verra les trains de l’extérieur  ; de même, la gare nouvelle mouture affichera une large ouverture sur le quartier de la Part-Dieu

Pas moins de six permis de construire ont été déposés. Si l’on excepte le sixième concernant l’immeuble To Lyon, cinq concernent à eux seuls la gare.

Une gare qui va doubler de taille avec un hall deux fois plus grand atteignant 28 600 m2 dont, faut-il préciser aussitôt 10 000 m2 de boutiques. Le modèle économique des gares, comme celui des aéroports implique le développement de commerces en nombre, source de royalties.

La saturation des quais et des halls par les passagers devrait ainsi être réglée.

Une seule nouvelle voie supplémentaire

Pour ce qui concerne les trains, une seule nouvelle voie est au programme : ce sera la douzième, le quai « L ». Pour ce faire, les travaux ont déjà débuté. Un seul quai de plus, mais des travaux lourds puisqu’il faut redimensionner quatre ponts et créer une estacade. Ce qui porte le coût de cet unique quai, y compris il est vrai des aménagements annexes à 114 millions d’euros, financés par l’Union Européenne, la Région et SNCF Réseau. Mise en service : en 2023.

Pour le reste et tous les autres aménagements, la facture est encore plus lourde : 330 millions d’euros…

Trois nouvelles galeries

Pour cette somme, les passagers vont donc bénéficier d’un doublement de la taille de la gare de la Part-Dieu avec création de trois nouvelles galeries qui seront souterraines : à l’ouest, place Béraudier, à l’est, Villette et enfin au sud, avenue Pompidou.

La future galerie Pompidou

Cette dernière qui permettra l’accès aux six quais sera livrée en 2022 : 20 % des flux devraient passer par cette galerie.

Une station vélos sécurisée de 1 500 places

Outre la troisième galerie, Villette, la plus visible sans doute sera celle semi-enterrée place Béraudier. La plus grande car intégrant une station de vélo sécurisée de…1 500 places, mais aussi une station taxis et les commerces. Enfin, on ne s’en plaindra pas : un accès plus confortable qu’actuel vers le métro.

Enfin pour compléter le tout et pour donner aux loueurs de voitures, actuellement à la portion congrue l’espace dont ils ont besoin, un grand parking de 721 places, avec une station de lavage commune aux loueurs, très écolo car en circuit totalement fermé, va être réalisé par EFFIA Concessions, la filiale spécialisée de la SNCF.

 Alors, en 2023, une gare de la Part-Dieu vraiment efficiente? Oui, si la SNCF et l’Etat mettent la main à la pâte pour réduire parallèlement le goulot d’étranglement du Nœud Ferroviaire Lyonnais..

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Présentation vidéo de la future gare par la SNCF

(*) Le Noeud Ferroviaire Lyonnais (NFL), le nœud du problème à Lyon : c’est pour l’essentiel trois zones sous contraintes majeures : la section centrale nord-sud- entre Saint-Clair et la Guillotière passant par la Part-Dieu, la section entre Saint-Fons et Grenay, tronc commun deslignes vers Grenoble, Chambéry et l’Italie, et enfin la gare de la Part-Dieu elle-même.

Au sein du NFL, il passe 1 166 trains par jour, dont 252 TGV (22 %) et 546 TER (47 %), soit 10 % du réseau national ! Au sein de cette NFL, on trouve deux gares nationales (Part- Dieu et Perrache), et 100 000 usagers ferroviaires les utilisent chaque jour actuellement. Ils seront plus de 200 000 en 2030. Le NFL connaît des problèmes de congestion et de saturation.

Cette situation génère aujourd’hui un problème de respect des horaires des trains en circulation et limite considérablement la mise en service de nouvelles lignes, ainsi que l’amélioration du cadencement des TER (source : SNCF).