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Historiquement Rhône-Alpes, désormais devenue Auvergne Rhône-Alpes, première région industrielle de France, est particulièrement exportatrice. Dans son histoire économique, contrairement à la situation nationale, elle a plus souvent affiché un excédent qu’un déficit. Voire même dans le passé, de gros excédents.

 Malheureusement, cette situation est en passe de changer.

Après un solde commercial positif confortable de 1,9 milliard d’euros en 2015, la situation s’est dégradée en 2016 tout en restant solide (solde de + 1,1 milliard), avant de tomber dans le rouge l’année dernière (- 87 millions d’euros). C’est le moins bon résultat depuis 2013.

Rien de dramatique et rien à voir avec le déficit record de la balance commerciale hexagonale l’année dernière qui s’est affichée à 79 milliards d’euros, soit 13 milliards de plus en un an.

Une dégradation qui s’accentue

Cette dégradation qui n’est pas de bon augure, ne s’est cependant pas inversée en cette année 2018 : elle s’est même accentuée : -325 millions d’euros au 1er trimestre, – 961 millions d’euros, au second.

Pourtant la région bénéficie de points forts, de vrais domaines d’excellence : sa production industrielle, conséquence de sa place de première région industrielle (16 % des exportations avec un solde régional dans ce domaine très positif de 1,6 milliard d’euros) ; la Santé ; et enfin, l’agriculture et l’agroalimentaire.

Les produits chimiques, parfums et cosmétiques, les machines, ainsi que les produits informatiques, électroniques et optiques représentent à eux seuls 40 % des exportations régionales.-

Ainsi par exemple, la région concentre à elle seule presque la moitié des exportations françaises de composants et cartes électroniques (44 %) et plus du tiers (36 %) des machines spécifiques.

En revanche le grand export n’est pas sa tasse de thé : la Chine, deuxième économie mondiale, n’est que le 9ème de nos clients, alors que les importations asiatiques ne cessent de progresser.

La région exporte d’abord et avant tout en Europe. C’est peut-être là aussi où le bât blesse.

 De même, le constat est récurrent, la région qui a vendu pour 60 milliards d’euros de produits en 2017, n’a compté l’année dernière que 16 426 entreprises exportatrices. Six mille d’entre elles-et c’est dans ce chiffre que se situe sans doute sa fragilité- ne sont que des exportatrices occasionnelles, qui font une tentative à l’international et ne récidivent pas.

10 500 entreprises exportatrices régulières seulement

On estime en effet dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, à 10 500 seulement le nombre d’entreprises exportatrices régulières sur un total de… 608 986 entreprises industrielles, commerciales, de services et du BTP, de toutes tailles recensées, dont c’est vrai la majorité de très petite taille. Soit seulement 1,7 % d’entreprises qui ont la volonté d’aller chercher leurs clients ailleurs qu’en France. Peu, vraiment trop peu !

Que faire pour tenter d’insuffler chez nos dirigeants d’entreprises un goût plus exacerbé pour le grand large ? Leur prouver que l’export, en utilisant désormais les nombreux dispositifs existant (VIE, le riche réseau d’expatriés, etc) ; mais aussi tous les outils informatiques désormais développés par de nombreuses start-up, n’est pas obligatoirement synonyme de galère.

A condition de s’entourer de bons conseils, de nombreuses PME, à l’instar d’Ilo Technology de Christophe Bietrix, l’exportateur de l’année du salon Lab’Export qui vient de se dérouler, ont trouvé leur bonheur à l’international.

 Et si ce peu d’appétence à l’export était avant tout culturel ?

 Source : « Coup de projecteur », commerce extérieur d’Auvergne-Rhône-Alpes, Panorama 2017, 1er semestre 2018, de la CCI Auvergne-Rhône-Alpes.