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Le groupe lyonnais Ninkasi va-t-il réussir avec le whisky de la même manière que la marque française de vodka, Grey Goose, qui s’est imposée dans le monde des spiritueux haut de gamme ? Les premières mille bouteilles de 50 cl, numérotées  et vendues près de 50 euros ont commencé à s’arracher…

Un whisky titrant 46,3 degrés, fin, délicat, élégant, d’une belle rondeur exhalant des arômes de fleurs blanches et de caramel. Tel est le nectar ambré qu’ont pu découvrir les premiers dégustateurs du whisky track 01 signé du brasseur lyonnais Ninkasi. Il s’agit d’un single malt issu comme les bières Ninkasi, de malt d’orge pilsen.

Il faut titrer a minima 40 degrés et avoir trois ans d’âge pour bénéficier en France de l’appellation whisky qui contrairement à ce que l’on pourrait croire n’a rien de géographique.

D’oû la date du 17  décembre pour la mise sur le marché du premier whisky Ninkasi, correspondant jour pour jour au premier fût rempli du précieux breuvage, il y a trois ans, à Tarare dans le Rhône où la distillerie est installée à côté de la brasserie.

Un projet vieux de dix ans

Comme le whisky utilise des ingrédients issus de la fermentation de la bière, il était logique qu’un brasseur comme le Lyonnais Ninkasi se lance comme beaucoup de  ses confrères dans la fabrication d’un whisky.

« Cela fait dix ans en fait qu’on y pense »
, explique Alban Perret, le distillateur, un ancien viticulteur qui avait dès le départ une idée très précise du whisky qu’il entendait produire.

En plein accord avec Christophe Fargier, le créateur du groupe Ninkasi et de ses onze établissements basés sur le triptyque bière/musique/burger, le choix du haut de gamme s’est imposé d’emblée. D’oû le prix élevé : 49,90 euros la bouteille de 50 centilitres, soit le litre de whisky à près de 100 euros. Gonflé pour un whisky ne bénéficiant (encore) d’aucune réputation ! Son avenir dépend de sa seule qualité.

Cela signifie que ce nouveau whisky qui arrive sur le marché bénéficie des ingrédients de la meilleure qualité et de fûts de chêne usagés récupérés chez un des producteurs de la vallée du Rhône, en l’occurrence, pour cette première cuvée, des tonneaux émanant du chai de Louis Chèze ayant accueilli des vins de l’appellation Condrieu. Ce sont ces tonneaux et un long temps de vieillissement qui donnent le caractère unique de ce whisky.

Ne serait-ce que par l’effet curiosité, les 1 000 premières bouteilles, en vente dans les brasseries Ninkasi ou sur le site dédié,  devraient partir très vite!

Une nouvelle cuvée de 1 000 bouteilles sera à nouveau mise sur le marché en mai 2019 ; puis 1 000 à  nouveau à l’automne et enfin 1 000 autres en fin d’année, soit 4 000 bouteilles seulement mises en vente l’année prochaine.

Vingt-cinq mille bouteilles à l’horizon 2022

Une période de rodage, en fait, car, à l’avenir le groupe Ninkasi est beaucoup plus ambitieux puisqu’à partir de 2022, Alban Perret prévoit de mettre 25 000 bouteilles par an sur le marché.

On l’aura compris, il s’agit d’une démarche, certes ambitieuse, mais aussi progressive et prudente, avec l’espoir qu’à terme le groupe Ninkasi pourra afficher avec son whisky la même notoriété qu’avec sa bière régulièrement primée dans les concours internationaux.

Christophe Fargier qui a construit pas à pas son groupe qui a fêté l’année dernière ses vingt ans d’existence est bien payé pour le savoir : on ne construit solidement qu’avec le temps. A fortiori pour un whisky, made in Lyon….