Soins et Santé : une gestion solide mais une gouvernance pointée du doigt
La Chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes publie un rapport sur l’association Soins et Santé, acteur majeur de l’hospitalisation à domicile dans la métropole lyonnaise. Si la situation financière apparaît robuste, plusieurs fragilités sont relevées sur le plan de la gouvernance.
Une structure financièrement solide portée par la dynamique de l’HAD
Basée à Rillieux-la-Pape, l’association Soins et Santé s’impose comme un acteur central de l’hospitalisation à domicile dans la région lyonnaise. Avec environ 40 millions d’euros de produits d’exploitation et plus de 450 patients suivis chaque jour en 2025, son activité a connu une progression notable ces dernières années, notamment après la crise sanitaire.
Le modèle économique repose en grande partie sur des soins plus complexes et mieux valorisés, ce qui a permis de maintenir la rentabilité malgré une baisse du nombre de journées de soins entre 2019 et 2024. Dans le même temps, les mécanismes publics de soutien activés pendant la crise ont contribué à générer des excédents importants, atteignant jusqu’à 25 % des produits en 2022.
La situation bilancielle reste particulièrement solide, avec près de 30 millions d’euros de liquidités et l’absence de dette financière, ce qui offre à l’association une capacité d’investissement et de gestion confortable.
Des faiblesses identifiées dans l’organisation et le contrôle
Si la trajectoire financière apparaît maîtrisée, le rapport met en évidence plusieurs limites dans le fonctionnement de la gouvernance. Le conseil d’administration, composé d’un nombre restreint de membres également présents à l’assemblée générale, fonctionne dans un cadre jugé fermé, peu propice à un renouvellement des instances.
Les magistrats relèvent également un défaut d’implication dans certaines missions de contrôle, ainsi qu’un fonctionnement incomplet des organes internes, en particulier un bureau qui ne se réunit pas. À cela s’ajoute une délégation de pouvoirs jugée irrégulière entre la présidence et la direction générale, ce qui soulève des questions sur l’équilibre des responsabilités.
Enfin, les liens étroits entre l’association et les différentes structures du groupe Soins et Santé, qu’ils soient financiers, organisationnels ou liés à la gouvernance, sont susceptibles de soulever des enjeux fiscaux à moyen terme, sans que la juridiction ne se prononce sur leur qualification.
Dans un secteur où les volumes d’activité augmentent et où les modèles se complexifient, ces éléments interrogent la capacité des structures associatives à faire évoluer leurs pratiques de gouvernance au même rythme que leur développement.
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