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travailleur indépendant face à son statut juridique

“ASAP”, “prendre le lead”, “brainstormer” ou encore “on revient vers toi” : le vocabulaire du bureau continue d’évoluer, porté par les codes des start-up, du conseil et des environnements de travail internationaux. Mais cette langue hybride, mêlant anglicismes et formules corporate, commence sérieusement à fatiguer une partie des salariés français.

Dans une étude réalisée avec l’institut Censuswide auprès de 1 500 Français, la plateforme d’apprentissage des langues Preply s’est intéressée aux expressions professionnelles les plus irritantes en 2026.

“On revient vers toi” arrive en tête du classement

Selon l’étude, l’expression la plus agaçante dans le monde du travail est “On revient vers toi”, citée par 15,59 % des répondants. Elle devance de peu “C’est OK” (15,26 %) et “C’est dans le pipe” (14,26 %).

Le top 10 des expressions les plus détestées est complété par “Sortir de sa zone de confort”, “Brainstormer”, “Prendre le lead”, “On fait un point”, “ASAP”, “Je te mets dans la boucle” et “Pitcher”.

Plus largement, les formulations jugées trop floues, trop passives-agressives ou trop managériales concentrent l’essentiel des critiques. “Être force de proposition” ou encore “bienveillance” figurent également parmi les expressions qui crispent le plus.

L’étude montre par ailleurs qu’environ 16 % des Français considèrent les anglicismes de bureau comme “souvent agaçants”.

Le “corporate speak” s’installe durablement dans les entreprises

Pour Preply, cette évolution du langage traduit surtout une transformation plus profonde du monde du travail. Le vocabulaire issu des start-up et des grandes entreprises internationales s’est progressivement diffusé dans l’ensemble des organisations françaises.

Des termes comme “deadline”, “roadmap”, “feedback” ou “pitcher” ne servent plus seulement à gagner du temps : ils deviennent aussi des marqueurs culturels associés à la performance, à l’agilité et à l’innovation.

Mais à force d’être utilisés, ces mots finissent parfois par perdre leur sens et par générer l’effet inverse de celui recherché. Derrière les formulations lissées et la communication positive permanente, certains salariés perçoivent surtout une manière d’éviter les conflits ou de masquer des rapports hiérarchiques plus directs.