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Leobotics veut structurer le marché français de la robotique

La société lyonnaise Leobotics prépare une levée de fonds de 1,3 million d’euros pour accélérer son développement dans la robotique de service. Fondée en 2021, l’entreprise ambitionne désormais de bâtir un réseau européen de distribution et d’accompagnement autour des robots professionnels et grand public, un marché en forte croissance mais encore très fragmenté.

La robotique sort progressivement des laboratoires

Nettoyage autonome, accueil, logistique, robots éducatifs ou industriels : la robotique de service connaît aujourd’hui une croissance mondiale estimée entre 15 % et 25 % par an selon Leobotics. Pourtant, malgré cette dynamique, l’adoption reste encore complexe pour de nombreuses entreprises.

Le marché souffre d’un manque de standardisation, avec des milliers de références disponibles et des besoins d’intégration souvent techniques. C’est précisément sur cette difficulté que la société lyonnaise veut se positionner.

« Un robot ne s’achète pas comme un produit de consommation classique sur Amazon ; il exige une expertise pointue pour son intégration et un accompagnement humain de proximité », explique Léo-Pol Watrin, fondateur de Leobotics.

L’entreprise revendique déjà plus de 350 clients, parmi lesquels Michelin, EDF, Orange, Schneider Electric ou encore le CEA.

Un modèle hybride entre showroom physique et plateforme digitale

Leobotics mise sur un modèle « phygital » mêlant plateforme numérique et présence terrain.

La société a notamment développé un comparateur en ligne regroupant plus de 1 900 modèles de robots professionnels. En parallèle, elle a ouvert à Lyon un concept store dédié à la robotique, conçu comme un lieu de démonstration et de test grandeur nature.

L’objectif est de rassurer les entreprises avant l’investissement, dans un secteur où les usages restent encore parfois mal identifiés.

Avec la levée de fonds annoncée, Leobotics prévoit désormais l’ouverture de nouveaux centres à Lille, Toulouse et Bruxelles d’ici 2027. L’entreprise vise à terme 16 centres de profit en Europe à l’horizon 2029.

L’enjeu stratégique du Robot-as-a-Service

Au-delà de la vente de robots, Leobotics veut surtout accélérer sur le modèle du « Robot-as-a-Service » (RaaS), qui consiste à proposer des solutions robotisées sous forme de location longue durée avec maintenance et mises à jour intégrées.

Ce modèle intéresse de plus en plus les entreprises industrielles et tertiaires, qui cherchent à automatiser certaines tâches sans immobiliser immédiatement des investissements importants.

Une partie des fonds levés servira également à renforcer la R&D autour d’un système d’exploitation propriétaire capable de gérer des flottes multi-marques et de développer de nouveaux robots éducatifs intégrant l’intelligence artificielle physique.

Dans un contexte où la souveraineté technologique européenne devient un sujet central, plusieurs acteurs régionaux cherchent actuellement à se positionner sur la chaîne de valeur robotique, entre logiciel, intégration industrielle et services associés.

Leobotics prévoit par ailleurs le recrutement immédiat de huit collaborateurs pour accompagner cette phase d’expansion.