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Cadre dirigeant chez Iveco Bus à Saint-Priest, Philippe Grand est depuis un an président du pôle de compétitivité LUTB ex-Lyon Urban Trucks & Bus, devenu « Transport & Mobility System ». Avec son équipe, ll vient d’élaborer la stratégie du pôle pour les cinq années à venir, de 2013 à 2018. Parmi les objectifs : la création à Lyon de l’Institut Rhônalpin des Transports Urbains (ITMU), future vitrine du pôle.

 Le pôle de compétitivité LUTB est devenu LUTB Transport & Mobility System Pourquoi ce changement ?

 Le pôle a été créée en 2005, puis il s’est regroupé avec le cluster créé par la région Rhône-Alpes ; il s’est axé sur les transports et la ville. Doù son intitulé initial : Lyon Urban Trucks and Bus. Nous conservons l’acronyme LUTB, mais il est désormais accompagné par « Transport & Mobility System ».

 Pourquoi ? Parce que nous sommes passés de 39 membres à l’origine à 175, désormais. Si nous sommes nés à Lyon, nous ne sommes plus seulement Lyonnais, mais aussi Rhônalpins. Nous ne sommes plus seulement urbains et notre intérêt n’est plus seulement porté aux seuls véhicules, mais aussi aux infrastructures, à sa gestion, aux système d’exploitation, à la mobilité dans son ensemble.

Le Pôle de compétitivité LUTB vient de définir sa stratégie pour les années 2013/2018, quelle est-elle ?

Nous voulons renforcer la partie industrielle et économique du pôle et notamment mieux accompagner les PME et les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) qui représentent 42 % de nos adhérents.

 L’objectif est de sortir de notre environnement urbain, d’aller vers la métropole, l’inter-urbain, de ne pas seulement nous consacrer, là encore, aux seuls véhicules, mais aussi à l’intermodalité.

 Nous voulons ainsi attirer de nouveaux membres pour aller vers de nouveaux métiers : le ferroviaire, le tramway, notamment. C’est ainsi qu’Alstom Transport vient de nous rejoindre.

Nous voulons également tisser des liens avec des clusters similaires au nôtre dans le monde. Cette action est déjà engagée avec Stuttgart, avec Taïwan.

Dans ce cadre, vous avez aussi pour objectif de créer à Lyon un Institut du Transport et de la Mobilité Urbaine (ITMU). De quoi s’agit-il ?

 Nous voulons effectivement créer à Lyon un Institut du Transport et de la Mobilité Urbaine, lié au transport au sein de la ville. Il s’agit d’un centre de formation qui a pour objectif de regrouper toutes les formations en la matière et de les structurer..

 Il s’agit de mettre en réseau les formations déjà existantes chez nos partenaires (INSA, Lyon I, Lyon II, ENTPE…), de monter des projets de recherche et d’attirer experts et chercheurs européens à haut potentiel.

Ce projet devrait arriver à maturité en 2014. Il devrait offrir à notre pôle de compétitivité une visibilité importante, une vraie vitrine.

 Le gouvernement reproche aux pôles de compétitivité le faible nombre d’innovations concrétes qu’ils mettent sur le marché et partant des créations d’emplois qu’il estime insuffisante ? Comment aller en ce sens ?

 Il faut déjà savoir que le pôle LUTB a labellisé depuis sa naissance 139 projets de recherche dont 64 ont fait l’objet de financements publics, ce qui a représenté un investissement global de 217 millions d’euros en intégrant tous les apports financiers, privés et publics.

C’est vrai que la difficulté est de passer du produit issu de la recherche à un produit à injecter avec réussite dans le réseau commercial et c’est parfois là où le bât blesse. C’est la raison pour laquelle nous allons encore plus prendre en compte dans les processus de labellisation des projets de recherche qui nous sont présentés la réalisation d’études marketing et le fait que les produits issus de la recherche soient véritablement en phase avec les demandes des clients.

 Quelles sont actuellement les pistes de recherche les plus prometteuses dans les programmes que vous avez labellisés?

 En ce qui concerne les poids-lourds, on peut mettre en avant le projet Geode avec Renault Trucks comme chef de file qui vise à produire des camions à moyens tonnages (19-26 tonnes) hybrides diesel-électrique et préparer les futures générations de ces véhicules.

Les objectifs étaient d’atteindre des économies de carburant d’environ 30 %, de réduire les émissions polluantes et de CO2 dans les mêmes proportions, de diminuer le niveau sonore en mode électrique. Ce programme a été à l’origine du dépôt d’une vingtaine de brevets.

En matière de bus, l’un des plus prometteurs et l’un des plus avancés car près de deux cents bus ont déjà été commercialisés, est le programme Ellisup qui a Iveco Bus comme chef de file. Il consistait à créer un autobus hybride diesel.

 Nous sommes déjà dans une seconde phase qui vise à installer un pentographe qui permettrait d’alimenter la batterie lithium-ion, aux arrêts du bus avec un système de recharge rapide. On passerait alors d’une économie de carburant de 25 % à 50 % avec cette nouvelle version !